VARINOT Jean-Louis, ancien agent des Forces Motrices de la Sélune et d’EDF
Publié le 15 Février 2018
VARINOT Jean-Louis, ancien agent des Forces Motrices de la Sélune et d’EDF par la suite, quarante ans de carrière à la production hydraulique dont les trois quarts dans les usines de la Sélune. D’abord responsable de l’usine de la Roche qui Boit puis des responsabilités au groupement des usines de Normandie, à l’usine de Rophemel , et en ma qualité de cadre technique, pendant quatre années j’ai suppléé le chef de l’usine Marémotrice de la Rance dans les travaux très spécifiques de la reconstruction des alternateurs de l’usine.
Il me semble que cet itinéraire me permet d’émettre des avis crédibles dans les sujets abordés concernant les barrages de la Sélune .
Pendant des décennies ,axée sur la production d’électricité, l’exploitation de l’usine de Vezins s’est faite, sans problème, retenue pleine, et dans le respect du cahier des charges de l’époque .Ce n’est qu’en 2001, année ou les partisans de l’arasement des barrages commençaient à se manifester, qu’EDF a été tenue responsable des inondations de St Hilaire du fait de l’influence de la retenue de Vezins sur l’écoulement des crues le long des bas quartiers de St Hilaire. Bien qu’aucune étude ne soit réalisée en ce sens, EDF a consenti à exploiter Vezins avec un abaissement de la retenue .
Le 4 janvier dernier la Sélune est entrée en crue, le niveau de la retenue était aux alentours de 52,00 NGF, avec les travaux de traitement des sédiments réalisés depuis l’été dernier, la Sélune avait retrouvé son lit mineur originel sur toute la longueur dénoyée en amont de cette cote.
La crue précitée était de valeur quinquennale, environ 75m3/s à Vezins, soit , 50 a 60m3/S à St Hilaire en aval du confluent de L’Airon et 30 a 40m3/s en amont du pont St Yves, cette zone des bas quartiers de St Hilaire que l’on voit inondée avec l’engorgement de l’arche du pont .Qu’en serait il avec une crue décennale ?nous avons là un exemple sans barrage !
La preuve est faite, comme à l’origine du barrage, la retenue de Vezins n’a pas d’incidence sur l’écoulement des eaux en aval de ST Hilaire et les abaissements consentis, de 1ou 2mètres et plus, étaient complètement inutiles.
. Par contre, et je le confirme, ces derniers pourraient être dans le futur, d’une très grande utilité pour pallier aux inondations sur Ducey.
C’est aussi en 2001 que l’association BS2A ( Bassin de la Sélune) passait commande, au Bureau d’étude SEPIA Conseils, d’un inventaire complet concernant les barrages en fonction de leurs souhaits (coût 85 000€)
Sur les documents fournis nous pouvons constater que SEPIA Conseils ne croit pas forcément utiles les abaissements du niveau de la retenue de Vezins pour éviter les inondations sur ST Hilaire.(en pensant que le curage du remous serait la solution , en favorisant l’écoulement de l’eau lorsque la retenue est pleine )
Sur ces mêmes documents, nous constatons aussi que SEPIA confirme que la capacité de la retenue de Vezins est suffisamment importante pour assurer un écrêtement substantiel des crues sur Ducey
Pour preuve SEPIA donne les résultats de ses études dans le cas d’une anticipation d’une crue avec un délestage de la retenue, et un abaissement de 1,5 mètre
La capacité de la tranche supérieure de la retenue de Vezins, de 1,5 mètre, correspond à un volume de 3,6millions de m3 sur les 7,5 millions de la tranche utile.
Période de retour Débit de pointe Débit de pointe % écrêtement
de crue Qi m3/s aval Vezins
2ans 72 27 62
5ans 100 47 53
10 ans 119 61 48
20 ans 135 74 45
100 ans 290 200 31
« Au final, le barrage de Vezins possède une réelle capacité d’écrêtement des crues pour l’aval.
Celle-ci reste cependant délicate à quantifier faute d’information sur le système d’annonce de crues sur lequel cet écrêtement pourrait s’appuyer » ( SEPIA conseils )
Depuis cette date, avec une météo mieux équipée, les informations d’annonce ont gagné aussi bien dans la précision que dans la fiabilité.
En conclusion, il me parait important de souligner que si l’utilité de ces ouvrages est bien réelle dans l’écrêtement des crues, ce sujet fait partie d’autres garanties vitales (ex : réserve d’eau en cas de sécheresse, pour l’eau potable, pour la culture, pour pallier aux étiages de la Sélune en aval etc.. ) aussi bien que dans l’intérêt général .
J-L V
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