Ces politiques qui nous mentent
Publié le 5 Juin 2013
L'ARROGANCE ET LE MEPRIS AFFICHES AU PIED DU MONT
Mont : la grogne des grévistes et personnels
« Abbaye en grève. S'adresser à Véolia ». 8 h 30 hier matin au Mont-Saint-Michel, les grandes banderoles donnent le ton. Une trentaine de manifestants tiennent ouverte la barrière qui filtre l'entrée à la Caserne, la zone commerciale avant le Mont-Saint-Michel. Laurent Beauvais, président du syndicat mixte, Jean-François Le Grand, président du conseil général de la Manche, Maria Vadillo, conseillère régionale de Bretagne et Adolphe Colrat, préfet de la Manche, devaient prendre la première navette au départ des parkings à 9 h. Mais elle sera retardée de 45 minutes par les manifestants.
Pourtant depuis hier, contre un tarif qui augmente de 8,50 € à 12 €, il n'y a plus 900 mètres de marche pour prendre les navettes. Et les parkings sont gratuits le soir de 19 h à 2 h du matin, et non plus minuit.
« Ce n'est plus le Mont, c'est Alcatraz ! »
Mais cela ne suffit pas pour le personnel gréviste de l'abbaye, les commerçants et leurs salariés. Ils veulent que soient maintenues les Montoises, petites navettes de 20 places, qui leur étaient réservées. Or, partant du même endroit que les Passeurs, navettes des visiteurs de 80 places, elles faisaient double emploi et ont été supprimées.
Les 39 habitants du Mont, le personnel et les personnes à mobilité réduite doivent prendre les mêmes navettes que le public. «En supprimant les Montoises,Transdev,(le délégataire du service public NDLR) économise 550 000 € par an sur notre dos. Comment on fera avec nos paquets ou une bouteille de gaz?Le Mont n'est pas qu'un lieu touristique, c'est aussi un village», s'insurgent des manifestants qui en rajoutent un brin : « Ce n'est plus le Mont, c'est Alcatraz! ». Il est vrai qu'à l'arrivée les navettes laissent le visiteur à 400 mètres du Mont. « Quand tout sera terminé ce sera 280m », corrige Laurent Beauvais. Le personnel voit le temps qu'il va perdre « en arrivant ou en repartant après une longue journée de travail».
Le syndicat mixte du Mont estime déjà faire beaucoup en compensant auprès de Transdev la gratuité des parkings pour le personnel. « Nous sommes prêts à doubler les navettes à heure fixe le matin quand le personnel embauche, soutient-on au syndicat mixte.Le problème c'est que personne n'est capable de nous donner les horaires d'arrivées et de départs ! »
« Vous êtes ridicules! », « J'ai honte pour vous!», s'énervent Jean-François Le Grand et Laurent Beauvais lorsque surgissent des manifestants portant un cercueil à l'effigie de la Montoise devant des Japonais médusés.
Drapeaux de la CGT au vent, un guide de l'abbaye et un syndicaliste d'Avranches, bruyants et véhéments, s'en prennent à un Laurent Beauvais interdit. Les Bretons ont pesé pour que les navettes partent des parkings. « La marche imposé par le premier dispositif était une hérésie », reste convaincue Maria Vadillo. Mais cette dernière comme ses collègues bas-normands jugent le comportement des Montois démesurés. « Des caprices de riches qui ne veulent rien payer », lâche en aparté un élu. En face, une gréviste parle d'autisme des élus : « Le syndicat mixte du Mont et Transdev ne nous entendent plus. Ils sont arrogants ». Et demande « une médiation pour en sortir par le haut ».
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