Philippe Vesseron Sélune inondations 13 11 2018

Publié le 14 Novembre 2018

Sélune inondations 13 11 2018

Jusqu’au XIXème siècle, les « petites crues » provoquaient tous les 2 ou 5 ans des inondations dans la basse vallée de la Sélune : seront-elles de retour dans l’avenir ? aggravées par des décisions locales ou nationales ? par les conséquences du changement climatique ? J’ai alerté à plusieurs reprises sur le risque que ce sujet continue à rester orphelin, peut-être tout simplement parce que des inondations d’une cinquantaine de centimètres ne seraient pas un enjeu de sécurité publique.
Pourtant, ce qui a marqué plusieurs départements au printemps et à l’automne a bien confirmé la gravité des conséquences à redouter de telles inondations pour les conditions de vie, les activités, la valeur des biens… Des actions préventives sont bien entendu possibles pour réduire les fragilités mais elles ont un coût et demandent du temps : qui assumera la responsabilité de faire ou de ne pas faire ? Qui payera ?
Pour un article qu’il préparait là-dessus, le Journal de l’Environnement vient de m’interroger : les réactions que j’ai recueillies après coup me suggèrent d’insister sur une particularité de Vezins.
Ici, l’Etat est propriétaire de ce barrage qui a certes été financé par la production d’énergie mais joue en plus depuis près d’un siècle le rôle d’ouvrage de protection contre les petites crues. Pour empêcher le retour de ce risque malgré son projet de supprimer l’ouvrage, que ferait l’Etat avant toute action de démontage de quoi que ce soit? A défaut, quelle responsabilité ne porterait-il pas si une « petite crue » se produisait dans les deux ans ! On n’est pas dans les mêmes calendriers ni dans les mêmes règles de responsabilité que pour les évolutions de l’occupation du sol ou la hausse du niveau de la mer…
J’avais écrit le 8 octobre : «Que faire aujourd’hui ? Il serait dangereux de continuer à faire comme si l’Etat propriétaire de ce barrage pouvait le détruire sans se soucier du rôle de protection contre les « petites crues » qu’il joue depuis un siècle, en pensant qu’il suffirait que les personnes concernées soient prévenues par SMS de l’imminence d’une crue sur le point d’inonder leurs biens les jours suivants… Comment l’Etat compte-t-il réaliser ou financer des actions alternatives de protection comme la mise hors d’eau des réseaux et installations électriques et électroniques ? Que ferait l’Etat pour protéger les emplois dans les activités développées à l’aval ? pour transférer les commerces et services ? pour compenser les préjudices ? Redouterait-on que ces préalables conduisent à remettre en cause le projet de suppression du barrage ? » Pour préciser le sujet, je recommande de lire d’une part les deux articles de Valéry Laramée de Tannenberg dans le Journal de l’Environnement (9 janvier 2015 et 6 novembre 2018), d’autre part la tribune publiée dans Le Monde le 24 octobre par Eric Daniel-Lacombe.
Mais il faut que la nécessité de se préoccuper loyalement du risque des « petites crues » soit vite mieux partagée. J’ai bien apprécié l’idée de reprendre la démarche amorcée il y a quelques années par un étudiant, Ronan Leclair, dans un travail raisonnable : retrouver la mémoire des inondations du XIXème siècle dans la basse vallée en partageant après numérisation vieux articles de journaux, cartes postales anciennes,… Un tel projet sera certainement soutenu par les collectivités entre Ducey et l’estuaire, sans tarder je l’espère !

http://www.journaldelenvironnement.net/…/comment-new-york-v…

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Rédigé par jojo

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