réunion du Conseil d'administration

Publié le 13 Mars 2019

 

Bonjour,

Le Conseil d'administration de l’association Les Amis du Barrage s'est réuni hier soir. Nous avons fait un point sur la situation et nos actions à venir.

Le juge des référés a rendu le 5 courant une ordonnance de rejet contre notre requête visant à suspendre l'exécution de l'arrêté du préfet de la Manche portant sur la démolition du barrage de Vezins et de l'ensemble de ses structures.

Pendant toute la durée de cette audience d'une bonne heure et demie le 28 Février, ce même (et unique) juge nous avait semblé à l'écoute, très attentif, sachant poser les bonnes questions. Il s'était même réservé la possibilité de "réaudiencer l'affaire", compte tenu de la complexité du dossier.  Ce qui ne l'a pas empêché de rejeter aussitôt notre requête, sans autre "forme de procès". Surprenant.

Sur le conseil de nos avocats, j’ai aussitôt demandé à ce qu’un pourvoi en cassation soit formé devant le Conseil d’État contre cette ordonnance de rejet. Notre Conseil d’administration a entériné cette décision, à l’unanimité. Malheureusement, ce pourvoi n’est pas suspensif.

Nous avons bien sûr décidé de maintenir notre requête sur le fond. Elle sera examinée dans un délai d’environ neuf mois par le Tribunal administratif de Caen. Ce qui laisse largement le temps de pratiquer des dommages irréversibles au barrage et aux structures attenantes.

Nous devons rester mobilisés pour nous opposer à toute mesure qui viendrait contredire le cours normal de la justice.

Ce dossier est très politique et très politisé. D’énormes pressions de puissants lobbies tentent de faire en sorte que tout ce qui pourrait contrevenir à l’exécution d’un arrêté de démolition des barrages de la Sélune soit balayé.                                                                  

Quelque chose me dit que ce pourvoi est aussi un moyen de « dépayser le dossier ». Peut-être que les pressions seront moins fortes à Paris qu’elles ne le sont en Basse-Normandie.

Mais à Paris, il y a aussi un ministre de la Transition écologique qui nous ignore. Et bon nombre de représentants des lobbies en question ont leurs ronds de serviette au 246 du Boulevard Saint Germain.

Le fait de mener des actions en justice n’exclut pas de continuer sur le terrain politique.

Nous avons adressé de nombreux courriers aux ministres Hulot et de Rugy. Monsieur Hulot nous a fait répondre (01/18) par sa « cheffe » de cabinet qu’il transmettait notre invitation à venir rencontrer la population locale… au Préfet de la Manche.

Seules nos lettres au Président de la République ont à chaque fois fait l’objet d’une réponse signée du Chef de cabinet, toujours la même : « Monsieur Macron vous remercie (…) il m’a chargé de transmettre à Mr de Rugy qui vous tiendra directement informé (…) » Notre Député B Sorre lui a également remis en mains propres une demande de rendez-vous de ma part. Restée lettre morte.

Les ADB ont adressé des dizaines de courriers à tous les présidents et ministres qui se sont succédé depuis 2010. Tous les présidents et tous les ministres nous ont répondu. Et nous avons eu parfois des échanges épistolaires fournis avec certains ministres de l’Écologie, comme par exemple Madame Kościusko-Morizet.                                                                                                                                             Le seul qui n’ait jamais daigné nous répondre est Monsieur de Rugy. Ce qui traduit à la perfection toute la considération que notre ruralité lui inspire. Ce mépris est très mal ressenti, à la fois par nos adhérents et par beaucoup d’élus locaux dont la grande majorité nous soutient.

Nous avons décidé de lui envoyer une demande un peu plus ferme, en lui rappelant les engagements de dialogue franc pris par le gouvernement auquel il appartient et auxquels il se soustrait. Nous n’excluons pas des actions plus musclées en cas de mutisme prolongé.

Comme vous pouvez le constater, notre détermination est intacte et inébranlable. Les ADB, comme l’immense majorité de la population locale et de ses élus, considèrent que la décision de supprimer les barrages et les lacs de la Sélune est inepte et largement prématurée. C’est pourquoi nous la combattrons par tous les moyens légaux dont nous disposerons, et jusqu’à épuisement de tous les recours possibles.

Bien à vous,

John KANIOWSKY

Rédigé par jojo

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article