Barrages du sud-Manche : leurs défenseurs dans l'attente d'une suspension des travaux d'arasement

Publié le 25 Avril 2019

Barrages du sud-Manche : leurs défenseurs dans l'attente d'une suspension des travaux d'arasement
Barrages du sud-Manche : leurs défenseurs dans l'attente d'une suspension des travaux d'arasement

Les ouvriers préparent le chantier en vue de l'arasement du barrage de Vezins et de la déconstruction d'un des bâtiments à l'arrière du barrage. Les pylônes électriques ont, quant à eux, été transportés par hélicoptère jeudi 17 avril 2019.

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Sans grande conviction, les Amis du Barrage espèrent obtenir du juge des référés du tribunal administratif de Caen (Calvados) la suspension des travaux du barrage du sud-Manche promis à l'arasement. Pourtant la préparation du chantier a débuté le lundi 1er avril 2019. Délibéré attendu vendredi 26 avril 2019.

Alors que les travaux de préparation au démantèlement du barrage de Vezins (sud-Manche) ont débuté le lundi 1er avril 2019, les Amis du Barrage avaient déposé un nouveau recours en référé-suspension contre le permis de démolir les barrages du sud-Manche, mercredi 3 avril 2019, devant le tribunal administratif de Caen (Calvados). L'audience a eu lieu le mardi 23 avril 2019 et le juge des référés du Tribunal administratif de Caen devrait "rendre sa décision ce vendredi 26 au plus tard", selon John Kaniowsky, président de l'association.

Urgence... ou pas ?

"Le juge n'ayant pas retenu le caractère d'urgence requis pour obtenir une suspension en référé, il avait donc, par son rejet, implicitement mais sciemment autorisé le début des travaux de démolition des structures de Vezins", explique-t-il. La justice s'est déjà prononcée à trois reprises depuis le début de l'année sur le dossier et notamment sur "l'urgence" de la suspension des travaux comme l'a toujours avancé Maître Cavalier, avocat des ADB. Jeudi 17 avril 2019, un hélicoptère de Réseau de transports d'électricité (RTE) a toutefois procédé à l'extraction des pylônes de cette ligne de 90 000 volts reliant la centrale de Vezins au poste électrique de Launay proche de Saint-Laurent-de-Terregatte. Rappelons que le tribunal administratif ne se prononcera "sur le fond" qu'en juin 2019, lors "d'une audience collégiale".

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Parmi les personnes présentes à l'audience mardi 23 avril 2019, les représentants du Préfet de la Manche se sont succédé à la barre "pour dire que les travaux de démolition n'ont pas encore été lancés. Donc pas d'urgence selon eux à suspendre les opérations", précise le président de l'association. Là encore, Gilles Berrée, chef de la Mission Barrages de la Sélune, a détaillé le calendrier des travaux d'arasement qui devront être terminés dans le courant de l'automne 2019.

"Pas trop de souci à se faire"

Pour les représentants de l'Etat, l'impact des barrages est, disent-ils, "transparent" en matière de risque d'inondation. De même, les conséquences liées à la production et à la consommation d'eau potable ont, dit-on, été "anticipées" depuis 2012. "Pourtant, on a toujours pas de réponse du président du SDeau à notre courrier du 4 avril 2019, déplore le président des ADB. Une non-réponse qui pose questions et inquiétudes. Mais une réponse poserait sans doute aussi des questions tout en générant des doutes quant à l'exactitude des renseignements fournis."

Pour les membres des Amis du Barrage, "(...) nos opposants ne devraient pas avoir trop de souci à se faire quant à la nature de la décision à intervenir vendredi prochain. Nous avions affaire au même juge, et c'est un juge unique. Il serait surprenant de le voir changer d'avis sur un dossier pour lequel il a dû subir beaucoup de pressions et sur lequel il s'est forgé une opinion conforme à la volonté de l'État, estime et soupçonne John Kaniowsky. Mais sait-on jamais ? (...) Le Conseil d'État statuera, quant à lui, sur notre pourvoi contre l'ordonnance de rejet de notre premier référé-suspension." 

 

Rédigé par jojo

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