Evolution de l'agriculture de 1950 a nos jours

Publié le 17 Mars 2011

EVOLUTION DE L’AGRICULTURE DE 1950 A NOS JOURS et son impact sur les lacs et la vallée de la Sélune.

 

 

Pendant cette  période, l’agriculture a subi de profondes modifications.

 

L’objectif prioritaire était de nourrir une population croissante car le pays sortait de plusieurs années difficiles

et la France importait deux fois plus de produits agricoles qu’elle n’en exportait.

En 2005, la France est devenue le deuxième pays exportateur mondial et elle est aujourd’hui au cinquième

rang, malgré une baisse sensible de sa compétitivité.

 

Sous l’impulsion d’Edgar PISANI, Ministre de l’Agriculture de 1961 à 1966, la Politique Agricole

Commune s’est mise en place. Ses objectifs étaient alors d’accroître la productivité, d’assurer un niveau

 de vie équitable à la population agricole, de stabiliser les marchés et de garantir la

sécurité des approvisionnements à des prix  accessibles aux consommateurs.

Cela s’est traduit par une modernisation des outils de production et par l’instauration d’un système

 productiviste.

 

Dans le Sud Manche et plus particulièrement dans la Vallée de la Sélune, ces modifications ont eu un

impact direct sur les paysages, la vie quotidienne et l’économique locale, mais aussi sur la qualité de

 l’eau.

 

Principale activité locale, la production laitière s’est intensifiée. La production à l’hectare est passée de

moins de 2.500 litres à plus de 12.000  litres. La méthodologie adoptée pour atteindre ces niveaux a

 provoqué un  véritable bouleversement des pratiques culturales.

Ainsi :

-           la diminution sensible des surfaces enherbées a dû être compensée par l’introduction de la culture

 du maïs ;

-          l’emploi de fertilisants tels que l’azote et de  produits riches en potasse et en phosphore a permis

 d’accroître considérablement l’ensemble de la production tout en générant une augmentation importante

 des apports organiques (Fumier, lisier) ;

-          la sélection génétique bovine a permis d’augmenter la production par vache ;

-          la mécanisation a entraîné des réinvestissements fonciers pour agrandir les exploitations.

 

Parallèlement, de nouvelles productions intensives ont vu le  jour : porcs, volailles (poulets, dindes, pintades),

 viande bovine (taurillons).

 

Toutes ces productions ont provoqué des rejets organiques importants, riches en azote, phosphore et

potassium, mis sur les sols et migrant dans les eaux de ruissellement à destination des lacs.

 

Pendant cette période, les apports en nitrates ont été multipliés par 7 et les apports en phosphore

multipliés par 100. Le phosphore et les phosphates ne sont pas uniquement d’origine agricole. Ils proviennent

également des rejets domestiques. (Les lessives et la majorité des détergents ménagers)

 

Le Sud Manche est classé en ZES (Zone Excédent Structural). Il est donc impossible de créer de nouveaux

élevages car les apports organiques sont jugés suffisants par rapport aux surfaces.

 

LES CONSEQUENCES POUR LES  LACS :

 

La culture du maïs, le remembrement et la diminution des surfaces enherbées ont entraîné

la constitution de dépôts sédimentaires évalués à 1,4 millions de m3 à Vezins et à 0,3 millions de m3 à

 la Roche Qui Boit (source EDF).

 

Les agriculteurs n’ont aucun intérêt à perdre de la bonne terre végétale. Il est donc indispensable de limiter

l’érosion des sols et d’améliorer leur qualité, en favorisant ainsi le rétablissement de la qualité de l’eau

(prôné par la CLE).

 

Plusieurs mesures vont dans ce sens et des actions sont déjà engagées.

Aujourd’hui,  le département de la Manche met en place des bandes enherbées près des cours d’eau,

ce qui produit un effet bénéfique sur la qualité de l’eau par filtration et en limitant la migration des

sédiments. En Ille et Vilaine, cette méthode est déjà en place depuis quatre ans.

L’obligation est faite de  cultiver « végétal », notamment après les blés et les maïs d’ensilage.

Semer de la phacélie fera le bonheur des abeilles tout en améliorant la structure des sols et en piégeant les

 nitrates. Moutarde et avoine contribueront à stabiliser la terre en cas d’orage violent.

Mais il restera toujours une période sensible à l’érosion (de mai au 20 juin) pendant la culture du maïs car

 les racines ne sont pas encore suffisamment développées pour retenir la terre.

 

Plusieurs années seront nécessaires avant que les fruits de tous les efforts entrepris ne soient perceptibles.

 Procéder à la suppression des barrages sans attendre une amélioration sensible et notable serait un non-sens écologique.

Rédigé par jojo

Publié dans #Nos arguments

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article