communication: fermeture ou blocage?
Publié le 2 Avril 2018
Bonjour,
Je voudrais d’abord répondre à la question qui m’a été posée ces derniers jours concernant la venue de la BBC dans notre Sud-Manche.
Nos amis britanniques aimeraient comprendre pourquoi notre (actuel) ministre d’Etat, ministre de la Transition énergétique a pris la décision (sans l’assumer personnellement) de détruire, sans attendre leur fin de vie, deux barrages et leurs outils de production électrique. Il y a bien des barrages chez eux, mais seulement pour servir de réserves d’eau, m’ont-ils dit. Ils nous envient nos centrales hydro-électriques et ils s’étonnent que les Français soient assez stupides pour les supprimer. On leur aurait dit que « les lois européennes imposent la suppression des ouvrages qui empêchent les migrateurs de circuler librement ». Un argument de plus pour quitter l’Union européenne ?
Vendredi 30 Mars, la radio SEA FM organisait un débat en direct sur l’avenir de la vallée de la Sélune. J’avais suggéré à l’organisateur de demander à Gilbert BADIOU (Maire de St Hilaire) de bien vouloir héberger l’émission dans une salle communale, plutôt que de la réaliser dans un café ou en extérieur. Gilbert BADIOU nous a personnellement accueillis dans une salle de la Maison des services publics. Je l’en remercie personnellement, et je souligne son esprit d’ouverture, même si l’on a parfois quelques divergences.
Selon l’organisateur de cette émission, il avait initialement prévu trois participants à ce débat. Le député Sorre, JP Doron et moi-même.
Le député a finalement décliné l’invitation, et indiqué que sa suppléante ne souhaitait pas le remplacer.
Le Sénateur Bizet a également botté en touche, précisant qu’il ne souhaitait pas me rencontrer.
Le Maire d’Isigny-le-Buat, E Goupil, aurait donné son accord, avant de se rétracter peu avant l’heure de la « confrontation ».
Pour ma part, j’avais souhaité que la parole soit aussi donnée à Sylvie Crochet (Maire-déléguée de Vezins) et à Denis Laporte (Maire de Ducey). Proposition aussitôt acceptée par les organisateurs.
Pourquoi se sont-ils aussi misérablement défilés, les uns après les autres ? Je ne m’abaisserai pas à faire de commentaire désobligeant. Chacun prend ses responsabilités. Ou ne les prend pas. Le triste constat qui s’impose est pourtant sans appel : il n’y a pas un seul élu local (parlementaires compris) qui soit prêt à expliquer et à assumer son choix de soutenir l’arasement immédiat des barrages de Vezins et RQB. La population locale, majoritairement opposée à cette décision arbitraire, aimerait comprendre pourquoi trois élus ont tourné casaque et succombé à des promesses qui ne seront jamais tenues. Certains parlent d’intérêt personnel, d’autres de sombres magouilles, de remboursement de dettes contractées envers leur chef d’équipe, ou même de « censure organisée » de la presse locale… Dans nos campagnes, cette attitude est ressentie comme du mépris des élus envers leurs administrés qu’ils semblent considérer comme des demeurés. Pour ma part, je pense qu’un profond malaise a envahi ceux qui désormais rasent les murs. S’ils étaient vraiment et honnêtement convaincus du bien-fondé de leur choix, ils n’hésiteraient pas à le défendre et à s’en justifier devant leurs électeurs. On verra combien de temps ils pourront tenir cette position.
Toujours est-il que le débat a bien eu lieu, dans une parfaite tenue et dans un esprit plutôt convivial, même si les avis restent très « partagés ». Il a toutefois manqué de sel et les questions essentielles sont restées sans réponses, faute du courage des porteurs supposés définitivement incapables de soutenir un projet de moins en moins crédible.
Bien à vous, et joyeuses Pâques à vous tous.
John KANIOWSKY
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