Manche : des opposants à l'arasement s'enchaînent au barrage de Vezins
Publié le 31 Mars 2019
Yves Samson, Louis Desloges, Louis Gontier, Michel Gérard et Jocelyne Belloir au barrage de Vezins (sud-Manche), samedi 30 mars 2019.
- Nicolas ThomasLes opposants à l'arasement des barrages hydroélectriques du sud-Manche ne désarment pas. Deux d'entre eux, dont l'ancien conseil départemental d'Isigny-le-Buat, se sont enchaînés samedi 30 mars 2019 à la grille de la coursive du barrage de Vezins.
Ils n'étaient pas très nombreux à venir soutenir les deux enchaînés samedi 30 mars 2019 au barrage hydroélectrique de Vezins. Parmi la poignée d'opposants, le maire de Poilley, Michel Gérard, et deux adjoints aux maires de Ducey, Yves Samson et Jocelyne Belloir.
"Ils ont coupé la ligne 90 000 volts qui relie le barrage au réseau électrique", s'insurge Louis Gontier. Fervent défenseur des ouvrages de la Sélune, il s'est enchaîné depuis 14 h à la grille d'entrée de la coursive du barrage en compagnie de Louis Desloges, ancien conseiller départemental d'Isigny-le-Buat. "Nous sommes déterminés, on a tout prévu : tente et victuailles." Les deux protestataires ont l'intention de rester sur le site jusqu'au 27 mai 2019, date à laquelle le Conseil d'Etat doit statuer sur le recours des opposants à la destruction des barrages. "Le recours n'est pas suspensif donc nous restons sur le barrage pour empêcher le début des travaux."
Les élus présents sont toujours sidérés que l'Etat veuille détruire ces ouvrages. "98,89 % des habitants veulent leur maintien ! Dans le monde, on n'a jamais détruit de barrages qui sont en bon état !" Louis Gontier demande que la cour des comptes se saisisse du dossier. "Combien ça a coûté l'arasement entre le projet de renaturation de la vallée de la Sélune et les différentes études ?"
Les arguments en faveur du maintien des barrages fusent comme des évidences dans la bouche de leurs supporters dont Jean-Louis Varinot, ancien directeur du site dans les années 1970, qui à 90 ans a fait la route de Bretagne pour soutenir l'action. "Il est également inimaginable avec le réchauffement climatique de se priver d'une réserve d'eau douce de 20 millions de m3", souligne Yves Samson. "C'est d'ailleurs la seule et la plus proche réserve qui pourrait réchauffer le réacteur nucléaire de Flamanville en cas de pépin."
Les opposants à l'arasement savent que le Conseil d'Etat est l'ultime recours pour sauver les ouvrages. Chez eux, la pression monte. "On est gentil, mais on est poussé à devenir con !", lâche Louis Gontier.
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