John KANIOWSKY: communique

Publié le 16 Juin 2019

 

Bonjour,

Comme vous le savez, la démolition des structures du barrages de Vezins et des bâtiments attenants est en cours.  Les opérations ont commencé séance tenante, dès que l’assec a été atteint, et sans attendre que le Tribunal ne se soit prononcé sur le fond de ce dossier dont tout le monde s’accorde à dire qu’il est à la fois complexe et controversé.

C’est vous dire l’empressement de la coalition anti barrages à ne pas attendre qu’un avis définitif ne soit arrêté.

Comme vous le savez aussi, notre référé-suspension contre l’arrêté préfectoral du 29 Octobre 2018 a fait l’objet d’une ordonnance de rejet début Mars ; ce qui a autorisé le début de ces travaux délétères.

Certaines irrégularités de procédures ont pourtant été constatées, ainsi que des manquements aux règles de sécurité les plus élémentaires. Ainsi, les barrières empêchant l’accès à la base du barrage sont restées ouvertes tout un weekend. Plusieurs dizaines de personnes sont descendues, y compris avec des enfants en bas âge qui jouaient au bord de l’eau. D’autres seront convoquées devant le Tribunal de police parce que les gendarmes les ont pris sur le fait.

Malheureusement, nos avocats n’ont pas encore réussi à introduire des recours qui permettraient de faire stopper, temporairement au moins, ce chantier dont l’issue apocalyptique redoutée a plongé la population locale dans la torpeur. Un état d’engourdissement et de semi conscience provisoire dont la sortie pourrait être lourde de conséquences pour une poignée d’individus peu scrupuleux.

Nous avons fait dresser un constat d’huissier le 23 Mai dernier qui, entre autres, a pointé le non-respect du phasage des travaux édicté par l’arrêté préfectoral, dont le Commandant de la Gendarmerie de la Manche est chargé de la bonne exécution.  J’ai, non sans quelques réticences, déposé une main courante à la gendarmerie d’AVRANCHES.

Nous sommes toujours dans l’attente d’une date d’audience pour un examen de l’affaire par le Tribunal administratif de CAEN, qui doit pourtant se tenir dans le courant de ce mois de Juin.

Nous attendons aussi l’avis du Conseil d’Etat sur notre pourvoi en cassation contre l’ordonnance de rejet de notre référé-suspension.

Sans oublier le dossier qui concerne le barrage de la Roche Qui Boit. Nous venons de recevoir le mémoire en défense d’EDF pour cette affaire.

Les Amis du Barrage sont toujours sur le pont. N’en doutez pas !

Les travaux de « déconstruction » du barrage de Vezins ont été confiés à une entreprise de démolition. Les précautions sémantiques préfectorales ont vite laissé place à la volonté désormais affichée de tout faire disparaître. Liquidation totale !  Et jusqu’au moindre indice capable de rappeler un souvenir. L’opération a vite tourné au saccage. Destruction sans ménagement de la maison « des directeurs », pourtant dotée d’un certain charme des années vingt / trente, et de son légendaire rhododendron, puis de l’usine et de la fresque de Dan Méaux qui ornait un des pignons intérieurs du bâtiment.

La commune d’Isigny-le-Buat avait manifesté sa volonté de conserver le bâtiment qui abritait les bureaux d’EDF pour l’euro symbolique, comme proposé par un responsable de la DDTM le 14 Janvier lors d’une réunion à la sous-préfecture. Le même responsable s’est ravisé et à fait estimer la bâtisse par les Domaines à … 30.000 Euros. Elle sera donc démolie. Un réflexe stupide d’un fonctionnaire zélé qui n’aura d’autre conséquence que de gonfler la facture.

Cette mandature semblait pourtant être très orientée culture et patrimoine… Eh bien pas chez nous.

Autant les pouvoirs publics sont allés très vite en besogne pour mettre en œuvre leur funeste projet qu’ils sont toujours muets quant aux conséquences de cette décision inepte.

L’avenir de la vallée sera confié aux bons soins de la Communauté Avranches-Mont-Saint-Michel dès que l’Etat en aura terminé avec la destruction des barrages, si toutefois personne ne l’empêche de mener l’opération à son terme.

Apparemment, rien n’est prévu pour financer la « renaturation », pas plus que les sentiers de randonnée pédestre, équestre, les ponts, les passerelles, la « tyrolienne dans les arbres », les relais pour canoës/kayaks etc. On ne sait pas plus qui financera l’entretien de toutes ces structures.

Rien n’est prévu non plus pour gérer les risques d’inondation, sauf un PPRI toujours en cours d’adoption et une alarme « vigicrue » qui avertira les gens quand ils devront évacuer leurs maisons.

On ne nous dit toujours pas comment sera fabriquée l’électricité qui alimentera nos véhicules achetés sous l’influence d’une propagande étatique initiée par ce bon Monsieur Hulot. Sans doute par des centrales à charbon, histoire de déplacer la pollution vers la campagne.

Et la cerise sur le gâteau : une pollution majeure et récurrente de la Sélune aval et de la Baie du Mt St Michel. La quantité phénoménale de sédiments accumulés dans les retenues, (en particulier dans le lac de la Roche Qui Boit depuis les deux vidanges successives de Vezins) se déversera irrémédiablement dans la vallée, au fil des crues et des décrues, pendant de nombreuses années…

Les élus qui ont demandé la suppression des barrages n’ont toujours pas donné d’explication quant à leur changement de cap inattendu et tellement mal ressenti. Sans doute des questions d’intérêts et de cuisine politique locale qui nous échappent. « C’est pas nous, c’est l’Etat ! » Ils semblent complètement dépassés par les évènements.

Non contents de ne pas prendre leurs responsabilités, certains d’entre eux ne les assumeront pas. Elles pourront pourtant être recherchées même après la fin de leurs mandats respectifs.

Je voudrais remercier la grande majorité de nos élus qui nous soutiennent encore contre vents et marées, les personnalités connues et moins connues qui nous aident, et en particulier Monsieur PINEL qui s’est associé à tous nos recours. Je suis très sensible aux nombreux messages de soutien et d’encouragement que vous nous adressez.

Soyez assurés que nous irons jusqu’au bout de tout ce qui pourra être fait pour conserver tout ce qui pourra l’être.

Bien cordialement,

John KANIOWSKY

Rédigé par jojo

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