L’enquête publique sur le « Plan de Prévention des Risques d’Inondations » de la Sélune s’achèvera dans une dizaine de jours.

Publié le 25 Janvier 2019

https://youtu.be/KNDX2WtUasY
https://www.registredemat.fr/ppri-selune/presentation
L’enquête publique sur le « Plan de Prévention des Risques d’Inondations » de la Sélune s’achèvera dans une dizaine de jours. Elle ne semble pas vraiment mobiliser, malgré la possibilité de s’exprimer par l’internet : il serait utile de comprendre pourquoi. Une concurrence des « gilets jaunes » peut-être ?
On doit craindre que cette situation ne soit surtout le résultat de confusions nombreuses sur le sens des mots : la « prévention » en débat inclue-t-elle la création et/ou la maintenance d’ouvrages de protection comme les digues et barrages? Quelles obligations pour leurs propriétaires ? Parle-t-on des risques pour les biens et les activités ou seulement des enjeux de sécurité publique ? La suppression des barrages entrainerait-elle le retour aux inondations fréquentes dans la basse vallée avant leur création? Parle-t-on de servitudes d’inconstructibilité non indemnisables que l’Etat imposerait dans le cadre des règles d’urbanisme ou parle-t-on des obligations de prévention des inondations que la loi NOTRE transfère aux intercommunalités? Quelles obligations s’imposeraient à l’Etat pour que son projet d’araser le barrage de Vezins ne puisse être engagé que lorsqu’il aura réalisé les travaux que cette intention rendrait nécessaires pour éviter toute augmentation des dommages aux habitations et constructions entre Ducey et Pontaubault ?
La réponse « le PPRI ne porte que sur les conséquences d’une crue centennale » est vraie mais à peu près inaudible pour beaucoup des intéressés tant il leur a été répété jusqu’à présent qu’un PPRI serait la réponse aux effets négatifs qu’ils redoutent si les barrages sont supprimés – c’est-à-dire les inondations de quelques décimètres pendant une ou deux semaines qui se produisaient tous les deux ou cinq ans. Le retour des « petites crues » aboutirait-il à la fragilisation de 800 emplois comme l’écrivaient les syndicats il y a déjà quelques années? En tout cas, on aurait bien tort de s’appuyer sur des études que le rapport des inspections générales qualifiait en mars 2015 d’un lapidaire « peu convaincantes » !
Il est clair que la question des inondations dans la basse vallée a depuis des années été largement occultée par les débats passionnés entre les « protecteurs » de tel ou tel segment de la biodiversité ou par les accusations de gâchis: pour autant, qui prendrait aujourd’hui la responsabilité de supprimer sans autre forme de procès la fonction d’ouvrages de protection que ces infrastructures jouent depuis un siècle ? Imagine-t-on leur propriétaire, l’Etat, démontant les équipements mécaniques ou électriques et exposant les habitants de la vallée à des « petites crues » biennales ou quinquennales ?
L’ensemble de ces questions est sur la table, sans que la plupart des intéressés ne dispose des moyens de former son jugement : il ne faudrait pas que l’absence de réaction dans l’enquête publique en cours serve de prétexte pour l’engagement de démontages qui supprimeraient de fait la possibilité que le barrage de Vezins remplisse le rôle d’ouvrage de protection qu’il joue depuis sa création.

L’image contient peut-être : ciel, pont, plein air, eau et nature
 
 

Rédigé par jojo

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