Facture d'eau : payez-vous trop cher ? Les tarifs dans l'Ouest

Publié le 18 Juin 2018

Facture d'eau : payez-vous trop cher ? Les tarifs dans l'Ouest
Certains tarifs prennent en compte l’assainissement et d’autres pas.
Certains tarifs prennent en compte l’assainissement et d’autres pas. | Fotolia
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Une récente étude de l’UFC Que Choisir pointe des écarts faramineux sur les prix de l’eau dans l’Ouest : de 2,94 € à 7,70 € le m3. Y a-t-il des leviers pour faire baisser les prix ? Décryptage.

Dans l’Ouest, la palme de l’eau la moins chère – assainissement compris – revient à Laval, en Mayenne, avec une facture à 2,94 € le m3. Tandis que les factures les plus salées sont à Sarzeau ou à Saint-Malo, à plus de 5 € le m3. UFC Que Choisir a recueilli plus de 1 000 tarifs en France.Mais, pour Gérard Borvon, président de S-eau-S, une association finistérienne, il faut faire attention : « Certains tarifs prennent en compte l’assainissement et d’autres pas. Et surtout cela ne tient pas compte de l’abonnement ! »

Voir les tarifs dans les villes du nord-ouest de la France

Opérateurs privés

Par exemple, sur le territoire de Eau du Ponant, société publique locale qui distribue l’eau dans une partie du Finistère, l’abonnement coûte 200 € par an au Conquet tandis qu’il est de 12,60 € par an à Brest ! « Le Conquet justifie le tarif de l’abonnement par le tourisme, pour faire payer les résidents secondaires, qui consommeraient moins, et rentabiliser ainsi le coût des infrastructures, explique Gérard Borvon, mais cela se répercute sur la facture des résidents permanents ! »

Et le militant de citer Vannes, dans le Morbihan, avec un abonnement à seulement 40 € par an. Côté consommation, le prix est quasiment équivalent entre les deux territoires finistériens, à 4,26 € à Brest pour environ 3 € au Conquet, pour un foyer de quatre personnes – le tarif est dégressif : plus le foyer consomme d’eau, plus le prix au m3 baisse.

 

INFOGRAPHIE | OUEST-FRANCE

 

Il n’y a pas que l’abonnement qui joue sur la facture. La gestion de l’eau peut être confiée à des opérateurs privés – essentiellement Veolia, Suez et Saur – et, selon l’observatoire des services de l’eau et de l’assainissement, le coût de l’eau serait en moyenne 10 % plus cher lorsqu’il est géré par le privé. Ce surcoût s’explique notamment parce qu’une entreprise privée dégage une marge. Sur le territoire du Grand Lyon, par exemple, Veolia reverse 4 millions d’euros par an à ses actionnaires, tandis que sur le plus grand service de l’eau en France, le Syndicat des eaux d’Île-de France, la même entreprise a vu sa rémunération grimper jusqu’à 20 millions d’euros par an.

 

La donne bougera en 2020, lorsque les services d’eau passeront des communes aux intercommunalités. Des associations citoyennes font déjà pression sur leurs élus pour passer à une gestion publique, tandis que les entreprises visent ces nouveaux marchés, agrandis.

Rédigé par jojo

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