Le Scandale du siècle

Publié le 22 Août 2020

Le  Scandale du siècle

 

 

Comment ne pas être sidéré, dans ces conditions, utiliser l’argent des contribuables pour réaliser un projet très coûteux de suppression de  barrages serait un détournement de  fonds publics, encore plus incompréhensible dans la situation financière critique, pour ne pas dire désastreuse, qui est actuellement celle de la France.

 

Pas besoin de rappeler, qu’à cette décision scandaleuse d’arasement du barrage de la Roche qui Boit s’ajoute la perte, d’une production électrique loin d’être négligeable, d’une retenue d’eau douce ,relativement importante pour faire face aux effets du dérèglement climatique annoncé et leurs conséquences vitales pour l’homme, mais aussi  une part importante dans la sécurité des personnes et des biens en aval de l’ouvrage.

 

Le barrage de La Roche qui boit est en parfait état, pour preuve, le 4 décembre 2004  EDF faisait la demande d’une concession pour les deux barrages, d’une durée 40 années, à compter de 2007.La conservation des barrages souhaitée par EDF était deux nouvelles concessions de 40 années soit 80 ans .(SEPIA Conseils Phase 3 page 11)

 

Le barrage de la Roche qui boit est une œuvre modèle et novatrice de l’ingénieur Albert CAQUOT  considéré, comme  l’a rappelé en 1997 le président de la République comme l’un des plus grands ingénieurs du 20em siècle.

 

 Albert Caquot  1881-1976 Savant, soldat et bâtisseur, tel est le titre du livre de Jean KERISEL retraçant l’œuvre complète d’Albert CAQUOT.

 

 Le soldat constructeur aéronautique, un passage important et trop méconnu de la vie d’Albert CAQUOT.

« Son service militaire se déroule en 1901-1902 comme sous-lieutenant au bataillon de sapeurs aérostiers du 1er régiment du Génie.

 

Le 1er aout 1914 Albert Caquot est mobilisé comme capitaine commandant la 21eme compagnie d’aérostiers, ensuite, par décret fut nommé chef de bataillon Cette promotion est accompagnée du commentaire suivant : « Cette promotion est la récompense bien méritée des remarquables travaux de cet officier qui a fait faire depuis deux ans au matériel de ballons captifs les progrès les plus considérables qu’il ait vus depuis sa création. » 

 

Quelques mois plus tard, en pleine guerre, CLEMENCEAU devenu depuis peu chef du Gouvernement nomma Albert CAQUOT comme directeur de la Section technique de l’aéronautique militaire, ce réserviste âgé de 36 ans. » 

 

En homme de devoir, dévoué, acharné pour sa patrie Albert CAQUOT accepta cette tache difficile  en responsabilité à un moment très critique de la guerre en cours.

 

L’aviation militaire est fragilisée avec un matériel insuffisant, mal préparé, des efforts dispersés.

 

Le rôle de la section technique de l’aéronautique a été considérable elle a énormément travaillé et vaincu de nombreuses difficultés techniques. En début de guerre, l’importance de la flotte de l’aviation militaire allemande, dominait avec des avions moins lourds, donc, pour les bombardiers, plus performant en charge, l’objectif pour la France était, coûte que coûte, d’inverser la situation 

 

Déjà connu comme un génie, Albert CAQUOT a immédiatement obtenu la collaboration  dévouée des  avionneurs, les a guidés, stimulés avec des moyens limités, en donnant à notre armée les outils de la victoire.

  Pour la campagne de 1918, l’armée de l’air avait largement acquis la maîtrise de l’air.

 

« En 1914  les premiers moteurs à refroidissement par eau pesaient en moyenne 2kg par cheval. En 1917, les moteurs surcomprimés de 180CV pèsent de 0,84 à 1,5Kg par cheval, et, en 1918 avec les moteurs de 300 CV et plus, les poids ne sont plus que 0,8  à 0,9kg pour les moteurs destinés aux avions de  chasse. Avant l’armistice, après  quatre ans de guerre, les avionneurs livraient chaque jour prés de 100 avions fabriqués en série, pendant qu’ils construisaient et essayaient plus de 60 prototypes d’avions nouveaux. »

       (A.Erévé , La victoire des cocardes, Robert Laffont 1970 p 264 préface d’Albert Caquot)

 

Dans un parfait désintéressement, en proposant un nouveau moteur aux avionneurs, Albert CAQUOT a fait don à la France  de tout son savoir, en particulier, dans le domaine de la résistance des matériaux, mais aussi de ses nombreux brevets.

 

 

La Roche qui Boit œuvre d’Albert CAQUOT est le premier barrage de ce type en Europe est un patrimoine, industriel, opérationnel et environnemental qui ne doit pas être détruit et qui devrait au contraire faire l’objet d’une protection et d’une reconnaissance envers l’homme, au titre des monuments historiques.

  Etrange coïncidence mais pas seulement, en 1918 alors qu’Albert CAQUOT participait pour une très large part à la victoire finale ,se construisait à La Roche qui Boit un barrage, d’un type nouveau, conçu par le directeur de la section technique de l’aéronautique  militaire de la France.

 

Pour l’histoire, il serait peut- être temps que les décideurs de l’arasement prennent conscience de la valeur morale de leur projet. 

 

 J-L VARINOT

Rédigé par jojo

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