ACTION CONJOINTE ADB / GILETS JAUNES DU SAMEDI 15 DECEMBRE 2018

Publié le 17 Décembre 2018

ACTION CONJOINTE ADB / GILETS JAUNES DU SAMEDI 15 DECEMBRE 2018
 
 
 
 
Bonjour à tous,
 
Ce samedi 15 Décembre, Amis du barrage et Gilets jaunes ont bravé les intempéries pour redire leur volonté de conserver les barrages de la Sélune jusqu’à leur fin de vie « naturelle ».
 
Cette action commune a été décidée vendredi 7 Décembre, il y a tout juste une semaine. Ce qui ne permettait pas à tous ceux qui le souhaitaient de se rendre disponibles pour participer à ce mouvement.  
 
Nous n’avions pas souhaité donner l’impression de vouloir récupérer le mouvement initial et bien légitime des Gilets jaunes. Mais ce sont les Gilets jaunes eux-mêmes qui nous ont proposé le 29 Novembre d’organiser une « marche jaune » qui allierait Amis du barrage et Gilets jaunes sur la base commune de notre opposition au démantèlement des barrages de Vezins et la Roche Qui Boit.
 
Cette proposition a été adoptée à l’unanimité par le Conseil d’administration de notre association. ADB et Gilets jaunes se sont mis d’accord sur l’organisation d’une action pacifique et apolitique, conviviale et familiale, excluant toute forme de violence physique ou verbale
 
Les raisons invoquées pour supprimer les barrages seraient le rétablissement de la continuité écologique et de la qualité de l’eau, auxquelles s’ajoutent des allégations selon lesquelles la production des deux usines hydroélectriques serait « déficitaire ».  
 
La pollution : Les barrages ne polluent pas mais leurs lacs servent de bassins de décantation et retiennent une partie de la pollution qui vient de l’amont. Les humains et les salmonidés profitent ainsi d’une eau de qualité correcte à l’aval. Prétendre que les migrateurs remonteraient le cours de la Sélune quand les barrages auront disparu serait parfaitement illusoire car les eaux souillées se déverseraient jusque dans la baie du Mont St Michel et les saumons ne dépasseraient sans doute pas l’embouchure du fleuve dont ils disparaîtraient totalement.  Il serait donc judicieux d’améliorer la qualité des eaux provenant de l’amont, en adaptant les pratiques culturales avant de supprimer les ouvrages.
 
La production d’électricité des deux usines hydroélectriques permet d’alimenter l’équivalent de 15.000 personnes d’une énergie propre, stockable, renouvelable, et modulable. Les deux ouvrages produisent 14 MW et pourraient produire plus de 50 MW avec une STEP. (Station de Transfert d’Energie par Pompage) Il serait incohérent de s’en priver, en pleine période de transition énergétique, sans attendre d’avoir mis en place une ou des solutions alternatives.
 
Comparée à une tranche nucléaire ou aux 240 MW de l’usine de la Rance, la production de Vezins et RQB est modeste. Mais si l’on détruit tout ce qui est modeste, on va se priver d’une énorme ressource en énergie propre et renouvelable. Faudra-t-il un retour aux centrales à charbon pour produire l’énergie qui fera avancer nos voitures électriques ?
 
La seule réserve d’eau du Sud-Manche :  Les conséquences du changement climatique entraîneront une multiplication des périodes de sécheresse. La disparition des lacs nous priverait d’une précieuse réserve de 20 Millions de m3 d’eau. (Besoins en eau potable et usages agricoles)
 
L’effet retardateur et modérateur des deux ouvrages sur les conséquences des crues du fleuve n’est plus à démontrer, même s’ils n’ont pas été spécifiquement conçus pour ça. L’instauration en 2000 d’une cote d’exploitation d’hiver à moins deux mètres permet depuis lors d’en limiter les effets destructeurs.
 
Le coût exorbitant de la démolition (68 millions d’Euros ?) des barrages et de la « renaturation » de la vallée dépasserait à la fois l’entendement, les moyens de l’Etat et ceux des collectivités territoriales incapables de supporter la charge des investissements nécessaires, de l’entretien des structures à créer et de leur fonctionnement.  
 
