Pont-Audemer : la turbine électrique sera détruite

Publié le 7 Septembre 2018

Pont-Audemer : la turbine électrique sera détruite
Philippe SCHAEFFER
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Publié 31/08/2018 21:46
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Mise à jour 31/08/2018 21:46
 
    Pont-Audemer. Après le rachat de la centrale hydroélectrique de La Madeleine par la Ville, le barrage ne produira plus d’électricité pour rétablir la continuité écologique de la Risle.
       

      Même si le maire de Pont-Audemer, Michel Leroux (SE) se disait très attaché, en 2017, au moindre kilowatt hydroélectrique produit dans sa ville, ce dernier s’est rangé, derrière l’avis de l’Agence de l’eau, pour accepter la destruction de l’usine hydro-électrique de La Madeleine, sur la Risle.

      Pas un spécialiste

      « Je ne suis pas un spécialiste de la remontée des espèces, j’ai donc suivi les recommandations de l’Agence de l’eau en ce qui concerne les aménagements à prévoir pour rétablir la continuité écologique de ce que l’on appelle le nœud de la Risle. La ville est désormais propriétaire de ce barrage et n’a pas déboursé un seul centime. En effet, l’Agence de l’eau a financé, à 100 %, le rachat et les aménagements qui sont prévus », explique le premier magistrat.

      Mais à en croire Louis Sourdon et Richard Rodier, usiniers, les conditions de transfert de cette usine hydroélectrique vendue par Gedia, (l’ancien propriétaire et exploitant du barrage hydroélectrique) à la Ville en juillet dernier ne semblent pas claires... comme de l’eau de roche !

      Courrier

      À tel point qu’ils viennent d’adresser un courrier à différentes instances pour dénoncer une décision d’effacer ce barrage de La Madeleine sans que la décision, selon eux, n’ait jamais été actée. « Effectivement, contrairement à ce que l’Agence de l’eau indique pour faire voter la subvention qu’elle octroie à la ville et faire disparaître la turbine, aucun comité de pilotage n’a jamais décidé d’effacer le barrage, bien au contraire. Lors du comité de pilotage n°10, il a été simplement décidé de choisir le meilleur scénario en tenant compte du potentiel électrique qui doit absolument être conservé. Cette interprétation est très grave car ce mensonge présenté dans le dossier remis à la commission des aides a permis de débloquer 1, 2 M€ », s’insurge Richard Rodier co-signataire d’un courrier adressé la Direction départementale des territoires et de la mer (DDTM) de l’Eure avec une copie adressée au préfet et au sous-préfet de l’Eure.

      De son côté, le maire de Pont-Audemer insiste pour indiquer qu’en compensation, il existe d’autres barrages qui pourraient être installés. « Je suis prêt à mettre la chute du barrage du Cosec à disposition d’un turbinier dans le cadre d’un shéma gagnant-gagnant », soutient-il.

      La production continue

      En attendant, les travaux de réaménagement du barrage de La Madeleine, la production électrique se poursuit. « Avant de conduire votre véhicule à la casse, vous continuez bien à en faire usage jusqu’au dernier moment... Pour le barrage de La Madeleine, c’est pareil et c’est une simple question de bon sens », oppose le maire. Quant à savoir combien cela rapporte à la ville, qui n’a pas déboursé un seul centime pour l’acquisition de cette usine d’électricité, dont la production est bien réinjectée dans le réseau, le maire indique qu’il n’en touche pas un seul dividende. « Aucun contrat de revente n’a été signé avec EDF », note Michel Leroux.

      Contacté à ce sujet, Philippe Rive, président de Gedia, confirme que « la transaction a été faite avec la Ville de Pont-Audemer dans les règles, avec le transfert de toutes les autorisations d’exploitation du site ».

      Au final, les travaux de déconstruction et reconstruction d’un « barrage » qui ne produira plus jamais un seul kilowatt devraient être pris en charge par le Syndicat intercommunal de la basse vallée de la Risle (Sibvr) à une date inconnue. « Il est certain que la réalisation des travaux d’aménagement reste un point technique assez compliqué », reconnaît le maire. Compliqué comme la gestion de ce dossier épineux qui fait l’objet d’une requête - toujours en cours - devant le tribunal administratif déposé par Louis Sourdon et Richard Rodier...

       Philippe SCHAEFFER

      Rédigé par jojo

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