Vezins. Quel avenir pour le barrage et la vallée de la Sélune ?

Publié le 31 Juillet 2018

Isigny-le-Buat
Vezins. Quel avenir pour le barrage et la vallée de la Sélune ?
L’accès au lac de Vezins est sécurisé le temps des travaux de vidange.
L’accès au lac de Vezins est sécurisé le temps des travaux de vidange. | ARCHIVES OUEST-FRANCE
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Le dossier des barrages de Vezins et de la Roche-qui-boit (Sud-Manche) est entamé depuis près de dix ans mais le flou persiste autour de leur devenir et des coûts réels engagés.

Le 14 mai 2018 débutait la première phase de vidange du lac de retenue de Vezins, situé à Isigny-le-Buat (Sud-Manche). La vidange consiste en l’assèchement progressif et en la gestion des sédiments pollués du lac. Le groupe Vinci est à l’œuvre. Cette décision a été prise par le préfet de la Manche, Jean-Marc Sabathé, via un arrêté du 3 mars 2016. Une seconde phase de vidange débutera lundi 20 août 2018, amenant le lac à l’assec « mi-septembre » , selon Jean Kugler, directeur de la Direction départementale des territoires et de la mer (DDTM) de la Manche.

Et après la vidange ?

« Le préfet doit émettre un arrêté pour que les travaux d’arasement soient lancés » , explique Bernhard Kitous, chercheur à l’École des hautes études en sciences sociales de Paris. L’heure est à la concertation publique sur les risques d’inondations. « Cette phase se déroulera jusqu’à l’automne 2018, puis un plan prévention sera présenté au préfet qui prendra un arrêté, si tout va bien, d’ici la fin de l’année » , explique Jean Kugler.

Quelles seraient les conséquences d’un démantèlement ?

Pour la population, les conséquences seraient négatives selon Bernhard Kitous, qui a mené des enquêtes de terrain sur la Sélune et la baie du Mont. « En cas d’incident nucléaire à Flamanville, l’eau douce retenue par le barrage est indispensable. L’arasement supprimerait une source d’énergie électrique précieuse. » Il ajoute : « Il y a des zones inondables sur l’A84. De fortes crues bloqueraient l’autoroute. »

Du point de vue de Jean Kugler, « barrages ou pas barrages, il n’y aura pas de différence pour le risque de crues » . Pour les pêcheurs, les saumons de l’Atlantique devraient remonter le fleuve, selon un communiqué de la préfecture du 6 décembre 2017.

Pour l’État, l’arasement des barrages permettrait une renaturation de la vallée de la Sélune, répondant ainsi à des directives européennes et pour Nicolas Hulot, « neutraliserait les écologistes virulents » , analyse   Bernhard Kitous.

Quels sont les coûts estimés  ?

Lors de sa visite dans la baie du Mont Saint-Michel en décembre 2014, la ministre de l’Environnement, Ségolène Royal, réticente à l’arasement, avançait des chiffres de démantèlement de 53 millions d’euros, comprenant 15 millions d’euros pour renaturaliser le site. Selon Jean Kugler, « le coût de l’arasement du seul barrage de Vezins était estimé à 5 millions d’euros en 2013. Les chiffres de Ségolène Royal comprennent les 5 millions, plus le coût de la destruction du barrage de la Roche-qui-boit, plus la gestion sédimentaire, qui représente 20 millions d’euros » .

Jean Kugler concède que le coût de démantèlement sera « sensiblement plus cher que les 5 millions prévus au départ ». Bernhard Kitous estime que « le coût des aménagements pour la destruction était de 30 millions d’euros en 2012. En 2018, il atteint 150 millions » . Il émet une hypothèse de « corruption, avec un coût qui a quintuplé en six ans  » . Les coûts réels restent le grand mystère du dossier.

Rédigé par jojo

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A
« barrages ou pas barrages, il n’y aura pas de différence pour le risque de crues »: croix de bois, croix de fer, si je mens...
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J
Bonjour, nous n'avons pas la même analyse, un barrage est un retardateur de crue, il permet aux habitants aval de s'organiser et en cas de sécheresse nous avons un réservoir d'eau