L'après-barrages manchois intéresse la science
Publié le 30 Avril 2018
L’arasement des barrages de Vezins et de La Roche qui Boit, dans le Sud-Manche se met en place. Des scientifiques pourraient s’installer sur la base de loisirs La Mazure, à Isigny-le-Buat, pour étudier la renaturation de la vallée de la Sélune.
Le ministre de la Transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot, a annoncé l’arasement des barrages de Vezins et de La Roche qui Boit le 14 novembre 2017. Ces ouvrages situés à une vingtaine de minutes au sud d'Avranches (Manche) ont été mis en service en 1932 et 1920. Mais avant de les détruire, en 2020 et 2021, il faut les vidanger.
Quand auront lieu ces vidanges ?
Celle du barrage de Vezins, qui appartient à l’Etat, est amorcée depuis l’année dernière. « Nous allons bientôt rentrer en phase de vidange, indique Jean Kugler, directeur de la direction départementale des territoires et de la mer (DDTM) de la Manche. Nous préparons le terrain en stockant les sédiments dans des casiers. » La vidange se fera ensuite « progressivement » jusqu’à l’assec « à la fin de l’été ».
La vidange du barrage de la Roche qui boit, qui appartient lui à EDF, se fera après le démantèlement complet de celui de Vezins, soit en 2020.
Quand est-ce que la rivière reprendra un profil naturel ?
« Lorsqu’il n’y aura plus les retenues et que différentes espèces pourront se déplacer naturellement dans le lit mineur qui se créera à la place des lacs », explique Jean Kugler.
Qu’est-ce qui intéresse autant les scientifiques ?
« La manière dont la rivière va retrouver son profil d’équilibre et reconquérir ses caractéristiques naturelles intéresse beaucoup les scientifiques et les gestionnaires de milieux naturels des quatre coins du monde », souligne Jean Kugler.
Jusqu’à quand durera cette étude scientifique ?
De nombreux scientifiques étudient déjà « l’état zéro » de la rivière. L’idée est de savoir ce qui la compose avant « pour voir au fil du temps comment les choses évoluent ». Une convention, qui encadre ces recherches entre des scientifiques de l'Institut national de recherche agronomique (Inra) et l'Etat sera signée la semaine prochaine. Elle courra jusqu’en 2027.
Des scientifiques vont-ils s’installer à La Mazure ?
L’agglomération Mont-Saint-Michel - Normandie a engagé 1,5 millions d’euros pour rénover la base de loisirs d’Isigny-le-Buat. Son président, David Nicolas, a soumis l’idée d’y installer un pôle scientifique. Jean Kugler trouve le projet intéressant, d’autant plus que « les différentes équipes de scientifiques auront besoin d’un point de chute sur place. »
Le maire d’Isigny-le-Buat, Erik Goupil, assure que l’association La Mazure qui gère le site étudie différentes pistes depuis un moment. « Les classes vertes qui y seront accueillies pouraient observer cette renaturation. » De son côté, l’agence de l’eau n’est pas contre l’idée de financer une salle d’exposition sur la renaturation du site à la Mazure.
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