Pesticides. Des appels à multiplier les arrêtés locaux et à « submerger » la consultation
Publié le 12 Septembre 2019
Des élus et militants associatifs ont appelé, mardi 10 septembre, les maires de France à multiplier les arrêtés anti-pesticides et à « submerger » la consultation en ligne lancée par le gouvernement sur les distances d’épandage.
« Il faut submerger les tribunaux administratifs » en prenant des arrêtés anti-pesticides contre lesquels les préfets déposent des recours, a lancé Christian Métairie, maire EELV d’Arcueil, ce mardi 10 septembre, lors d’une conférence de presse. Lui, qui a récemment pris un tel arrêté dans sa commune du Val-de-Marne, était au côté du maire de Langouët (Ille-et-Vilaine) Daniel Cueff, le premier à avoir interdit l’utilisation de produits phyto-pharmaceutiques à moins de 150 mètres d’habitations. L’arrêté a été suspendu par la justice administrative.
Brigitte Raynaud, maire de Revest-des-Brousses, petite commune des Alpes-de-Haute-Provence, qui a également pris un arrêté, a appelé à « prendre un virage et à le prendre tous ensemble » en multipliant de telles mesures. « Nous menons une cause juste, notre arrêté n’est pas illégal, nous appliquons le principe de précaution ».
« Un vrai mouvement de fond »
Clothilde Ollier, maire de Murles, commune de 320 habitants proche de Montpellier, qui a pris une décision similaire, a souhaité voir se développer « un vrai mouvement de fond », appelant les habitants à interpeller leurs élus locaux pour qu’ils prennent eux aussi des arrêtés anti-pesticides.
L’eurodéputée écologiste Michèle Rivasi a souhaité voir se former « un véritable phénomène politique pour protéger la population », estimant que le décret mis en consultation par le gouvernement sur les distances minimales (5 à 10 mètres) à respecter entre habitations et zones d’épandage de pesticides « ne répond absolument pas aux enjeux ». Elle a dénoncé « les lobbies très forts de l’industrie et de la FNSEA » qui ont selon elle pesé. Delphine Batho, ancienne ministre de l’Environnement et députée Génération Écologie, a elle aussi souhaité « que les arrêtés se multiplient ».
52 communes ont pris des arrêtés
Selon les organisateurs, un total de 52 communes en France ont pris des arrêtés anti-pesticides et le Conseil départemental du Val-de-Marne a annoncé mardi avoir pris un arrêté pour bannir l’usage de produits phytopharmaceutiques contenant du glyphosate dans le département.
Alors que le projet de décret gouvernemental fait l’objet d’une consultation en ligne de trois semaines ouverte à tous, Julien Bayou, porte-parole d’EELV a appelé à « submerger la consultation en ligne » de commentaires réclamant un durcissement des mesures prévues. Il a annoncé la mise en ligne d’un « outil d’aide pour faciliter et multiplier les argumentaires » (consultationpesticides.fr).
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