Tuilières : un dispositif expérimental a été mis en service

Publié le 11 Novembre 2012

Le passage masqué

La baisse de 2 mètres du niveau de l'eau permet de voir cet ouvrage unique

Le dispositif aménagé en aval apparaît avec la baisse du niveau de l'eau.
Le dispositif aménagé en aval apparaît avec la baisse du niveau de l'eau. (PHOTO Loïc Mazalrey)
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Doté dès l'origine d'une passe à poissons, le barrage hydroélectrique de Tuilières reste un site pilote en matière de préservation des espèces aquatiques. Ainsi, lors du centenaire de l'édifice, en 2009, un dispositif expérimental a été mis en service. Il s'agit d'une sorte de digue, appelée « masque guideau », longue de 120 mètres et jalonnée de trois « tourelles » : des passages spécialement conçus pour les jeunes saumons, appelés « smolts », nés dans les frayères d'Argentat (Corrèze). Ils partent vers la mer en se laissant filer à la surface de l'eau. C'est la « dévalaison », qui a lieu au printemps. À l'approche du barrage, les courants les attirent vers ces passages, reliés à des canalisations installées sous l'usine hydroélectrique. Rejetés dans la rivière en aval, ils n'ont aucun risque d'être happés par les turbines. Ce « masque » installé à Tuilières est unique au monde à cette échelle.

Entretenir et améliorer

Depuis le 23 janvier, le niveau de l'eau en amont a été abaissé de 2 mètres pour une vaste opération d'entretien qui se terminera demain. Les grilles qui protègent les tourelles des embacs doivent être nettoyées : « Elles arrêtent les branches d'arbres et les gros déchets, jetés à la rivière sans vergogne. Mais les tiges des renoncules obstruent peu à peu le passage. Il faut aussi s'assurer que les buses sont propres », explique Jean-Michel Quadjovie, le directeur des barrages de Tuilières et Mauzac.

Chaque opération d'entretien est aussi l'occasion d'envisager des améliorations, en fonction des observations du comité d'experts, dont EDF est partie prenante avec Epidor et Migado (migrateurs Garonne Dordogne). Une maquette du dispositif permet aussi des études en laboratoire.

« Au début, en période de dévalaison, nous coupions les turbines tous les soirs. L'expérience nous a appris à repérer plus finement les passages. Notre préoccupation permanente est d'assurer la production d'électricité, qui dessert 60 000 habitants, sans nuire à l'environnement », souligne Jean-Michel Quadjovie.

L'environnement prioritaire

Passionné par son métier, il affirme que l'environnement fait désormais partie de « la culture d'entreprise à EDF » : « Si une panne survient, on répare d'abord l'ascenseur à poissons, et ensuite le groupe électrique. On est constamment en période d'observation sur la migration des poissons et on ajuste en permanence. Chaque mois, une réunion porte sur les améliorations possibles. Notre rôle est de fiabiliser les mesures, pour que les scientifiques aient toutes les données nécessaires. Par exemple, un anneau magnétique permet de comptabiliser les poissons à l'unité près. »

Préserver et informer

La règle prioritaire est de ne pas générer de risque : « Les protocoles de sécurité sont très lourds », reconnaît le directeur du site, qui souligne que le pilotage automatique peut à tout moment être ajusté manuellement. Viennent aussitôt après les préoccupations environnementales : « Nous devons prendre en compte de multiples facteurs : la pêche, la sécheresse, la température de l'eau… »

Même en matière de dépenses énergétiques, EDF s'applique une nouvelle philosophie plus économe. Toute l'usine de Tuilières est équipée en lampes leds et le chauffage est… à énergie solaire !

« Nous avons une mission de sensibilisation aux économies d'énergie. Le site est ouvert aux visites, avec une promenade qui longe le barrage et un sentier pédagogique où des panneaux illustrés évoquent l'activité de l'usine hydroélectrique et la vie de la rivière. Tuilières dispose d'un ascenseur à poissons, d'une passe à anguilles qui, elles aussi, remontent la rivière et de ce masque expérimental. »

Périgueux

Rédigé par jojo

Publié dans #Nos arguments

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