"clap de fin" ?

Publié le 23 Mars 2019

 

Bonjour à tous,

 « L’affaire est réglée vu que les Amis du Barrage ont perdu leur dernière bataille »

Ce sont les mots du sénateur Bizet dans les colonnes de la presse régionale.

 Notre référé-suspension a fait l’objet d’une ordonnance de rejet, certes. Mais il s’agissait de la première bataille. La deuxième a été engagée ce jeudi 21 Mars sous la forme d’un pourvoi en cassation devant le Conseil d’État, dans le but de casser ou de « retoquer » l’ordonnance du juge du référé.

Par ailleurs, nous avons maintenu notre recours de plein contentieux. Le Tribunal administratif de Caen rendra donc son jugement sur le fond de l’affaire vers la fin de l’année ; ce sera la troisième bataille.

Et ce jugement sera susceptible d’appel devant la Cour administrative d’appel de Nantes dont l’arrêt pourra faire l’objet d’une nouvelle saisine du Conseil d’État.

L’affaire est donc loin d’être réglée.

Le journal titre « clap de fin ». Nous, nous disons MOTEUR !      

Le pourvoi en cassation n’est hélas pas suspensif. Les démolisseurs pourront donc commencer leur travail et commettre l’irréparable. C’est la raison pour laquelle nous mènerons des actions de blocage pour les en empêcher à chaque fois que nous le jugerons utile et sans préavis.

Le sénateur regrette « tout cet argent perdu » de la faute des ADB tout en disant qu’on pourra à nouveau en bénéficier. Cela tient véritablement de ce miracle dont rêvent tous les Français d’en bas qui se réjouiraient de récupérer l’argent qu’ils ont déjà dépensé.

Nous, nous regretterons les dizaines de millions d’Euros gaspillés pour détruire des structures en bon état capables de produire encore pendant des dizaines d’années et dont la productivité peut facilement être accrue.

Le parlementaire déplore que nos lois, les directives européennes et les décisions de justice soient toujours contestées. C’est sans doute parce qu’elles ne sont pas définitives. Mais Jean BIZET ne semble pas s’étonner que l’État se soit assis sur 178 décisions de justice en faveur du projet de Notre Dame des Landes. Ce n’est qu’un exemple. Deux poids, deux mesures ? La Justice est juste uniquement quand elle est favorable aux projets soutenus, voire initiés par Jean BIZET.

Comment peut-on défendre les OGM et le glyphosate tout en étant inféodé à MONSANTO-BAYER, et prétendre vouloir démolir des barrages hydroélectriques pour restaurer la continuité écologique et « redonner libre cours à la nature » ?

J’ose espérer que ces incohérences ne cachent pas de funestes projets.

Je peux comprendre que le sénateur préféré du Sud-Manche se soit un peu « lâché », emporté par l’euphorie du moment où le juge a rendu son ordonnance.

Mais aurait-il été victime d’une overdose ?

Jusque-là, il se plaisait à qualifier les Amis du Barrage de demeurés et d’illettrés. Certains le percevaient très mal ; pour ma part, je trouvais cela plutôt amusant.

Aujourd’hui, nous sommes devenus des menteurs.

De l’amusement benêt, on passe aux insultes.

Ce sont aussi des propos diffamatoires.                                                                                                                                           Notre sénateur serait-il en mesure de prouver qu’il y a bien eu mensonge ? Nous le verrons.

Ces propos sont parfaitement irresponsables.                                                                                                                         Était-ce vraiment le moment de remettre de l’huile sur le feu ?

Comment est-ce que les personnes qui se sentent profondément blessées vont-elles réagir ? Les gens qui défendent les barrages et les lacs de la Sélune sont foncièrement honnêtes et très attachés au patrimoine local qu’ils défendent de tout leur cœur, même s’ils sont parfois maladroits.                                                                                                                Ils méritent le respect. Les ADB ont toujours respecté leurs opposants. J’ai eu la faiblesse de penser que le sénateur respectait aussi les siens.

Jean BIZET n’avait vraiment pas besoin d’aller aussi loin pour finir de ruiner sa cote de popularité.                              Mais il n’est élu que par ceux à qui il promet des subventions. Il a donc encore un bel avenir devant lui.

J’en veux pour preuve les arguments non fondés qu’il distille et qui sont assenés par quelques élus insidieusement placés sous sa coupable influence, et qu’il rend complice d’une misérable campagne de dénigrement.

« Les installations ne sont pas rentables, trop coûteuses en entretien, le projet Valorem n’était pas sérieux, aucun impact sur les crues (etc.) »  PAS DE CHIFFRES et une ATTAQUE INJUSTIFIÉE.

« La vallée sera réinvestie : culture du chanvre, randonnées pédestres ou à vélo, kayac de St Hilaire à la baie du Mt St Michel...  Un projet grandiose de reconversion pour la base (nautique !) de la Mazure qui ne pouvait plus utiliser le lac de Vezins à cause des cyanobactéries. » ILLUSOIRE ET INEXACT.

Le lit majeur de la Sélune a la fâcheuse particularité d’être très large. Donc sujet à de nombreuses et fréquentes inondations avant la construction des barrages. Ce serait pareil après leur destruction. Cultures, chemins de randonnée et géniales structures seraient régulièrement submergées. Une seule interdiction préfectorale a empêché les activités sur le lac de Vezins à cause de la présence de cyanobactéries, c’était en 2003 et seulement pour quelques jours. 

Un léger détail : la mise en place et l’entretien de ces structures de rêve seraient entièrement à la charge des collectivités territoriales, donc du contribuable local.

La vallée sera inaccessible et inexploitable pendant de nombreuses années. La situation actuelle a fait naître de sérieux doutes sur les possibilités de financement d’un vrai projet de développement. Plusieurs hectares de friches sont à craindre et pour longtemps.

Les Amis du Barrage se sont engagés en Octobre 2010.

Nous respecterons nos engagements et nous mettrons en œuvre tous les recours possibles pour empêcher que les barrages et les lacs de la Sélune ne disparaissent prématurément et soient sacrifiés sur l’autel d’une doctrine « écologique » extrémiste et punitive, relayée par une poignée d’irresponsables influents.  

Si malgré nos efforts et ceux de nos soutiens, les barrages étaient détruits, les conséquences seraient potentiellement désastreuses en termes de pollution et de risques pour la sécurité des personnes et des biens. L’association poursuivrait les responsables si un ou des malheurs survenaient.

J’en profite pour vous annoncer une manifestation le 30 Mars. Réservez votre journée. Des précisions vous seront communiquées en milieu de semaine prochaine.

Merci aux courageux qui m’auront lu jusqu’au bout.

Bien à vous,

John KANIOWSKY

Rédigé par jojo

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