Vezins. Deux pro-barrages devant la justice
Publié le 10 Décembre 2019
Louis Desloges est de nouveau convoqué devant le tribunal pour avoir pénétré dans l'enceinte du chantier du barrage de Vezins en mai dernier.
- Richard ZampaLouis Desloges et Victor Anfray, deux défenseurs des barrages du sud-Manche, sont convoqués à comparaître devant le tribunal de police de Coutances, lundi 16 décembre pour violation de l'interdiction de pénétrer sur le chantier du barrage de Vezins (sud-Manche).
À leur grande surprise, Louis Desloges et Victor Anfray, deux défenseurs des barrages du sud-Manche et membres de l'association Les Amis du barrage, se sont tout récemment vu remettre, par un huissier de justice, une assignation à comparaître devant le tribunal de police de Coutances, le lundi 16 décembre, en début d'après-midi.
Le motif ? Il leur est reproché de ne pas avoir respecté l'arrêté en date du 11 avril 2018, "interdisant la circulation et la pénétration dans l'emprise de la retenue de Vezins pendant les travaux (...)". Ils seront donc jugés sur ces faits, que les deux hommes ne contestent pas.
Seulement, Louis Desloges, "écœuré", précise "qu'il n'y avait aucun panneau (leur) interdisant d'être là. On observait juste les travaux qui se trouvaient à 100 m du côté de Saint-Laurent-de-Terregatte. En plus, il faisait beau, on s'est assis sur une botte de terre et on n'a rien fait de mal."
Il explique tout simplement que ce fameux 23 mai 2019, le jour où l'infraction a été constatée, visiblement à distance par les gendarmes de la brigade de Saint-Hilaire-du-Harcouët, il "voulait savoir ce que les ouvriers du chantier faisaient dans le fond du lac. On voyait mieux de ce côté-là, un secteur que je connais tout particulièrement." Les ouvriers s'affairaient à ce moment à la préparation du percement du barrage.
Invité à l'époque à se présenter à la brigade de Saint-Hilaire-du-Harcouët, Louis Desloges refusa, proposant aux gendarmes de venir plutôt à son domicile. De son côté, Victor Anfray s'est rendu à la convocation des autorités, mais il n'a pas signé le procès-verbal.
Ainsi, sept mois plus tard, les deux hommes se retrouveront à la barre du tribunal de police de Coutances pour y être jugés. "C'est franchement ridicule. On n'a rien fait de grave. Pour moi, c'est de l'acharnement", estime-t-il.
Par le passé, Louis Desloges et l'un de ses camarades avaient déjà été convoqués, cette fois au tribunal de police d'Avranches, par le procureur de la République du tribunal de grande instance de Coutances, après avoir pénétré sans autorisation dans l'enceinte du barrage de Vezins.
Le 9 mai 2019, le juge les avait condamnés chacun à 300 €, ainsi qu'à 31 € de frais de justice, pour s'être enchaînés à la passerelle du barrage de Vezins.
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