Sécheresse : Situation de crise ! la Vire
Publié le 12 Juillet 2011
En quoi la situation de la Vire est-elle préoccupante ?
Avec un déficit de pluviométrie de 70 % depuis mars, le printemps 2011 a été particulièrement chaud et sec. « La situation actuelle est presque la même qu'en 1976, une année de référence en terme de sécheresse », souligne Stéphanie Legendre, animatrice du Sage (Schéma d'aménagement et de gestion des eaux) de la Vire.
Actuellement, le débit de la rivière est d'un mètre cube par seconde. C'est peu. « Généralement, en été, il tourne autour de 4m3 par seconde », explique Philippe Gosselin, président de la Cle (Commission locale de l'eau). « L'hiver il monte parfois à 250 m3. »
Des réserves naturelles pour pallier la faible pluviométrie ?
Les réserves souterraines de la Vire sont naturellement faibles. « Ce sont les pluies qui l'alimentent principalement », précise Stéphanie Legendre.
Et Philippe Gosselin d'ajouter : « C'est un fleuve torrentiel. Il se charge très rapidement en eau mais il s'assèche aussi vite dès que le thermomètre monte un peu ».
Les récentes pluies ont-elles rétabli la situation ?
« Avec ce qu'il est retombé, nous avons gagné quelques semaines », concède Stéphanie Legendre. « Mais tout a été capté par la végétation. » Pas de recharge des sols ni d'augmentation significative du niveau de la rivière, donc.
Les récentes pluies ont seulement permis aux plantes de mieux se porter sans pomper dans les réserves souterraines.
Pourquoi ne pas fermer les barrages ?
De manière préventive, certains barrages ont été ouverts en avril. Certains se demanderont pourquoi ne pas garder ces réserves pour la fin de l'été, quand l'eau vient plus naturellement à se raréfier dans le lit de la Vire. Philippe Gosselin répond: « Ces retenues représentent environ 1 million de m3 d'eau. Si on les ouvre, ça permet d'en dégager pendant trois mois. Si on n'ouvre pas, avec la chaleur, l'eau s'évapore et on perd 100 litres d'eau par seconde ».
Cela permet également de préserver un écoulement naturel. Ainsi, les eaux sont mieux oxygénées et moins chaudes. « Et on évite les problèmes de pollution par les algues. »
En cas de grande sécheresse, quelles conséquences pour le Pays saint-lois ?
La Vire alimente le Pays saint-lois en eau potable. « Lorsque le captage ne se fait plus au niveau du barrage de Semilly, notamment parce que le niveau est trop bas, on se rabat sur la Vire », résume l'animatrice du Sage. Dans l'agglomération saint-loise, ce sont donc 30 000 habitants qui dépendent de la qualité et de la quantité des eaux de cette rivière. « L'enjeu est de taille. »
Résoudre le problème des pertes d'eau sur le réseau, une solution ?
Saint-Lô n'est pas vraiment concerné par ces pertes. « 75 % de l'eau distribuée arrive au robinet du consommateur. » Un taux correct. « 25 % de pertes, c'est encore trop mais on ne peut pas arriver à 100 % », affirme le président de la Cle. « Il y a toujours notamment de l'eau utilisée pour purger les réseaux. »
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