Lettre ouverte à Monsieur le Maire de Ducey et Mme la Préfète

Publié le 1 Novembre 2013

Monsieur Louis Gontier
2 Route des Iles
50220 CROLLON
Lettre ouverte adressée à :
- Monsieur le Maire de Ducey
- Mme la Préfète de la Manche
- Journaux locaux : Ouest France,
Manche libre et Gazette
Copie : Aux personnes concernées
Le : 9 Octobre 2013 Pour Info : Mr Vincent Bolloré
Objet : Vezins, La Roche qui boit « permis de détruire» refusés
Monsieur le maire, Madame la préfète,
En préambule, je précise effectuer cette démarche, d’abord en tant que
propriétaire de biens situés en bas de Ducey, proches de la rue du coq
(rue citée dans l’article des inondations de 1910, en annexe1), puis en
tant que citoyen parmi d’autres, opposé à l’arasement des Barrages de Vezins et de la
Roche qui boit.
Lorsque le soudain projet de démolition est tombé et surtout les raisons connues, c’est
d’abord l’incrédulité qui a dominé.
La triste concrétisation a fait naître un regroupement d’opposants, sérieux,
compétents, et dévoués. Ces gens, aidés par les élus, ont beaucoup oeuvré, pour réunir
puis exposer des arguments solides, logiques et recevables. Les raisons de ne pas
gaspiller ce patrimoine, étaient tellement évidentes et nombreuses que notre confiance
de voir l’intelligence l’emporter sur l’obscurantisme, était totale.
De nombreuses propositions constructives des Amis des barrages, de l’ingénieur Wong
et d’autres, ont fait la démonstration à maintes reprises, que sans gâcher ces ouvrages
de qualité, les objectifs (En tous les cas, ceux officiellement annoncés ?), pouvaient
être atteints. En revanche, nous sommes toujours en attente d’arguments capables de
nous démontrer en quoi, la vallée « exemplaire » serait mieux que ce qui existe ?
Aujourd’hui, pour moi comme pour d’autres, nous trouvons que trop c’est trop, notre
irritation est à son comble. Il n’est plus possible d’accepter autant de désinvolture,
autant de mépris en balayant d’un revers de main, les avis des populations, le travail
de tous ces bénévoles, sérieux et sincères. C’est le rouleau compresseur de l’arbitraire
qui écrase tout sur son passage, y compris la voix des honnêtes gens de bon sens,
II
faisant fi, des règles démocratiques. Que penser de ces attitudes indignes qui se
multiplient ? Ces manoeuvres politiques en tous genres, ou l’on ne fait semblant
d’écouter la population que les jours de marché, au moment des élections.
Dans le cas présent, pourquoi ne pas recueillir l’opinion de chacun, au travers d’un
référendum ou d’une enquête d’utilité publique ? Ce serait un minimum de respect.
Pour toutes ces raisons, je vous prie, monsieur le maire et madame la Préfète, de bien
vouloir trouver ci-après mes questions personnelles et aussi quelques autres, plus
généralement partagées.
Je vous serai très reconnaissant d’user de vos pouvoirs et légitimités, pour que des
réponses précises, soient apportées à toutes ces interrogations, non moins légitimes.
Mes questions en tant que propriétaire
- Les catastrophes récentes et à venir, dues à des excès climatiques, nous placent
devant une réalité indiscutable, d’ailleurs confirmées dans un récent rapport du
GIEC*. La décision de supprimer les 2 barrages, va aggraver ces
risques d’inondations, pour atteindre les biens et les personnes,
exposés comme par exemple :
Les biens, les personnels, les clients des Industries et
Commerces :
Chéreau, laiterie, Fromagerie, L’usine de la Gauberdière elle-même, les hôtels de
la Sélune et Best Western etc...
Les biens communaux :
Espaces, parkings, terrain camping-cars, Château etc...
Tous les biens privés, dont ma propriété
- Dans ce contexte, envisagez-vous d’appliquer sur la commune, le principe de
précaution en reconsidérant les zones inondables bâties, non bâties, ainsi que les
terrains, non constructibles ?
- Des démarches ont-elles été dès à présent conduites, auprès des décideurs du
projet d’arasement, pour que les propriétaires concernés par des pertes
de valeurs immobilières, puissent bénéficier d’indemnisations ?
- Etant très concerné par ces risques, je souhaiterais avoir dès à présent, la
garantie écrite des services administratifs, pour qu’en cas d’inondation, l’état de
catastrophe naturelle, soit aussitôt reconnu. Ceci, afin de permettre une plus
juste indemnisation des assurances.
Mes questions en tant que citoyen contre la démolition des barrages
III
- En vertu de quoi, les hypothétiques activités touristiques, que vous prévoyez
dans cette vallée, une fois les barrages disparus, seraient plus réalisables, plus
attractives et plus rentables que celles que vous auriez tout aussi bien,
pu développer (A moyens financiers égaux et volonté politique
comparable) depuis longtemps et encore maintenant, en conservant les lacs ?
- Avec le même argent public que vous allez dépenser, ne serait-il pas possible,
tout en gardant les barrages et les lacs, de financer des travaux permettant
d’atteindre tous les objectifs recherchés, y compris l’abaissement des niveaux de
pollution des eaux. Pollution qui par ailleurs, ne sera toujours pas solutionnée,
après la démolition des barrages ?
- Pourquoi éliminer ces plans d'eau qui sont pour nous, comme pour
d’autres régions, un véritable atout de développement
touristique ?
- Pourquoi ne pas reconnaître l’intérêt général de notre région et
de sa population, à les maintenir : Beauté des sites sans comparaison
avec une simple rivière. Attractivité touristique, plus forte. Grandes variétés de
pêches, sur un domaine plus étendu. Possibilité d’activités nautiques plus
diversifiées. Eviter une démolition couteuse.
Conserver une production d'électricité souple. Sécuriser les villes
