Vidange des barrages : une opération à hauts risques
Publié le 3 Avril 2013
Les deux retenues bloqueraient un volume d'environ 1,6 million de m3 de boues (1,3 à 1,4 millions sur Vezins et 300 000 sur la Roche-qui-Boit).
Près de 500 000 m3 de sédiments bloqués par les retenues de Vezins et la Roche-qui-Boit menacent de s'échapper en direction de la baie du Mont-Saint-Michel en cas de vidange non contrôlée. Des risques sanitaires et environnementaux ne sont pas à exclure non plus.
C'est bien connu, le risque "zéro" n'existe pas. Selon un rapport réalisé en juin 2012 par le cabinet IDRA Environnement, et rendu public la semaine dernière sur le site internet de la préfecture de la Manche, le démantèlement des barrages de Vezins et la Roche-qui-Boit présente des risques sérieux pour l'environnement, la santé publique et l'écosystème de la Sélune.
La présence de métaux lourds toxiques dans les boues de l'Yvrande, un affluent de la Sélune, est confirmée par cette étude d'une centaine de pages. Pour évaluer les risques sanitaires de ces sédiments contaminés en Cadmium et en Chrome VI, le cabinet IDRA Environnement a basé ses analyses sur des populations cibles (enfants et adultes) et sur des voies d'expositions les plus vraisemblables : ingestion d'eau accidentelle, consommation de poissons, ingestion et/ou inhalation de poussières de sédiments secs... Les résultats sont sans appel.
Danger d'inhalation et d'ingestion par les enfants
En phase 3 du projet - c'est-à-dire après l'effacement des barrages -, "les sédiments exondés occasionnent des risques sanitaires via l'inhalation et l'ingestion de sédiments contaminés par les enfants sur l'Yvrande". En revanche, le rapport conclut à l'absence de risque en cas d'ingestion d'eau et de consommation de poissons.
La faune ne sera pas épargnée par les conséquences de la vidange et de la destruction des retenues. Si les poissons sont en mesure "de résister de manière variable à d'importantes concentrations en matières en suspension (MES)", ce n'est pas le cas de leurs habitats, "directement menacés" lors de la phase d'abaissement des eaux. Après l'effacement des barrages, le document juge "les risques environnementaux engendrés par les sédiments exondés sur la faune et le flore terrestres incertains pour les éléments Cadmium et Nickel".
Deux fois plus de boues qu'en 1993
Mais le plus grand risque, celui que les opposants brandissent depuis l'annonce de l'effacement des ouvrages, demeure l'impact de la vidange sur la baie du Mont-Saint-Michel. Les mauvais souvenirs de 1993, où les boues avaient afflué en aval, semant la désolation et la destruction sur leur passage, hantent encore les riverains de la Sélune et les protecteurs de la Merveille.
Les résultats de l'étude sont, là encore, sans concession. "Les simulations montrent que l'effacement des ouvrages peut aboutir au transfert de très importantes quantités de sédiments en direction de la baie du Mont-Saint-Michel et dans des proportions non négligeables eu égard à la dynamique sédimentaire du secteur". En cas de vidange non contrôlée, près de 500.000 m3 de boues seraient "susceptibles d'être arrachées", soit "environ le double des quantités observées en 1993". Pour rappel, le comblement de la baie du Mont-Saint-Michel s'effectue par apport de sédiments d'origine marine à hauteur de 800 000 m3/an.
Ce risque d'évasion des sédiments se double d'un choc écologique. Les métaux lourds présents dans ces 500 000 m3 de boues représenteraient entre 2 et 15 fois ceux présents dans les apports naturels de la Sélune et 2 à 20 fois ceux apportés par les sédiments marins.
Pour que le démantèlement des retenues sur la Sélune soit exemplaire comme l'a promis la ministre de l'Ecologie Delphine Batho, l'Etat devra méticuleusement contrôler les transferts lors de la phase de vidange et de stabilisation des sédiments exondées.
Publié par A.P le 02/04/2013 à 17h58
Commentaire
Plus l'échéance approche, plus cette monstrueuse machination politique dévastatrice met en évidence les dangers et les risques sanitaires, sécuritaires, économiques, écologiques, que les
cris d'alarme de l'association des amis du barrage dénoncent sans relache pour alerter la population et tenter de faire prendre conscience aux acteurs de ce projet, de l'erreur
monumentale et irréversible de leur geste si ce projet est mis à exécution! Les craintes et affirmations de l'I.D.R.A., qui apparaissent dans son rapport d'études réalisées en Juin
2012, et seulement publié mainteant su rle site de la Préfecture maintenant, sont flagrantes et implacables. Maitriser des milliers de M3 de boues et de sédiments stockés
pricipalement en amont, en espèrant effectuer une opération exemplaire, rélève de l'ignorence et de l'inconscience totale!!!
Comment peut-on croire une chose aussi illusoire et inscencée, ne serait - ce qu'une seule seconde.
Comment peut-on faire comprendre à la population locale qu'on lui rend service en détruisant son patrimoine et son trésor qu'est la vallée de la Sélune avec ses activités pour les enfants ,
ses activités sportives, ses activités pêche et loisirs, sa faune , ses oiseaux migateurs, son cheptel de poissons, ses milliers de M3 d'eau et son usine hydro-électrique qui produit de l'énergie
propre et durable?
Comment lui expliquer pendant cette crise économique qu'il est judicieux de dépenser des milliers d'euros pour la seule raison d'ouvrir un peu plus d'espace aux poissons migrateurs (saumons
et anguilles ), en faisant fie du cheptel existant, condamné in finé, tout le monde se rappelle du massacre de 1993!!!
Toutes les vidanges ont des consquences tragiques et sont fatales pour les poissons!
On ne maitrise pas l'eau comme un jouet! Le feu, on peut l'éteindre, l'eau, on ne l'arrête beaucoup moins facilement! Des retours d'expériences sur des vidanges sont assez parlantes comme
celle d'un certain barrage, au cours de la quelle, une poche d'eau de700 M3s'est libérée d'un seul coup avec les boues et a embarqué tout sur son passage! une horreur!
Nous pouvons conserver nos barrages sans crainte, ils font l'objet de visites périodiques. De plus, non seulement ils produisent de l'énergie propre et durable,
mais ils ont un rôle régulateur de crues , que les habitant des communes située en aval apprécient énormément lors des périodes de fortes précipitations hivernales.
On parle de l'eau et des nappes phréatiques, mais que restera t-il quand les barrages ne seront lus là pour retenir l'eau en amont?
On parle de la baie du Mont Saint Michel, mais que deviendra t'elle avec tous les sédiment et boues qui vont déferler vers elle en enmenant au passage les tonnes de cadavres de poissons?
A tous ceux et celles qui liront peut-être ce post, rejoignez et aidez les amis du barrage dans leur combat pour la sauvegarde de notre trésor. N'attendez pas qu'on viennent vous taxer encore
plus votre pour payer une" soit disant renaturation du site.
Manifestez votre soutient et votre mécontentement
Pascalou
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