Je viens de prendre connaissance de votre article paru ce matin dans Ouest-France.
Publié le 9 Juin 2018
Bonjour,
Je viens de prendre connaissance de votre article paru ce matin dans Ouest-France.
L’information que je vous ai donnée (en vous transmettant le courrier ministériel et en répondant à votre appel téléphonique) n’était pas destinée à donner une nouvelle fois la parole aux pouvoirs publics en passant mes commentaires sous silence pour valoriser la fumeuse terminologie ministérielle.
Vous insistez sur les arguments de Mme ROULOT que vous citez sur une vingtaine de lignes, et vous concluez sur une seule pour dire que les Amis du Barrage sont satisfaits.
Vous m’aviez habitué à un peu plus d’équilibre.
Je me permets de vous rappeler que je vous ai indiqué être satisfait d’avoir reçu une première vraie réponse ministérielle de ce gouvernement. Ministre et Premier ministre ayant fait répondre hors sujet par des chefs de cabinet renvoyant systématiquement vers le Préfet de la Manche. Un progrès sur la forme, donc, puisqu’elle devient policée, structurée, motivée et plus respectueuse de l’expression populaire.
Mais aucun changement sur le fond. « Opération exemplaire » (pour le moment c’est plutôt le contraire), « potentiel exceptionnel » (jamais démontré), « bon état des cours d’eau » (avec des travaux polluants – voir l’état actuel de la Sélune et de ses affluents et les problèmes d’AEP qui vont avec-), « engagement européen » (aucune obligation DCE ou LEMA de destruction), « renaturation que des crédits vont financer » (Quels crédits ? D’où viendront-ils ? Quand ? Pour quel projet ?), « des barrages vétustes » (anciens oui, mais pas vétustes. Plutôt en bon état d’après les premiers retours), « pour ne pas dire pas rentables » (production au-dessus des objectifs cette année, malgré un potentiel réduit de 50% pour cause de baisse du niveau. L’éolien et le photovoltaïque sont-ils rentables ?)
Des opérations dispendieuses et irraisonnées dont ni l’urgence ni l’utilité n’a été démontrée…
J’ai souligné l’absence de base légale pour toutes les réunions portant sur la démolition des ouvrages, et je vous ai expliqué pourquoi. Tout ce qu’il se passe actuellement concernant le démantèlement est basé sur un seul communiqué de presse. C’est vrai, je l’ai déjà dit, mais pas sur les mêmes références.
J’ai rappelé les recours déposés au T A par B Pinel et j’ai évoqué ceux que nous déposerions. En précisant pourquoi nous attendons l’arrêté préfectoral pour le faire.
Il me semble avoir aussi insisté sur le fait que nous n’avons toujours pas la réponse à notre question sur la cause de la décision inattendue du ministre actuel. Il ne poursuit pas la mise en œuvre de la décision annoncée par C Jouanneau en 2009, contrairement à ce qu’écrit Mme Roulot. Mais il passe outre la décision de S Royal. Avec pour seul résultat d’avoir remis de l’huile sur le feu alors que les esprits s’étaient apaisés en attendant le résultat des expertises prévues. C’est peut-être en voulant précipiter les évènements que le processus prendra du retard.
Aucun de ces éléments essentiels pour le débat et l’information ne figure dans votre article.
Mais sans doute aviez-vous décidé de le consacrer aux thèses gouvernementales et de dédier le prochain aux arguments de bon sens qui s’y opposent.
Si c’est le cas, je serai satisfait. Mais cette fois, ce sera pour de bon.
Bien cordialement,
John KANIOWSKY
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