Didier Anger Président au CRILAN
Publié le 20 Octobre 2010
Didier ANGER,
Les Pieux, mardi 19 octobre 2010
Président du CRILAN,
Ancien vice-Président de le commission
énergie, recherche et technologie au titre des Verts au Parlement européen
Ancien conseiller régional de Basse Normandie ( jusqu
ʼen 2004)
à Serge Pannier
et “aux amis du barrage”
Bonjour,
Je vous remercie de continuer à m
ʼenvoyer régulièrement de vos nouvelles même
si très occupé par des activités prenantes au sein du Crilan
1par des dossiers très lourds
comme ceux de l
ʼEPR, des rejets radioactifs et chimiques de la Hague et de Flamanville,
des démantèlements à venir de l
ʼusine UP 400, je ne vous donne pas souvent des
miennes.
Le 2 octobre dernier, j
ʼai été lʼ invité de lʼassociation des anciens élèves du lycée
LITTRE d
ʼAvranches, lycée dont jʼai été en effet, élève, en son temps.
Devant cet auditoire, j
ʼai développé et confirmé ce que jʼavais déjà déclaré
publiquement à la Mazure devant des élus favorables à la casse des barrages du sud
Manche.
Je reprends ici une partie de mon exposé :
“ Chacun le sait : la décision de l
ʼarasement des barrages est une conséquence lors
du Grenelle de l
ʼenvironnement, de la demande des pêcheurs de saumons. et
d
ʼassociations environnementalistes soucieuses de préserver la biodiversité et le bon état
écologique des rivières.
Il n
ʼen reste pas moins quecette décision précipitée met en lumière les incohérences
et les faiblesses d
ʼune vision globale de la politique énergétique du Gouvernement :1. Il faut savoir que ce dernier
avait exigé que le nucléaire soit exclu du Grenelle, et
ceci avec l
ʼaval plus ou moins explicite des associations. Comme siles rejets liquides et
gazeux, les déchets générés, le démantèlement ne posaient pas de problèmes à
l
ʼenvironnement, à la santé publique, même en fonctionnement non accidentel et2.Le gouvernement
prétendait alors lutter contre lʼeffet de serre, mais en même
temps autorisait un port charbonnier à Cherbourg
( aujourdʼhui en panne, faute
d
ʼindustriel porteur de projet) etproposait dʼaraser 2 barrages hydroélectriques,
Revenons sur les causes de destruction de la Sélune Aval lors de la dernière vidange .
1
CRILAN : Comité de Réflexion,dʼ
Information et de Lutte antinucléaire de Basse Normandie, association
agréée pour la défense de l
ʼ
environnement ( Siège dans les commissions de Flamanville,la Hague, le Centre
de stockage Manche, l
ʼarsenal de Cherbourg) 10 route d’Etang Val, 50340-Les Pieux-
Tel : 02 33 52 45
59-- Fax : 02 33 52 53 26
-
www.crilan.fr
A l
ʻépoque, élu, je me suis rendu sur le terrain. Les causes principales résidaient dans un
lâcher brutal qui permettait à l
ʻeau dʼemporter les boues en aval de la Sélune jusquʼen
baie du Mont ST Michel.
Pourtant, il était possible de pratiquer un lâcher progressif,
en douceur, et de récupérer les boues sur site.
Si ceci n
ʻa pas été fait, cʼest quʼelles étaient polluées par le cyanure. Cette
pollution due surtout à la contamination de l
ʼYvrande provenait de lʼusine Electropoli
( polissage des métaux) mais aussi des multiples concentrations de pesticides, herbicides
et nitrates utilisés par une agriculture trop intensive sur les pentes . Le lâcher brutal
dispensait alors de reprendre des boues chargées chimiquement et de rechercher un site
de stockage. ( Il n
ʼexiste en Basse Normandie quʼun seul site de stockage de produits
industriels et chimiques, à Argences, entre Caen et Lisieux.)
Heureusement, les saumons n
ʼont pas alors été tous détruits carlʼune des
Cela
a bien arrangé les décideurs du Sud Manche de lʼépoque bien introduits
dans les arcanes du pouvoir.
Ils ont fait des barrages, des “ boucs émissaires”. Les
Verts, alors avaient déposé une plainte, estimée non recevable par le Tribunal
d
ʼAvranches.
Aujourd
ʼhui, si lʼon veut être cohérent dans la lutte contre les risques de lʼeffet de
serre, dans le respect des engagements de la France vis à vis de l
ʼUnion européenne,la
priorité n
ʼest pas dʼaraser les barrages du sud Manche mais bien de développer lesLa principale difficulté de la
fourniture d électricité en France, c
ʼest lʼimpossible combinaison entre le trop plein de
production électrique en base, produite par le nucléaire, et le manque d
ʼélectricité pour
fournir les pointes dues au tout électrique et au chauffage électrique. La France vend , bon
an, mal an, 12 à 15% de son électricité nucléaire à l
ʼétranger, souvent à perte, et y achète
de l
ʼélectricité dʼorigine thermique,au fuel, polluante, à perte encore.
La logique imposait qu
ʼon ne lance pas à Flamanville la construction dʼunréacteur nucléaire EPR, inutile,
sauf pour en faire une vitrine commerciale, notamment
pour la Chine et l
ʼInde,coûteux ( son coût, prévu dʼabord à 3 milliards dʼeuros est en
La logique voulait qu
ʼà la prochaine vidange, douce pour sauvegarder la
biodiversité , on vérifie la bonne tenue des barrages et qu
ʼon continue de les utiliser pour
répondre aux pointes, qu
ʼon développe les énergies renouvelables, décentralisées et
diversifiées ( éoliennes, solaire, méthanisation des déchets, biomasse...)
permettant le
développement local et son contrôle par les populations.
Le CRILAN et moi-même, un certain nombre d
ʼassociations et dʼécologistes
n
ʼavons pas participé au GRENELLE de lʼEnvironnement dont on sʼaperçoit mieux
aujourd
ʼhui quʼil nʼétait quʼune vaste tromperie à des fins électoralistes, dʼailleurs non
suivies d
ʼeffets pour le pouvoir en place, aux Européennes et aux Régionales.
Gouverner, c
ʼest avoir une vision globale, déterminer les priorités, avant de fairedes choix.Quand on aura mis en place la production de 20% de l
ʼénergie dans laRégion par les renouvelables, alors on pourra se poser la question de l
ʼarasementdes barrages.
Cordialement,
Didier ANGER
passe de doubler) et dangereux.
économies d
ʼénergie et les énergies renouvelables.frayères se situait sur un affluent de la Sélune, en aval de la Roche qui boit.
principale source dʼélectricité non productrice de gaz à effet de serre.
comme si les risques d
ʼaccident, dʼattentats terroristes nʼexistaient pas./image%2F1111852%2F20150212%2Fob_411bfc_15092013307.jpg)