Environnement. La Normandie a jusqu’à 2027 pour passer de 40 % de masses d’eau en bon état à 100 % !
Publié le 16 Décembre 2018
Un grand forum de l'eau s'est tenu à Caen (Calvados) mercredi 12 décembre 2018. 300 acteurs de l'eau en Normandie ont validé un plan important pour les six ans à venir. Précisions.
Aujourd’hui, 40 % des masses d’eau en Normandie ont atteint un niveau de qualité jugé de « bon état ». En 2021, le chiffre ciblé est de 62 %, et pour 2027, 100 %. Un pari ambitieux que l’Agence de l’eau Seine-Normandie s’apprête à relever avec tous les acteurs de l’eau dans la région. Un plan 2019-2024 a été présenté à Caen (Calvados), mercredi 12 décembre 2018, pour parvenir à ce résultat.
Qu’est-ce que l’Agence de l’eau Seine-Normandie* ?
L’Agence de l’eau Seine-Normandie comprend environ 470 personnes « dont l’ambition partagée est de contribuer à une meilleure gestion de l’eau et à une préservation des milieux aquatiques. » Le personnel est réparti sur 6 sites : Nanterre (Hauts-de-Seine ), Rouen (Seine-Maritime), Compiègne (Oise), Châlons-en-Champagne (Marne), Sens (Yonne) et Hérouville-Saint-Clair (Calvados). L’agence est structurée en métiers, déployés sur l’ensemble du bassin, pour conserver une cohérence dans les actions menées et les méthodes utilisées tout en coordonnant l’activité sur l’ensemble du territoire.
(Source site internet de l’Agence de l’eau)
« Nous sommes dans la moyenne des régions françaises, avec nos 40 % des masses d’eau jugées en « bon état », selon les normes européennes ». Patricia Blanc, directrice générale de l’agence de l’eau Seine Normandie, a présenté aux 300 acteurs de l’eau présents lors du forum à Caen mercredi, les grandes lignes d’un plan « ambitieux » visant à obtenir les 100 % d’ici 2024.
Sur notre territoire, les deux points noirs restent d’abord la Seine, dans laquelle débouche la pollution de la région parisienne et qui a un très faible débit (300m3/sec) tout en ayant une grosse agglomération qui pèse dessus, et puis les fleuves côtiers de l’ex-Basse-Normandie, qui sont de petits fleuves rendus très fragiles, indique Patricia Blanc.
Sur le papier, les cinq axes de ce plan concernent le bon état des masses d’eau, l’adaptation au changement climatique, la reconquête de la biodiversité, la solidarité avec les territoires ruraux et la protection de la santé publique.
Plus concrètement, Paul Chandelier, président de la Commission territoriale des bocages normands et de l’agence de l’eau a indiqué des actions prioritaires :
- Accroître l’infiltration sur place des eaux de pluie en ville et en zones rurales pour lutter contre les pollutions par temps de pluie, les ruissellements et l’érosion des sols (parkings enherbés, noues d’infiltration, haies, talus et bandes enherbées…),
- Agir de façon ciblée sur le littoral pour résorber les pollutions bactériologiques qui déclassent les zones de baignade et zones conchylicoles (assainissement collectif ou individuel, protection des berges des cours d’eau, maintien des zones humides arrière littorales…),
- Restaurer l’écoulement naturel des cours d’eau (restauration de la continuité écologique).
Le directeur territorial et maritime des bocages normands soutient : « Il y a déjà beaucoup d’initiatives qui ont été prises pour améliorer la qualité de nos masses d’eau, dans certains endroits on voit déjà des résultats, les saumons remontent par exemple dans l’Orne aujourd’hui. ».
André Berne, directeur territorial et maritime Seine-aval évoque quant à lui « les 350 millions d’euros consacrés avec la métropole de Rouen à un programme visant justement à séparer eaux pluviales des eaux usées. »
Reste que pour parvenir à relever le défi de 2024, 3,8 milliards d’euros vont être engagés sur les 6 ans pour l’ensemble du territoire de l’agence de l’eau Seine Normandie*. « Le forum d’aujourd’hui à Caen vise justement à réunir associations, agriculteurs, tous les acteurs de près ou de loi qui agissent sur la qualité de l’eau. C’est en emportant l’adhésion de tous que l’on pourra parvenir à nos fins. Sur certaines zones littorales, il faudra se focaliser sur la bactériologie, sur d’autres sur les pesticides, sur d’autres encore il faudra mettre en place des talus au bon endroit… »
Un travail de fourmi nécessaire, surtout dans le contexte de réchauffement climatique. « Cela fait 30 ans que l’on a jamais vu un débit aussi bas de la Seine, c’est évident qu’il va falloir nous adapter », conclut André Berne.
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