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Publié le 2 Juin 2019
Le 1er juin, les tarifs d’électricité vont augmenter de 5,9 %, la 10e hausse en 10 ans. Une étude de l'Insee montre que depuis 1960, l’électricité a pris une part de plus en plus importante dans le budget des ménages.
Le tarif réglementé d’électricité, appliqué par EDF à environ 25 millions de foyers, augmente de 5,9 % à partir du 1er juin 2019. Le gouvernement a récemment manifesté son intention de modifier le mode de calcul des tarifs l’an prochain. Mercredi, le ministre de la Transition Écologique François de Rugy a estimé que la hausse des tarifs de l’électricité prévue ce samedi était notamment due à la dérive des coûts de production d’EDF ces dernières années.
Une étude de l'Insee parue en avril montre l’évolution de l’impact du prix de l’électricité pour les ménages de 1960 à 2016. En 2016, la consommation d’électricité des ménages s’est établie à 28 milliards d’euros, soit une consommation physique de 161 TWh.
Cette dépense a représenté 2,3 % du budget de la consommation des ménages, soit 960 € en moyenne par ménage et par an. Depuis 1960, la dépense des ménages en électricité a progressé en valeur de 9,0 % en moyenne par an, contre 7,3 % pour l’ensemble de leur consommation.
En hausse depuis 2007
Voici les courbes de progression des prix à la consommation des ménages (indice des prix des produits, à qualité constante) et du prix de l’électricité :
De 1960 à 1973, les tarifs de l’électricité augmentent en moyenne de 1 % par an, tandis que les prix à la consommation augmentent plus rapidement, de 4,8 % en moyenne par an. Le choc de pétrolier de 1973 vient affoler les prix : la hausse des coûts des énergies fossiles fait monter les tarifs de l’électricité et des prix à la consommation. De 1986 à 2007, en raison du moindre coût de l’électricité nucléaire et de sa déconnexion des cours des hydrocarbures, la hausse du prix de l’électricité reste très modérée : + 2,7 %.
Taxes et prélèvements
Depuis 2008, le prix de l’électricité augmente plus rapidement que l’inflation : + 4,3 % par an en moyenne contre + 0,5 %. L'Insee explique cette hausse par une forte augmentation des taxes et prélèvements sur cette période, avec notamment le quintuplement de la Contribution au service public de l’électricité (CSPE).
Si les prix de l’électricité en France restent sous la moyenne européenne, ils ont néanmoins augmenté de 50 % depuis 2007. La hausse du 1er juin est la 12e depuis 2008, et la plus forte en pourcentage :
L'Insee évalue que l’augmentation de 50 % du coût de l’électricité entraîne de surcroît une augmentation de l’ensemble des prix à la consommation de l’ordre de 1,5 %.
Le gouvernement et EDF se renvoient la balle pour expliquer cette hausse. Pour le ministre de la Transition écologique François de Rugy, « les coûts de production de l’électricité en France ont dérivé depuis des années ». Pour le PDG d’EDF, Jean-Bernard Lévy, « on taxe l’énergie beaucoup ».
La part des taxes et prélèvements dans le prix total de l’électricité en France est en effet passée de 26 % en 2010 à 35 % en 2016. Une tendance que l’on retrouve dans l’ensemble des pays de l’Union européenne, où la part des taxes augmente de 28 % en 2010 à 36 % en 2016.
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