Algues vertes. Pas seulement en Bretagne
Publié le 12 Juillet 2014
Le phénomène des algues vertes, bien connu des Bretons, gagne progressivement les côtes normandes et le sud de la Loire, au point que les autorités locales commencent à prendre des dispositions.
« On est début juillet, et on en a déjà ramassé presque 1.000 tonnes », se désole Serge Bigot, le maire de la commune de Grandcamp-Maisy, dans le Calvados, en Basse-Normandie. Selon l'élu, qui fait remonter l'apparition du phénomène à 2004, et son accélération à 2008, Grandcamp se retrouve certaines années avec un mètre d'épaisseur d'algues par endroits et les odeurs d'oeufs pourris qui les accompagnent. Avec 3.700 m³ environ l'an dernier, cette petite commune normande est encore loin des 9.000 m³ de 2013 récoltés à Saint-Michel-en-grève, l'un des sites bretons les plus touchés. Si la Normandie n'en est pas là, le Centre d'étude et de valorisation des algues (Ceva) a tout de même placé la région en surveillance renforcée. Le centre confirme y avoir observé, en avion, des « dépôts importants » et précoces dès le mois de mai, alors qu'il n'y avait encore rien ailleurs en France. Sont surtout touchés l'ouest du Calvados et des communes côtières de l'agglomération de Caen. Mais même au-delà de ces localités, « depuis quelques années, les algues vertes sont de plus en plus nombreuses en Basse-Normandie, ainsi que sur les îles de Noirmoutier, de Ré et d'Oléron ». En revanche, selon le Ceva, elles auraient plutôt tendance à régresser en Bretagne
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Danger de putréfaction
En 2012, les algues vertes ont recouvert 815 hectares de plages en Bretagne, 280 en Normandie, et 240 en Loire-atlantique. Et en dehors de la Bretagne, les communes sont peu nombreuses à effectuer un ramassage, faute d'équipement et de budget. Si le danger de putréfaction existe en Normandie comme ailleurs, il faut toutefois beaucoup de gaz avant d'être intoxiqué. Et l'odeur est alors telle que l'idée ne viendrait à personne de poser sa serviette dans les environs. « La cause de ce phénomène qui commence à apparaître aussi en Normandie, c'est l'azote », issu essentiellement de l'élevage intensif, rappelle André Berne, le directeur de l'Agence de l'eau. Il souligne que les efforts faits en Bretagne ont contribué à une forte diminution des nitrates rejetés dans l'eau de mer. En s'inspirant des mesures bretonnes pour lutter contre les algues vertes, l'agence de l'eau Seine Normandie prévoit à son tour de demander aux agriculteurs et aux collectivités de baisser de 30 % le déversement d'azote dans l'eau de mer d'ici à fin 2018.
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