Qualité des eaux. Encore des progrès à faire dans le Finistère

Publié le 23 Octobre 2017

Pour 2016, la mission inter-services de l'eau et de la nature (Minsen) note une baisse régulière des taux de nitrates depuis 2010, mais pointe du doigt la présence de pesticides un peu partout dans le Finistère.

« Concernant les nitrates, cela fait longtemps que la région est engagée dans la reconquête de la qualité de l'eau et cela progresse. Là où la progression n'est pas satisfaisante, ce sont les nappes souterraines. On trouve dans le nord du département et dans le pays bigouden, des taux de nitrates absolument préoccupants. Cela n'a pas d'effet sur l'eau potable car on trouve toujours des endroits où pomper de l'eau qui respecte les normes », observe le préfet du Finistère Pascal Lelarge. 

« Là où c'est préoccupant, c'est que ces nappes sont plus ou moins en contact avec les cours d'eau notamment dans les bassins versants où il y a un problème d'algues vertes. On peut encore aller bien plus loin avec les communes, les agriculteurs, pour que les activités humaines aient le mois d'impact possible », poursuit ce dernier. En six ans, les concentrations moyennes en nitrates ont baissé de 7 mg/l et atteignent aujourd'hui 34 mg/l. Des résultats qui sont le fruit de prise de conscience et des efforts menés par les agriculteurs dans le cadre des politiques publiques incitatives. Reste que cette concentration est encore importante dans le nord du département où se trouvent les zones de productions légumières.

Des pesticides partout et surtout dans le nordConcernant les pesticides, on en a retrouvé partout. Ainsi à l'image de la France, la quasi-totalité des rivières est contaminée, le sud du département étant moins touché que le nord, où les productions légumières, très consommatrices en pesticides, dégradent la qualité des cours d'eau. Parmi les molécules fréquemment retrouvées, on retrouve le glyphosate et son produit de dégradation, l'AMPA, utilisés par les agriculteurs mais aussi les particuliers et les collectivités. L'interdiction de sa vente à partir de 2019 laisse espérer une amélioration. La qualité des eaux distribuées est quant à elle conforme aux normes, ce qui fait réagir l'association Eau et rivières à propos « du paradoxe des Finistériens, qui payent deux fois l'eau : une fois par la taxe pollution pour financer les politiques publiques coûteuses et une deuxième fois pour payer le traitement sophistiqué de cette eau pour la rendre potable ». S'agissant de la qualité des eaux de baignade, lors de la saison 2016, onze sites ont été classés comme insuffisants, soit 4 % du parc. « Des épisodes de pollution ont été constatés à la suite d'orages mais aussi de problèmes liés à l'assainissement individuel. On est en train de regarder cela de près car cela peut aussi avoir des conséquences sur la conchyliculture, une activité économique très importante et très sensible aux effets de la contamination », précise le préfet. Il cite l'exemple de la Mer blanche à Fouesnant, où la collectivité a souhaité améliorer la qualité de l'eau, en réduisant le délai pour mise en conformité des assainissements collectifs.

© Le Télégrammehttp://www.letelegramme.fr/finistere/qualite-des-eaux-encore-des-progres-a-faire-dans-le-finistere-21-10-2017-11710381.php#Az0ChiVsFhKOeXll.99

Rédigé par jojo

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