Un groupe privé s’est porté candidat à l’exploitation des structures pour une ultime concession. Il nous paraît indispensable de poursuivre l’étude de faisabilité de ce projet à la fois industriel et écologique. Le prix de l’électricité devrait augmenter d’au moins 15% dans les toutes prochaines années et l’objectif d’une réduction importante de la part du nucléaire dans le mix énergétique ne sera probablement pas atteint.
 
L’analyse de ces arguments de bon sens avait conduit Madame Ségolène ROYAL, alors Ministre de l’Ecologie, du Développement durable et de l’Energie, à prendre une décision de nature à satisfaire la quasi-totalité des protagonistes tout en ramenant la sérénité dans une vallée soucieuse de son avenir tant environnemental qu’économique.
 
L’arrêté préfectoral du 3 Mars 2016 qui en résultait prévoyait la vidange nécessaire de la seule retenue de Vezins. Une fois l’assec réalisé, des expertises menées sur l’ensemble des installations, une décision basée sur les rapports d’experts serait finalement prise.  Si l’état des structures est jugé à risque pour la sécurité et la poursuite de l’exploitation, on s’orienterait vers une destruction de l’ouvrage.  Dans le cas contraire, une ultime concession de trente ans serait attribuée.
 
Cette période transitoire pourrait être mise à profit pour améliorer la qualité des eaux provenant de l’amont et acquérir les moyens techniques et financiers susceptibles de permettre la réalisation d’une opération « exemplaire aussi bien au plan technique, environnemental que d'accompagnement des acteurs locaux ». C’était la promesse de l’Etat.  Il serait judicieux de mener, pendant ce temps, une réflexion sur les moyens de suppléer la production d’énergie renouvelable, la réserve d’eau et de prévenir les risques d’inondation.
 
L’ensemble de la population concernée et ses élus attendait donc sereinement qu’une décision basée sur des éléments pragmatiques soit prise dans l’intérêt général.
 
Le communiqué de presse du 14 Novembre 2017 de Monsieur Nicolas HULOT, à l’époque Ministre de la Transition écologique et solidaire a semé effroi et incompréhension sur la population du Sud-Manche. Possiblement mal informé, il a décidé, unilatéralement et sans concertation, la démolition immédiate des ouvrages de Vezins et La Roche Qui Boit.  Il a mis fin au processus initié par son prédécesseur, sans même répondre aux courriers de demande d’explications sur les raisons de cette volte-face.  
 
Le préfet de la Manche a pris un arrêté le 29 Octobre 2018 portant sur la démolition des barrages de Vezins et de la RQB.
 
Le barrage de Vezins est en bon état. C’est ce qui a été constaté quand l’assec complet a été atteint début Septembre. Même les Pouvoirs publics en ont convenu.
 
Les turbines pourraient parfaitement être redémarrées après qu’il leur soit donné un « petit coup de jeune ».
 
Au début de nos actions en 2010, la quasi-totalité des élus locaux étaient avec nous.
 
Depuis plusieurs mois, certains ont changé d’avis, espérant toucher de confortables subventions de l’Etat et de l’Europe pour « renaturer » la vallée de la Sélune et en faire la vitrine du Sud-Manche.
 
Pendant sa campagne électorale, le député Bertrand SORRE prétendait vouloir nous aider à sauver les barrages. Nous le rencontrerons au tout début de Janvier pour faire le point sur ses positions.
 
Le Président David NICOLAS n’a toujours pas répondu à notre demande de rendez-vous. J’espère vivement qu’il le fera.
 
Le sénateur Jean BIZET nous a reçu vendredi dernier 14 Décembre. Sans surprise, il nous a confirmé sa position et ses arguments en faveur de la suppression des barrages et des lacs de Vezins et de la Roche Qui Boit.  
 
Plusieurs recours ont été et vont être déposés près le Tribunal administratif de Caen au nom de notre association. Nous avons bon espoir d’obtenir la suspension des opérations de destruction. Nous irons jusqu’au bout de tout ce qui pourra être fait pour que la raison et le bon sens l’emportent.
 
NOUS DEVONS RESTER MOBILISES !

Rédigé par jojo

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