Entre Lac et Mer ELM a lancé cette pétition adressée à Barbara Pompili (Député de la 2ème circonscription de la Somme)
Publié le 20 Novembre 2020
La vallée de la Sélune fait face à une échéance majeure : la Cour d’Appel de Nantes vient de rejeter les recours engagés par les ADB et Bernard Pinel contre les arrêtés préfectoraux autorisant la suppression des barrages hydroélectriques. Cette décision va sans doute être déférée au Conseil d’Etat mais l’Etat propriétaire de l’aménagement de Vezins l’a déjà détruit en 2019 et s’apprête à faire démolir par EDF les installations de la Roche qui Boit, comme le prévoit le « permis de démolir » du 21 septembre 2020. Ce dernier sera-t-il suspendu ? modifié ? exécuté ?
Si ce schéma n’est pas corrigé ou gelé, les préjudices ne seront plus seulement pour les riverains du grand lac : rien n’est fait aujourd’hui pour réduire ou compenser les conséquences de la suppression de Vezins sur les habitations, activités, équipements publics et privés, …, situés à l’aval, entre Vezins et l’estuaire. Sans même développer les enjeux que représente le lac de la Roche qui Boit comme habitat de la loutre d’Europe, le retour sans contre mesures à la situation d’avant la création du barrage de Vezins serait destructeur pour la basse vallée : suppression de la réserve d’eau et du soutien d’étiage mais aussi disparition de la fonction de prévention des inondations que provoquaient avant 1920 les « petites crues » qui revenaient tous les deux ou cinq ans.
Par exemple, on agit comme si le fait que la suppression de Vezins serait sans incidence sur les conséquences des « crues centennales » (ce qui est vrai) entrainait qu’il n’y aurait pas d’aggravation des inondations biennales ou quinquennales (ce qui est simplement faux) et donc pas de contremesures préventives à intégrer au planning et au budget de l’Etat pour l’arasement de l’aménagement dont il est propriétaire. Tout au plus concède-t-on que si quelque chose est nécessaire pour renforcer la résilience de la basse vallée , la responsabilité et le financement en incomberaient à l’intercommunalité en charge de la compétence GEMAPI !!!
Il est donc urgent que l’Etat engage les actions de compensation qui lui incombent suite à la destruction de Vezins en 2019, la pire des solutions étant d’attendre les prochaines inondations, peut-être au printemps 2021 ou 2022.
Dans ce cadre, l’aménagement de la Roche qui Boit peut devenir une «infrastracture de protection ». Une solution est sa reprise par une « société d’économie mixte » comme proposé dans des délibérations récentes de 3 conseils municipaux situés à l’aval.
On voit bien les risques entrainés par la poursuite du schéma actuel de suppression de la Roche-qui-Boit par EDF : sans une prise de position claire du gouvernement ni mise en œuvre immédiate des contremesures correspondant à l’arasement de Vezins par l’Etat, des inondations biennales ou quinquennales se produisant dans les deux ou cinq ans qui viennent auront des conséquences désastreuses à tous points de vue, aggravées par la confusion des responsabilités entre EDF, l’Etat et les collectivités.
Dans ces conditions, la présente pétition demande le gel ou l’annulation du « permis de démolir» du 21 septembre 2020, indépendamment du sort que réservera le Conseil d’Etat à la demande de révision de l’arrêt du 23 octobre 2020 de la Cour d’Appel de Nantes.
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