Conseil : opposition à la démolition des barrages
Publié le 19 Mai 2019
Le conseil municipal s’est tenu jeudi 25 avril. Les élus ont voté une motion contre l’arasement des barrages. « La destruction des barrages de Vezins et de la Roche-qui-Boit méconnaît les dispositions du Code de l’environnement qui énoncent expressément que la gestion équilibrée doit permettre, en priorité, de satisfaire les exigences de la santé, de la salubrité publique, de la sécurité civile et de l’alimentation en eau potable de la population », liste le maire, Michel Gérard.
« La suppression du barrage de Vezins ne manquerait pas de provoquer de petites crues, récurrentes, quand bien même ce barrage et celui de la Roche-qui-Boit n’avaient pas le rôle principal de protection contre les crues centennales ou décennales. Les arrêtés pour l’arasement des deux barrages ont été pris sans qu’aucune étude sérieuse des risques liés aux inondations ait été entreprise, comme le confirme la mise en œuvre d’une procédure d’enquête publique seulement en février 2019. Le conseil décide de s’opposer à la démolition des barrages de Vezins et de la Roche-qui-Boit, dont le maintien est essentiel à la vie communale et à ses activités professionnelles. »
Pour bien clarifier les calendriers, il faut redire que cette délibération du Conseil municipal de POILLEY date du 25 avril 2019 mais reprend des positions exprimées depuis longtemps, avec ténacité , en particulier par cette commune .
Il est intéressant de faire le rapprochement avec ce que son Maire Michel GERARD avait écrit au Préfet et au Ministre en janvier 2018 au moment où des inondations avaient frappé plusieurs départements : ici, le barrage de Vezins avait bien rempli le rôle de régulation et protégé l'aval contre les inondations que les "petites crues" de la Sélune provoquaient tous les 2 ou 5 ans avant 1918.
Chaque fois qu'il est interrogé sur les conséquences qu'aurait le retour à cette situation et les dispositions qu'il prendrait pour remplacer la protection apportée par les barrages depuis un siècle, l'Etat répète que l'investissement avait été financé pour produire de l'électricité, pas pour réguler ni les étiages ni les crues , qu'il en est maintenant propriétaire et qu'il a vérifié que pour une crue centennale le barrage ne jouerait pratiquement aucun rôle. Pour les "petites crues", certes moins graves mais qui donnaient les inondations biennales ou quinquennales, on continue de s'appuyer sur des études sobrement qualifiées de "peu convaincantes" en mars 2015...
Faire comme si la conclusion (sans doute vraie) sur les crues centennales permettait de se dispenser d'investir pour éviter le retour aux inondations biennales du XIXème siècle mènerait à des tensions graves si une telle situation survenait dans les 2 ans ! Des comptes seraient forcément demandés, sur tous les plans : même simplement en termes économiques, chacun relèverait un très mauvais calcul de l'Etat qui aurait en 2019 cherché à s'éviter d'avoir à financer les renforcements nécessaires dans la basse vallée pour les habitations, commerces, exploitations agricoles,... Bien sûr une réévaluation impliquera de compléter le financement mis en place, de cesser de dire "pas d'impact sur le risque d'inondation", de prendre quelques semestres, avec - danger ou opportunité? - la possibilité que les cartes soient redistribuées ! Mais ne vaut-il pas mieux entendre les signaux d'alerte aujourd'hui plutôt qu'après des inondations?
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