et propriétés en aval, grâce à la régulation des cours d'eau.
Réserve d’eau en cas de sécheresse et d’eau douce consommable,
pour les générations futures. Décantation des sédiments pollués,
donc protection de la baie du Mt St Michel et de la prise d’eau
potable pour la Gauberdière etc …?
- Pourquoi précipiter la démolition de ces barrages encore utiles, avant qu’ils
n’aient atteint naturellement leur fin de vie ?
L’utilité de nos Barrages, la beauté de nos lacs et de nos paysages, sont une réalité.
En revanche, vos projets, ne reposent que sur des promesses dont la seule certitude
est, que ce sera très couteux (Nous avons tous en mémoire les travaux du Mt St
Michel, ses maringotes et bien d’autres).
- Vous promettez une opération de réhabilitation de cette vallée, exemplaire !
Mais exemplaire dans quel domaine, merci de préciser ?
- A quelles tractations suspectes, nos barrages doivent-ils cette malchance d’avoir
été LE rare dossier, initié par la droite et non « retoqué » par la gauche ?
IV
Pour terminer, une question sur une notion malheureusement, en voie de
disparition. Le simple RESPECT :
- Imaginez le jour « J » de l’effacement. Quels genres de pensées vous habiteront,
si vous déniez penser aux anciens combattants, résistants, parents, grands
parents, familles ou amis qui, pendant la guerre, ont tant fait, pour conserver
ces biens industriels ? Même nos ennemis de l’époque, les Allemands ont
empêché les Américains de détruire cet outil qu’ils trouvaient très utile pour leur
propre usage !
- Même chose, vis-à-vis de ceux des nôtres qui ont peiné pour construire ces
édifices et faire en sorte que nous, leurs enfants, nous puissions débuter notre
vie, plus heureux avec ce nouveau confort ?
- La Roche qui Boit, 100 ans en 2014 ! Au lieu de lui « faire sa fête » en
le démolissant, ne pourrait-on pas plutôt, saisir cette opportunité pour renforcer
nos liens d’amitiés avec les Allemands, par l’instauration d’une cérémonie
périodique de reconnaissance, envers leurs soldats prisonniers, qui ont participé
à sa construction ?
- Vezins 85 ans en 2014 ! Pourquoi l’euthanasier et au contraire, ne pas
montrer notre respect en mettant à l’honneur son concepteur, Albert Caquot,
ingénieur architecte qui a su donner à cet ouvrage des formes innovantes
capables d’économiser l’acier, devenu rare, au sortir de la guerre. Modèle de
créativité utilisé ensuite, pour construire d’autres barrages, comme celui de la
Girotte, en Savoie ?
- Quand on qualifie « d’oeuvres d’arts » des ponts ordinaires, qui enjambent nos
autoroutes. Selon vous, comment nommer des réalisations architecturales pour
le coup, vraiment exemplaires, qu’on s’apprête à détruire ? des déchets ?
Avant de toucher aux Barrages, nous demandons que les promoteurs de cet
arasement et toutes les autorités nationales et locales, qui l’auront cautionné,
engagent leurs responsabilités publiquement et par écrit. Que soit également fourni un
descriptif précis, chiffré, réaliste et surtout compréhensible de tous, sur les dépenses
engagées (périphériques comprises) ainsi que les sources de financement pour
l’ensemble du projet :
- Liste détaillée des opérations d’aménagement de la vallée ?
- Coût précis des travaux de démolition des barrages ?
- Coût de la dépollution de la vallée ?
- Coûts d'investissements pour réhabilitation de la vallée (subventions et
indemnisations, comprises) ?
V
- Rentabilité de l’opération avec compte d'exploitation prévisionnel,
Sans oublier :
- Les dépenses générées indirectement par le projet (par exemple : construction d’une
réserve d’eau en remplacement des barrages. Augmentation du périmètre de sécurité,
devenu insuffisant. Frais des nombreuses études et cabinets conseils. Réalisations
plaquettes etc ?
-Evaluation des coûts d'indemnisation, en cas d'inondations ?
- Manque à gagner sur la production d'électricité ?
Arracher ces ouvrages de qualité, c’est renier notre passé, c’est aussi arracher le coeur
d’une partie de la population du sud manche.
Il est fort probable que les traumatismes des inondations de 1910, aient pesés dans la
décision de construire 4 ans plus tard, le premier barrage, la Roche qui boit… !
Combien de temps avant d’être à nouveau obligés de débloquer des
subventions, pour recréer ce que vous allez casser ? D’ici là, les
responsables, auront, soit changé de fonction**, soit disparus. En
revanche, la population sera toujours présente, avec les menaces
climatiques, ses inquiétudes et ses augmentations d’impôts
(augmentation moyenne de la taxe foncière sur 5 ans => + 21%).
La sagesse, dit : « Un tu le tiens, vaut mieux que deux tu
l’auras »
Ce bon sens populaire, est encore celui qui domine dans nos régions. Le premier
DEVOIR des élus et des dirigeants publics serait de NE PAS
L’IGNORER.
Enfin, tous ceux qui se sentent concernés et, qui approuvent le contenu de cette
lettre, peuvent s’en servir en leur propre nom et l’adresser, aux mêmes destinataires.
Dans l’attente des suites que vous voudrez bien donner à ce courrier, je vous prie
d’accepter monsieur le maire, madame la Préfète, mes respectueuses salutations tout
en vous assurant de mon dévouement sincère.
Louis Gontier
VI
*Groupe Intergouvernemental sur l’Evolution Climatique
** Mr Adolphe Colerat, Ex préfet de la Manche, signataire de la convention tripartite de
partenariat, pour le projet de développement de la vallée, n’est déjà plus là !
PS : Mr Vincent Bolloré est en information, dans le cadre d’un échange précédent, sur
d’éventuels besoins en électricité pour son usine de batterie à Ergué Gabéric.
Pièce Jointe : Photos et copie d’un article, sur les inondations de Ducey en 1910

