Aux États-Unis, un tiers des poissons mal étiqueté
Publié le 25 Février 2013
Encore une fraude à l'étiquetage. Cette fois, elle concerne les poissons vendus dans les magasins et restaurants américains.
Selon l'ONG Oceana, qui a analysé 1 215 échantillons dans 674 points de vente de 21 États, un tiers des poissons vendus dans le pays ne correspondent pas à ce qui est annoncé sur l'emballage. Du tilapia la place du rouget, du pangasius à la place de la sole, du saumon d'élevage à la place du saumon sauvage... Les restaurants de sushis sont les plus mauvais élèves, avec des fraudes constatées dans 74 % des cas. Viennent ensuite les autres restaurants (38 %) puis les magasins d'alimentation (18 %).
Et, plus le poisson est cher, plus il y a d'erreur. Le vivaneau (espèces des mers chaudes) est mal étiqueté dans 87 % des cas ; le thon six fois sur dix... Guère mieux pour les morues, bars et flétans du Chili : entre 19 % et 38 % d'étiquettes erronées. Plus préoccupant encore, des poissons déconseillés aux femmes enceintes en raison de leur teneur élevée en mercure ont été retrouvés sous une autre appellation. Idem pour le thon blanc qui, dans 84 % des cas, s'est avéré être de l'escolier, une espèce pouvant entraîner de graves troubles digestifs.
Qui est le responsable ? Mystère. Le nombre d'intermédiaires (pêcheurs, grossistes, détaillants, commerçants...) et la quasi-absence de contrôle ¯ 2 % sur l'ensemble des produits de la mer ¯ brouillent les pistes.
Des précédents
Aucune enquête comparable n'a été menée en Europe. Mais, rappelle le journal Le Monde dans son édition d'hier, une étude publiée dans la revue Fish and Fisheries en 2011 a révélé que 28 % du cabillaud vendu en Irlande était mal étiqueté. La morue était bien souvent du merlan, du lieu jaune ou du lieu noir. Toujours selon cette étude, du merlu d'Afrique a été vendu au prix de celui d'Europe ou d'Amérique. C'est-à-dire deux fois plus cher.
En France
On ne parle pas étiquetage mais alimentation. Le retour des farines de porc et de volailles (protéines transformées) pour nourrir les poissons d'élevage vient d'être autorisé par la Commission européenne, à partir du 1er juin. François Hollande a assuré, samedi, que la France ne réintroduirait pas ces farines. « La France a voté contre et la France n'introduira pas ces protéines animales pour ce qui la concerne, indique le Président. Et donc, nous pourrons continuer à nourrir les poissons de manière traditionnelle. » Seul hic : la France importe 80 % de sa consommation de poisson.
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