Défenseurs des barrages près de Ducey et d’Isigny-le-Buat. « On est toujours mobilisés », John Kaniowsky
Publié le 6 Septembre 2020
L'association de défense des amis du barrage de la Roche-qui-Boit est loin de songer à sa dissolution. Elle explique les combats qui l'attendent.
Avec l’arasement du barrage de Vezins, près d’Isigny-le-Buat (Manche) on pourrait croire la page tournée pour l’association Les Amis du barrage, mais John Kaniowsky l’assure, il ne sera pas le président de sa dissolution.
Pour lui, le combat continue. Pour rappel, le référé qui visait à suspendre les opérations de démolition, en attendant que le tribunal administratif de Caen statue sur le fond, avait été rejeté une première fois.
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Les Amis du barrage avaient donc procédé à un autre recours. Rejeté également. La saisine du Conseil d’État qui a suivi n’a rien donné. Après le tribunal administratif de Caen, l’association a saisi la cour administrative d’appel de Nantes. Et la réponse se fait toujours attendre, presque un an plus tard.
John Kaniowsky n’a qu’une raison d’espérer :
« Apparemment, ce n’est pas impossible qu’une cour administrative n’aille pas dans le sens du tribunal administratif. C’est même de plus en plus courant. Cela dit, je ne me fais pas d’illusions, ce serait trop lourd de conséquences. Ce ne serait clairement pas raisonnable. Détruire pour trois millions d’euros et reconstruire pour combien ? »
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Pour le président, les dés sont jetés. Alors oui, le combat continue, mais après que deviendront donc les Amis du barrage après cela ? Si le barrage de Vezins est déjà cassé, celui de La Roche-qui-boit ne l’est pas encore.
Une piste s’offre à l’association, selon son président. Lors de son conseil municipal, le 24 juin, la municipalité de Ducey-Les-Chéris a demandé au sous-préfet de racheter le rempart de la Roche-qui-Boit pour 1 € symbolique.
Elle redoute le retour d’inondations fréquentes des quartiers bas de Ducey-Les-Chéris, des situations qui peuvent conduire à réduire ou polluer les ressources en eau. « Le rempart serait une infrastructure de protection contre les sécheresses, les crues biennales », explique en substance, la municipalité.
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« Je pense qu’il faut constituer un dossier sérieux et proposer le rachat à la ministre de la Transition écologique, Barbara Pompili », vise John Kaniowsky, qui entend déployer ses forces dans cette ultime bataille.
« S’il faut reconnaître que nous n’avions pas totalement raison et que l’argument de nos opposants à propos de la continuité écologique est valable pour l’arasement du barrage de Vezins, pour la Roche-qui-Boit, c’est différent. »
Enfin, quand bien même le barrage serait arasé, l’association ne serait pas dissoute pour autant.
« Il y a des promesses faites par l’État pour rendre le barrage en bon état et de la part de l’agglomération, pour nettoyer, aménager, entretenir. Nous veillerons à ce qu’elles soient tenues. »
Et de sous-entendre qu’il n’y a pas de temps à perdre : « La nature a déjà vite repris ses droits, avec des plantes indésirables qui poussent ».
Enfin, les projets qui ont été imaginés n’ont jamais été chiffrés. Pourquoi ? Parce qu’on ne va pas trouver miraculeusement l’argent pour les financer et que l’arasement des barrages n’est pas vital, comparé à d’autres problématiques que doit gérer l’agglo, comme l’abattoir.
Les Amis du barrage n’ont pas fini d’être vigilants…
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