Pourquoi il faut se réjouir du retour de la pluie
Publié le 28 Février 2017
Les averses de pluie de ces derniers jours vous chagrinent ? Regardez le (très) bon côté des choses : le territoire a grand soif. C’est le Syndicat départemental de l’eau (SDE) de l’Orne qui le dit. « Le niveau des nappes phréatiques est historiquement bas au regard de ces vingt dernières années », observent Florence Vivien (directrice) et Patrick Cousin (l’élu qui préside cette structure créée en 1994).
Préoccupant
Les deux responsables qualifient la situation de « préoccupante ». La surveillance de la ressource est assurée via une cinquantaine de stations piézométriques qui « mesurent et enregistrent en continu le niveau de ces nappes, dont l’alimentation est totalement dépendante de la pluviométrie. Depuis début juillet, nous sommes en déficit. » À la station d’Alençon, les mois de juillet, août, octobre et décembre ont été particulièrement sévères (trois à quatre fois en dessous de la normale).
Petit plus dans le Perche
Les deux tiers du département de l’Orne sont dans le rouge, avec des stations en situation de « décennale ou quinquennale sèche ». À Saint-Pierre-du-Regard, le niveau de la nappe est passé sous les minima depuis fin décembre.
L’état des lieux est tout aussi inquiétant à Ciral ou Mardilly. « Il n’y a guère que dans le Perche (Mauves-sur-Huisne, Dame-Marie, Saint-Hilaire-sur-Erre) où c’est moins tendu. »
Pas de restrictions
Pour les habitants comme les entreprises, tous concernés par ce niveau de la ressource dans le département, l’heure n’est pas encore aux restrictions d’usage de l’eau. « Il s’agit de sensibiliser tout un chacun, indiquent Florence Vivien et Patrick Cousin. La décision d’une restriction dépend entièrement de la préfecture. Il faut simplement souhaiter que les pluies soient plus importantes d’ici cet été pour aborder plus sereinement la période naturellement la plus sèche. »
Et ailleurs en France ?
Le mois de janvier est le plus sec des mois de janvier depuis 1959 ! Moins de 50 mm de précipitations ont été enregistrés sur la majeure partie de la France. Il y a eu parfois moins de 20 mm, comme du sud des Alpes à la vallée du Rhône et localement dans le Loiret, l’Eure-et-Loir, le Haut-Rhin, le Bas-Rhin, le Cantal, le Lot, le Tarn-et-Garonne et le Gers.
En fait, depuis septembre 2016, le déficit de précipitations est supérieur à 25 % dans une majeure partie du pays. Il a dépassé 50 % du Médoc au sud de la Bretagne jusqu’à l’Orne, ainsi que de l’est des Hauts-de-France au Haut-Rhin, voire 75 % de la Drôme au sud des Alpes.
Des régions plus pluvieuses
Le niveau des précipitations a dépassé 100 mm le long des Pyrénées, atteignant même 300 mm sur le relief des Pyrénées-Atlantiques.
En Corse aussi, d’importantes chutes de neige et un épisode pluvieux intense du 21 au 23 janvier, ont amené le niveau des précipitations entre 200 mm et 500 mm sur une grande moitié est de l’île.
Des restrictions
La sécheresse des sols reste très marquée dans l’ouest et nord-est de la France. Cela pourrait engendrer un été extrêmement sec. C’est pourquoi au 16 février, quatre départements avaient mis en œuvre des arrêtés de restriction d’usage de l’eau, d’après le site public d’informations Eau France.
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