Climat. L’Europe va-t-elle taxer la finance ?
Publié le 8 Octobre 2020
Pour répondre à la crise économique, liée au Covid, et climatique, le Parlement européen mise sur les 50 milliards de la Taxe sur les transactions financières. Reste à convaincre les dirigeants…
Cette semaine, le Parlement européen a du pain sur la planche, à Bruxelles, plutôt qu’à Strasbourg, Covid oblige. Les élus doivent adopter la loi climat, qui encadrera juridiquement le Pacte vert. Elle imposera à l’Union européenne l’obligation légale de devenir neutre sur le plan climatique d’ici à 2050. Les débats ont lieu mardi 6 octobre, le vote mercredi 7 octobre.
L’issue ne fait pas de doutes. L’UE devrait se doter de sa loi climat. Mais l’argent sera-t-il suffisant pour financer cette transition écologique et énergétique qui nécessitera des centaines de milliards d’euros ? De l’argent, il y en a, mais il s’agit surtout d’emprunts, qu’il faudra bien rembourser un jour
, annonce l’économiste et eurodéputé français Pierre Larrouturou.
En septembre, les parlementaires ont aussi adopté un petit paquet de mesures pour trouver des ressources propres à l’Union européenne. Aussi, la Taxe sur les transactions financières fait son grand retour. En son temps, 2011, déjà, elle était chère à un autre député français, de droite, Alain Lamassoure. Le budget de l’UE repose à 75 % sur une somme globale versée par les États
, disait-il à l’époque. Une taxe sur la finance permettrait de dégager cinquante milliards d’euros.
Quels moyens ?
Cette somme est désormais sur la table des chefs d’États, attendus pour un sommet historique les 15 et 16 octobre. Ils devront à la fois voter la nouvelle ambition climatique de l’Union, et aussi les moyens de l’obtenir avec le plan de relance, le budget pluriannuel qui financera les prochaines politiques sur sept années. Le Parlement européen obtiendra-t-il ses 50 milliards ?
Ça ne semble pas parti pour. Pierre Larrouturou dénonce le manque d’ambition de la France, voire son double discours, avec une Taxe sur les transactions financières minorée ; Bercy répond qu’il existe des pays pire
. Sur 27 États membres, dix-sept y étaient encore opposés avant la crise du Covid.
Le Parlement européen a engagé un bras de fer avec le Conseil. Il ne reste plus que quelques jours pour convaincre les dirigeants…
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