Le bassin versant et ses dysfonctionnements

Publié le 10 Novembre 2011

Définition du bassin versant

 

On peut définir le bassin versant comme l'ensemble des terres qui recueillent les précipitations qui vont alimenter le cours d'eau, ou le plan d'eau situé au fond de la vallée. C'est une sorte d'entonnoir, généralement ouvert sur la mer. On peut prendre en considération l'ensemble du bassin versant d'un fleuve ou au contraire s'intéresser à un petit territoire qui alimente un ruisseau.

La plupart des problèmes d'environnement nécessitent d'alterner l'approche globale et l'approche locale. Telle pollution constatée au niveau de l'estuaire peut avoir pour origine une pollution ponctuelle due à une industrie ou résulter d'une contamination diffuse liée par exemple à l'activité agricole. Dans ce dernier cas il n'est pas certain que l'ensemble du bassin versant soit en cause et il conviendra d'identifier les sous-ensembles du bassin versant global qui sont à l'origine de la pollution.

La limite théorique entre bassins versants voisins suit les lignes de crête. Mais le parcours de l'eau dans le sous-sol peut se jouer des limites théoriques en suivant des couches imperméables inclinées en direction de la vallée voisine ou en circulant dans un réseau complexe de roches fissurées.

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Les assecs

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( Cl : J-D B )

Depuis quelques années plus de mille kilomètres de cours d'eau sont mis à sec en Poitou-Charentes. Un cours d'eau à sec offre un spectacle désolant. C'est une situation scandaleuse, révoltante, le témoignage le plus criant de notre incapacité à gérer correctement l'environnement.

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Les assecs détruisent toute vie aquatique
( Cl : JM )

Le tableau suivant donne, par département, le détail des cours d'eau mis à sec de 1990 à 2000. Il s'agit de cours d'eau qui, en temps normal, ne connaissaient pas d'assecs avant les remembrements et le développement de l'irrigation. Les coupures et les étiages sévères accompagnés de conséquences néfastes pour le milieu aquatique ne sont pas comptabilisés. Ils concernent des linéaires deux à trois fois supérieurs et perturbent gravement l'ensemble de l'écosystème aquatique.

Année

Deux-Sèvres

Charente-Maritime

Charente

Vienne

Total Région

1990

557

529

571

359

2016

1991

471

520

440

356

1787

1992

214

86

30

306

636

1993

395

315

168

117

995

1994

184

136

31

36

387

1995

271

437

172

77

957

1996

546

478

274

89

1387

1997

220

294

10

12

536

1998

501

383

235

55

1174

1999

269

303

155

32

759

2000

182

242

98

10

532

Moyenne

381

372

218

145

1117

Linéaire de cours d'eau à sec en Poitou-Charentes de 1990 à 2000 ( en km )
Source : Conseil Supérieur de la pêche

 

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( Cl : M L )

La cause principale de l'assèchement des cours d'eau est l'irrigation, en particulier celle du maïs qui représente dans notre région 80 % des surfaces irriguées. Les niveaux d'eau sont aujourd'hui gérés de façon à permettre de cultiver des terres qui étaient autrefois occupées par des prairies ou des marais. Le drainage, par drains enterrés, par fossés profonds, évacue l'eau très tôt dans la saison afin que les terres puissent être travaillées et ensemencées.

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( Cl : J M )

Cette pratique cumule l'érosion des sols, la pollution par les pesticides et les engrais, la destruction de zones humides à forte biodiversité, la perte des fonctions d'épuration et de régulation. Malgré tous ces inconvénients les cultures irriguées bénéficient d'aides nettement supérieures à celles des cultures sèches.

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Les inondations

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( Cl : J-D B )

Les inondations sont avant tout un phénomène naturel auquel beaucoup de vallées doivent leur fertilité. Le réflexe de beaucoup de décideurs par rapport à l'inondation est d'entreprendre de grands travaux pour permettre à l'eau de s'écouler plus vite vers la vallée, ce qui est un excellent moyen d'aggraver la crue chez le voisin, situé en aval. Bien entendu il existe des circonstances exceptionnelles où rien ne peut arrêter la montée des eaux.

Mais beaucoup d'inondations catastrophiques ont pour origine des restructurations foncières conduites avec le seul souci de favoriser la mécanisation de l'agriculture. Tout a été fait pour évacuer l'eau le plus vite possible alors que si l'on veut lutter contre l'inondation il faut la retenir en amont, là où les dégâts seront limités à la submersion temporaire de quelques terrains et à l'inondation de quelques maisons construites un peu trop près de la rivière. Toute initiative pour évacuer l'eau en amont contribue à augmenter l'inondation en aval où ses conséquences seront beaucoup plus graves.

Le fleuve est un organisme vivant parce qu'il respire, et sa respiration c'est un cycle régulier de hautes eaux et de basses eaux avec parfois des bouffées plus amples que sont les crues et les étiages. Les crues, c'est naturel, et c'est indispensable pour la vie du fleuve. Ce sont les crues qui permettent au fleuve de déplacer son lit, de curer les fonds, de recouper ses méandres, de créer des îles, des plages, des bras secondaires et d'enrichir ainsi la plaine alluviale de toute une série de milieux complémentaires. Grâce à la crue, l'eau s'étale dans la plaine alluviale, ralentit sa course vers l'aval, engraisse les prairies, s'infiltre en partie et recharge ainsi les nappes souterraines. Ces nappes, à leur tour, restitueront l'eau en été au lit du fleuve.

Monique Coulet



Rédigé par jojo

Publié dans #Nos arguments

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