Les huit espèces invasives qui menacent le plus la nature en Europe
Publié le 5 Février 2019
C’est une longue liste d’espèces qui pourraient devenir invasives et menacer l’écosystème européen dans les dix prochaines années. Une étude scientifique a identifié 66 espèces animales ou végétales, pas encore établies sur le territoire de l’Union européenne, mais potentiellement très dangereuses pour la faune et la flore du continent.
Ces travaux, qui ont mobilisé 43 scientifiques en Europe, ont été publiés récemment dans la revue spécialisée Global Change Biology. Les chercheurs ont travaillé ensemble afin de déterminer les animaux ou végétaux qui ont le plus de chances d’arriver sur le continent, de s’y propager, et de nuire à l’écosystème.
Ils se sont appuyés sur plusieurs critères, cherchant à identifier des espèces présentes dans des pays frontaliers de l’Union européenne, qui se sont déjà propagées à d’autres régions du monde ou qui sont présentes sur le territoire de partenaires commerciaux des pays européens, le transport maritime étant l’un des principaux moyens de propagation des espèces aquatiques. Parmi ces 66 espèces, huit présentent « une menace très élevée ».
1. Le poisson à tête de serpent Channa argus
Premier nom de cette liste d’animaux menaçant d’envahir l’Europe, le poisson à tête de serpent, ou Channa argus de son nom scientifique. Originaire du sud et de l’est de la Chine, il est désormais très présent au Japon, où il s’attaque aussi aux espèces locales. Le Channa argus s’est également invité dans le Potomac, fleuve de l’est des États-Unis qui passe notamment à Washington, la capitale. Très résistant, ce poisson mesure parfois un mètre de long. En 2013, un tournoi de pêche au poisson à tête de serpent avait même été organisé dans le Maryland, afin de lutter contre l’espèce invasive. Sa chair serait délicieuse, et il est très apprécié en Asie.
2. La moule dorée Limnoperna fortunei
Autre espèce aquatique potentiellement invasive, la Limnoperna fortunei, ou moule dorée. Originaire de Chine continentale et d’Asie du Sud-Est, l’espèce, qui vit en eau douce, s’est ensuite propagée à Hong Kong, au Japon, à Taïwan, puis aux États-Unis et à plusieurs pays d’Amérique du Sud. Elle s’adapte facilement à de nouveaux environnements et se reproduit beaucoup. Conséquence, la moule dorée modifie « les conditions écologiques dans les milieux colonisés, par exemple, en réduisant les populations de phytoplancton et de zooplancton », indique le site du Programme de sensibilisation aux espèces envahissantes de l’Ontario, au Canada.
3. L’écrevisse à taches rouges Orconectes rusticus
Originaire des États-Unis, l’écrevisse à taches rouges s’est ensuite propagée au Canada. Signes distinctifs : elle est particulièrement agressive.et s’attaque aux espèces locales et l’écosystème aquatique. Dans le nord de la province canadienne de l’Ontario, elle a déplacé deux espèces d’écrevisses, indiquent les autorités québécoises. Particulièrement vorace, elle s’attaque à beaucoup d’espèces aquatiques, des œufs de poissons aux palourdes.
4. Le poisson-chat rayé Plotosus lineatus
Le Plotosus lineatus s’est déjà rapproché. Originaire de l’océan Indien, le balibot ou poisson-chat rayé a été repéré une première fois en Méditerranée en 2002. Il s’est répandu le long des côtes israéliennes. Venimeux, il se cache notamment dans les fonds marins sablonneux, et contribue au déclin des espèces locales.
5. L’algue verte Codium parvulum
Cette algue verte, notamment présente en mer Rouge, s’est étendue vers le nord, en direction des côtes libanaises et israéliennes. Elle altère la structure et le fonctionnement des écosystèmes locaux, selon les auteurs de l’étude.
6. L’escargot marin Crepidula onyx
Autre espèce aquatique, le Crepidula onyx est un escargot marin natif du sud de la Californie et du nord de la côte ouest du Mexique. Il s’est répandu depuis dans plusieurs pays d’Asie et il a été repéré en Corée du Sud, au Japon et à Hong Kong. Ce mollusque sédentaire s’alimente en filtrant l’eau, et a d’importants impacts sur l’ensemble de l’écosystème marin.
7. La moule à rayures noires Mytilopsis sallei
La moule à rayures noires (Mytilopsis sallei) est originaire d’Amérique Centrale et d’Amérique du Sud. Mais elle s’est propagée dans plusieurs pays bordant les océans Indien et Pacifique : l’Australie, les Fidji, l’Inde, la Malaisie, Taïwan, le Japon. Particulièrement résistantes, ces moules se reproduisent facilement et dominent complètement les autres espèces. La moule à rayures noires « peut mettre en péril l’environnement marin, la pêche, l’aquaculture, le tourisme et les activités portuaires », préviennent les autorités australiennes.
8. L’écureuil fauve Sciurus niger
Son nom latin ne vous dit peut-être rien, mais c’est sans doute l’animal le plus commun de cette liste : l’écureuil fauve est originaire de l’est du Canada et des États-Unis. Il figure déjà dans la liste des espèces exotiques envahissantes préoccupantes pour l’Union européenne. Notamment car il peut rentrer en compétition avec les espèces autochtones et se battre pour les mêmes ressources.
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