Rédigé par jojo

Publié dans #Nos arguments

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C
<br /> Bonjour Monsieur,<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> votre courrier résume parfaitementl'ensemble de la situation où se confrontent le bon sens et l'ineptie d'une décision politique dûe à un marchandage frauduleux !!!<br /> <br /> <br /> Ce non respect de la population si l'on devait le retranscrire dans le monde de l'entreprise où je travaille (juste pour info qui appartient à Mr BOLLORE) serait synonyme d'incompétence et de<br /> faute grave !!!<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> espérons que l'avenir nous donnera raison ....<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Cordialement<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Christophe<br />
Répondre
C
<br /> Louis,<br /> <br /> <br /> Ami des barrages, je tiens à conforter l'esprit réaliste de ton courrier qui reflète complètement, à mon sens, et je pense que je ne m'avance pas trop en écrivant celà, le<br /> sentiment et la pensée de la majorité des citoyens, qui parfois n'osent pas ou ne trouvent pas les mots pour exprimer leur désarois et leurs craintes face à une telle ineptie. J'espère que<br /> d'autres  commentaires suivront, nombreux, et j'invite aussi ceux qui peuvent le faire, à partager par tous les moyens ( réseaux sociaux etc... ) cette lettre ouverte. Il<br /> est important de faire circuler l'opinion public sur ce sujet, et il ne faut pas croire que les services de l'état ne s'y intéressent pas, même dans les plus hautes instances. La "température du<br /> terrain" est un élément très important, ne serait-ce qu'en matière de conséquences décisionnelles.... Je n'irai pas plus loin sur ce sujet....<br /> <br /> <br /> J'espère également que la presse écrite , destinataire de ce document, trouvera une place équitable et adaptée dans ses pages.<br /> <br /> <br /> "RESPECT"...<br /> <br /> <br /> C'est le "maitre-mot", et on ne lui donne plus beaucoup d'intérêt, ni de sens aujord'hui :<br /> <br /> <br /> -Respect de l'opinion des citoyens, de la personne - Respect de la mémoire des anciens. -Respect du patrimoine, de l'art. -Respect de l'argent public. Respect des biens  et j'en<br /> oublie certainement....<br /> <br /> <br /> Ce n'est pas très glorieux tout çà! Mais les gens ne sont pas dupes et  savent très bien qu'autant d'archarnement à vouloir la mort de nos barrages, n'est pas sans intérêt pour d'autres<br /> personnes....<br /> <br /> <br /> Pascal<br /> <br /> <br />  <br />
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