Réaction de Philippe Bas après invitation à la fête du 19 juin
Publié le 27 Juin 2011
Nous étions heureux, dimanche, de nous retrouver nombreux à l'invitation des amis des barrages de Vezins et de la Roche-qui-Boit pour un grand pique-nique populaire, malgré un temps encore instable et peu clément. Ce type d'action permet d'afficher la détermination inchangée des habitants du secteur et de l'ensemble de la Manche (il y avait par exemple des Coutançais) à défendre les barrages.
Je rappelle les raisons qui ont justifié ma réaction immédiate à la décision improvisée et absurde de la secrétaire d'Etat de l'époque de détruire les barrages:
-L'environnement: de l'aveu même du Président d'EDF en 2007, dans une lettre qu'il m'a adressée et que j'ai confiée à notre association, la production électrique des deux barrages constitue un appoint appréciable dans la région. C'est encore plus vrai après Fukushima car il importe plus que jamais de diminuer notre dépendance par rapport à l'énergie nucléaire grâce aux énergies renouvelables.
-L'Emploi: outre les emplois directement liés à l'exploitation et à la maintenance des barrages, il faut compter tous les emplois liés à l'activité touristique et sportive: ils se chiffrent par dizaines.
-L'argent: la France souffre de déficits excessifs; nous savons bien qu'il sera très difficile à l'Etat de financer la destruction très coûteuse des barrages, la remise en état du site et les investissements nécessaires à la création d'emplois compensant les pertes d'emplois provoquées par la décision gouvernementale. J'ai obtenu il y a quelques années les crédits nécessaires au financement de la réhabilitation de la base de loisirs de la Mazure. Quel gâchis se serait si elle devait soudain se trouver désertée!
Peut-on encore espérer que l'Etat renonce à ce projet irrationnel? Je n'en suis pas sûr, mais j'observe qu'aucun acte irréversible n'a été commis à ce jour. J'espère qu'une nouvelle équipe gouvernementale acceptera en 2012 de réexaminer la décision qui nous a été signifiée: il n'y aurait pas de mal à revenir sur des erreurs à la fois coûteuses pour les contribuables, lourdes de conséquences pour l'emploi et irresponsables du point de vue énergétique.
Dans le cas contraire, il nous faudra rester mobilisés pour que des engagements tangibles soient pris et qu'ils soient tenus. Ce n'est toujours pas le cas aujourd'hui où rien de concret n'a été annoncé.
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