Barrages du sud-Manche : 800 emplois menacés
Publié le 26 Mai 2010
Article publié le 8 mai 2010 dans La Manche Libre :
Barrages du sud-Manche : 800 emplois menacés
Le sort des barrages de Vezins et de La Roche qui Boit dans le sud-Manche est-il scellé ? Sur place, on ne veut pas y croire.
Seule une minorité de pêcheurs de saumons se déclare favorable à la destruction des barrages hydroélectriques de Vezins et de La Roche qui Boit, sur la Sélune. La majorité de la population et des élus locaux sont contre ! Animée de longue date par cette conviction, Jocelyne Marquer, présidente de l'association des Amis du Barrage de Vezins, reste bien décidée à empêcher la disparition de ces deux ouvrages. Sa détermination et celle des opposants locaux à ce projet n'ont pas été affaiblies par la décision, annoncée le 13 novembre 2009 par Chantal Jouanno, secrétaire d'Etat à l'Ecologie, de ne pas renouveler la concession dont bénéficiait jusqu'alors EDF, en dépit de la demande qui en avait été faite. 'Le décret qui autorise l'arasement des deux barrages n'est pas encore signé par Jean-Louis Borloo, le ministre de l'Ecologie car il faut encore consulter les associations. Nous n'avons donc pas encore perdu la partie, estime Jocelyne Marquer.
La baie envasée
Les raisons qui poussent ces opposants à vouloir conserver les barrages ? Localement, ces derniers sont deux puissantes locomotives économiques, en raison des activités touristiques qui gravitent autour d’eux. Ainsi, 800 personnes environ vivent directement et indirectement de la présence des deux lacs de retenue, d’une superficie totale de 200 hectares. “Les parcs de loisirs aménagés sur place attirent les touristes et chaque année”, ajoute Jocelyne Marquer, “les plans d’eau sont fréquentés par 2 800 pêcheurs, ce qui fait marcher le commerce local”. Les défenseurs des barrages relèvent aussi que les boues présentes dans les lacs de retenue ne seraient pas enlevées pour des raisons d’économie. “Alors, il existe un risque qu’elles se retrouvent dans la baie du Mont-Saint-Michel, où se jette la Sélune, et l’envasent. C’est d’autant plus probable que sept années sont nécessaires pour que ces boues se stabilisent et restent au fond.”
Arasement en 2013
Les amis du barrage dénoncent encore le coût de l’opération, 290 millions d’euros selon eux, et regrettent la perte d’une source d’énergie renouvelable, alors que les deux ouvrages sont en bon état en dépit de leurs âges, 80 et 90 ans. Président de la Commission locale de l’eau (CLE) au sein du Schéma d’aménagement et de gestion de l’eau (SAGE) de la Sélune, Michel Thoury se félicite, lui, de la décision de Chantal Jouanno. “Elle suit l’avis de la CLE de 2005, favorable à l’arasement des barrages en 2013 lors de la prochaine vidange.” Une position expliquée par l’impact des barrages sur la qualité de l’eau et des milieux aquatiques. Mais pas seulement : “Le saumon est une espèce en voie de disparition en Europe, la Sélune contribuera à son maintien. De même pour les lamproies marine et fluviatile, l’anguille, la truite de mer. Ces quatre espèces sont menacées : l’enjeu est donc majeur.” Face à cela, l’argument de l’énergie renouvelable ne tient pas à ses yeux : “Ces barrages répondaient à un besoin énergétique local lors de leur construction. Leur suppression est maintenant d’intérêt écologique national voire international.” S’il comprend la crainte des opposants à l’arasement, Michel Thoury veut les rassurer : “Il suffit de regarder quelques cartes postales anciennes pour imaginer ce que pourra être la vallée bientôt. La suppression des barrages n’est pas une fin mais un commencement.” Le préfet de la Manche annonce pour cet été le lancement d’une étude “lourde” (d’un coût de 200 000 €) à propos de la reconversion de la zone affectée par l’arasement des barrages. Avec deux volets : le tourisme en relation avec le milieu aquatique et les autres activités économiques.
Fabrice Constensoux
La baie envasée
Les raisons qui poussent ces opposants à vouloir conserver les barrages ? Localement, ces derniers sont deux puissantes locomotives économiques, en raison des activités touristiques qui gravitent autour d’eux. Ainsi, 800 personnes environ vivent directement et indirectement de la présence des deux lacs de retenue, d’une superficie totale de 200 hectares. “Les parcs de loisirs aménagés sur place attirent les touristes et chaque année”, ajoute Jocelyne Marquer, “les plans d’eau sont fréquentés par 2 800 pêcheurs, ce qui fait marcher le commerce local”. Les défenseurs des barrages relèvent aussi que les boues présentes dans les lacs de retenue ne seraient pas enlevées pour des raisons d’économie. “Alors, il existe un risque qu’elles se retrouvent dans la baie du Mont-Saint-Michel, où se jette la Sélune, et l’envasent. C’est d’autant plus probable que sept années sont nécessaires pour que ces boues se stabilisent et restent au fond.”
Arasement en 2013
Les amis du barrage dénoncent encore le coût de l’opération, 290 millions d’euros selon eux, et regrettent la perte d’une source d’énergie renouvelable, alors que les deux ouvrages sont en bon état en dépit de leurs âges, 80 et 90 ans. Président de la Commission locale de l’eau (CLE) au sein du Schéma d’aménagement et de gestion de l’eau (SAGE) de la Sélune, Michel Thoury se félicite, lui, de la décision de Chantal Jouanno. “Elle suit l’avis de la CLE de 2005, favorable à l’arasement des barrages en 2013 lors de la prochaine vidange.” Une position expliquée par l’impact des barrages sur la qualité de l’eau et des milieux aquatiques. Mais pas seulement : “Le saumon est une espèce en voie de disparition en Europe, la Sélune contribuera à son maintien. De même pour les lamproies marine et fluviatile, l’anguille, la truite de mer. Ces quatre espèces sont menacées : l’enjeu est donc majeur.” Face à cela, l’argument de l’énergie renouvelable ne tient pas à ses yeux : “Ces barrages répondaient à un besoin énergétique local lors de leur construction. Leur suppression est maintenant d’intérêt écologique national voire international.” S’il comprend la crainte des opposants à l’arasement, Michel Thoury veut les rassurer : “Il suffit de regarder quelques cartes postales anciennes pour imaginer ce que pourra être la vallée bientôt. La suppression des barrages n’est pas une fin mais un commencement.” Le préfet de la Manche annonce pour cet été le lancement d’une étude “lourde” (d’un coût de 200 000 €) à propos de la reconversion de la zone affectée par l’arasement des barrages. Avec deux volets : le tourisme en relation avec le milieu aquatique et les autres activités économiques.
Fabrice Constensoux
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