Pêcheurs : les barrages posent problème
Publié le 24 Février 2012
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« L'arasement des barrages sur la Sélune faisait partie des accords de Grenelle, lequel a été signé par le député du Sud-Manche », souligne Albert Desdevises.
Le président de la Fédération de la pêche réagit à la polémique sur l'arasement des barrages du Sud-Manche.
Albert Desdevises, président de Fédération pour la pêche et la protection du milieu aquatique de la Manche.
Ces arasements contestés par des riverains de la Sélune et des élus locaux sont-ils indispensables selon vous?
Ces barrages posent plusieurs problèmes. Au niveau européen, une réglementation rend obligatoire la continuité écologique des milieux naturels, ce qui impose la libre circulation de l'eau et des poissons. L'existence de ces barrages empêche cette continuité et interdit la remontée pour leur reproduction de deux espèces menacées, les saumons et les anguilles. De plus, ces barrages entraînent l'accumulation des boues au niveau des barrages.
Les opposants mettent en avant un coût exhorbitant de l'arasement, une perte au niveau touristique et un risque de crues. Qu'en pensez-vous ?
L'arasement ne revient pas à 30 millions d'euros comme je l'ai lu mais à 5 millions. En revanche, le ministère de l'Environnement s'est engagé à débloquer 5 millions d'euros pour accompagner la restructuration d'un site touristique au lieu-dit la Mazure, dont deux disponibles immédiatement. Ces 5 millions s'ajoutent aux 5 autres déjà alloués pour la renaturation de la vallée pour sa valorisation touristique. Le sursis de deux ans accordé est justement de permettre au plan d'accompagnement économique du projet de se mettre en oeuvre. Enfin, ces barrages sont des barrages hydrauliques et non pas des barrages anti-crues. Comme toute l'eau qui y aboutit repart dans la même quantité en aval, ils ne protègent pas du tout des risques de crues.
Quelles ont été vos autres actions?
Nous avons demandé à tous les propriétaires privés possédant des ouvrages entravant la libre circulation de l'eau de les démolir, comme par exemple à des propriétaires de moulins hydrauliques, nous avons demandé à EDF d'en faire de même. Nous avons même été obligés d'insister auprès du préfet pour qu'il use de son pouvoir de police, ce qu'il hésitait à faire.
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