Qu'arriverait-il si le barrage de Guerlédan cédait ?
Publié le 12 Mars 2017
« Nous serions les premiers engloutis ! » Alors jeudi 16 mars, le petit village de Saint-Aignan (Morbihan) fera « comme si ». À l’initiative du préfet, un exercice grandeur nature y sera organisé, simulant une rupture imminente du barrage de Guerlédan.
C’est la première fois que le scénario catastrophe, improbable mais pas impossible, est testé en conditions réelles. Chacun des 600 habitants a reçu un courrier expliquant le déroulement et l’objectif de cet exercice. La sirène retentira durant deux minutes. Les trente-trois élèves et cinq adultes travaillant à l’école du village vont être évacués.
« C’est plutôt rassurant »
Autour de la bien nommée rue de Guerlédan, ce petit événement n’a pas l’air d’affoler les habitants. « Il y a vingt ans, j’entraînais déjà mes filles à grimper le plus vite possible le muret du jardin pour courir jusqu’à la mairie », se souvient une quinquagénaire.
« L’éventualité d’un accident ne nous empêche pas de dormir, confirme Magali, restauratrice installée ici depuis dix-huit mois. Un tel exercice prouve que rien n’est improvisé, qu’il y a une organisation bien rodée si besoin, c’est plutôt rassurant. »
Romuald, 35 ans, qui a toujours vécu à Saint-Aignan, se dit serein. « Si ça arrivait vraiment, on fonctionnerait à l’instinct, en se mettant à l’abri le plus haut possible dans le village. »
Mercredi soir, une réunion publique redonnera tout de même les consignes. Même si chacun ici sait que le barrage, construit il y a presque un siècle, est régulièrement contrôlé et qu’il a été consolidé lors de l’assec du lac, en 2015. « Une piqûre de rappel intéressante », concède Gaëtan. Juste au cas où.
Six communes du Morbihan sont concernées par cet exercice du « plan particulier d’intervention du barrage de Guerlédan » : Pontivy, Neulliac, Le Sourn, Melrand, Cléguérec et Saint-Aignan. Des barrages routiers seront mis en place, des entreprises mobilisées. À Pontivy, deux classes d’un collège, une rue au bord du Blavet et des zones d’activités seront évacués. Les réactions observées le 16 mars serviront à améliorer le dispositif d’alerte.
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