Les saumons vaincront-ils les barrages de la Sélune ?
Publié le 12 Janvier 2012
« Ne confondez pas l'association des amis du barrage, et celle des amis de la Sélune... » Devant le barrage de Vezins, dans le Sud-Manche, Jean Kaniowski, le président des amis du barrage et Daniel Galopin, directeur du centre de loisirs de la Mazure, désignent un flot de bouteilles vides en plastique qui flottent au pied des voûtes. « Ces bouteilles rejoindraient la baie du Mont, si le barrage était détruit. »
Dans la vallée encaissée de la Sélune, les deux ouvrages font au moins autant de bruit que lors de leur construction. A chaque pont du cours d'eau, les gens d'ici proclament, par voie d'affiches, leur attachement aux barrages. WWW-France, l'une des 17 associations du collectif... « Les amis de la Sélune » a mis le feu aux poudres. L'association indiquait : « le 9 janvier une étude devait être rendue pour un autre modèle d'aménagement de la vallée, une fois effacés les deux barrages. » Sous-préfet d'Avranches, Jean-Marc Giraud infirmait, lundi soir, toute décision d'engagement budgétaire de la part du ministère de l'Écologie sur le sujet...
Effacer les barrages, mais comment ? Et avec quel argent ? Décision emblématique du Grenelle de l'Environnement, le retour au bon état écologique de la Sélune, permettant notamment la remontée des saumons, se heurte, en fait, à de nombreux obstacles. « Nous nous sommes résolus à leur effacement la mort dans l'âme, assure Roger Souquière, chargé du dossier à EDF. Ces ouvrages nous intéressent. Nous avons étudié la possibilité de migration des poissons. Mais, c'était difficile. Dans notre dossier de renouvellement de concession, nous avons donc proposé de déclasser la Sélune en amont des barrages. En vain ! »
Depuis la fin de la concession en 2007, EDF continue d'exploiter le site, année après année en attendant que l'État fasse un choix. « Nous ne fuierons pas nos responsabilités » poursuit Roger Souquière. Une des grosses questions concerne aussi les « boues » au fond des retenues, boues qu'il faudra stabiliser puis éliminer. « L'État non plus », affirme André Berne, directeur de la délégation normande de l'Agence de l'eau Seine-Normandie. « Nous prendrons le temps nécessaire pour assurer une vidange sans pénaliser le cours aval. Les boues seront stabilisées, stockées, soustraites en fonction de leur degré de pollution. S'il faut 10, 20, 30 millions, nous les mettrons ! »
La population ne partage pas ce point de vue, loin de là. Érik Goupil, maire d'Isigny-le-Buat, ne décolère pas. La commune étant propriétaire des murs du centre de loisirs de La Mazure, il se sent pris en otage. « Les ponts sont coupés depuis l'arrivée de Nathalie Kosiuscko-Morizet au ministère. » Tout comme Maurice Orvain, président de la base de loisirs qui emploie vingt personnes. « On ne tient pas compte de nos propositions. » Pour Louis Desloges, conseiller général, « Il n'y a aucune urgence à araser les barrages. La crise impose d'autres choix. Après la vidange, de 2013, nous demanderons qu'il soit à nouveau rempli ».
En attendant « Les Amis du barrage » se mobilisent, appuyés par le député local Guénaël Huet. Ils parlent même de boycotter l'organisation des prochaines élections...
Les 2 avis sur Les saumons vaincront-ils les barrages de la Sélune ?
Au moment où la question des énergies renouvelables devient grande cause nationale, que faut-il privilégier, le retour de la Sélune à une hypothétique "nature" (d'où l'homme serait enfin exclu - et à quel prix!) ou une opération de réhabilitation hydroélectrique qui ne perturberait pas l'actuel paysage ?
Ces barrages "chefs oeuvre industriels" méritent d’être classés.
Ils produisent une énergie capable d'alimenter en électricité une ville comme Avranches.
Leurs plans d'eau permettent une activité de loisir (base de Vezin, pêche, canotage, etc.) fournissant des emplois locaux.
Ils sont bien intégrés dans le site.
Les saumons ne sont pas une espèce en voie de disparition.
Leur retour dans cette vallée est une hypothèse non confirmée.
Certes si on devait les construire maintenant on pourrait se poser la question, mais ils existent, fournissent de l'énergie électrique, des emplois, alimentant une économie locale qui en a bien besoin.
Les déconstruire coûtera très cher sans avantages réels.
C'est donc un projet sans aucun intérêt autre que "faire plaisir" à quelques "personnalités" pensant pour nous...
JP L
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