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Publié le 2 Décembre 2017

Vous trouverez en pièces jointes le compte rendu et les quelques commentaires que notre assemblée générale m’a inspirés.
J’ai ajouté un petit dessin humoristique de Jac, pour détendre l’atmosphère.
Bonne fin de weekend à vous tous et à très bientôt pour de nouvelles aventures.
Cordialement,
John KANIOWSKY
Bonjour à tous,
Je voudrais d’abord vous remercier d’avoir été aussi nombreux à répondre « présent ! » à l’invitation des Amis du Barrage pour notre assemblée générale ordinaire du 16 Novembre dernier.
Une assemblée finalement pas si ordinaire que ça, puisqu’il s’agissait de commenter, d’analyser et de réagir au communiqué de presse du ministre qui, quelques jours avant, avait brutalement annoncé sa décision de supprimer les barrages de la Sélune. Et ce, sans attendre que les expertises prévues par l’arrêté préfectoral du 6 Mars 2016 ne soient conduites et sur lesquelles la décision finale devait être basée. Cinq (?) élus ont été reçus par la directrice de Cabinet du ministre en Juillet. Dont trois pressés d’en finir et les autres plus contraints que réellement motivés. Ils ont formulé une demande très nette en faveur de la destruction des barrages de Vezins et la Roche qui Boit qu’ils ont étayée du projet élaboré par les « Maîtres du rêve » (ça ne s’invente pas) et d’une vidéo. Leur brillant exposé visait aussi à laisser croire que l’ensemble des élus du Sud-Manche et la population locale souhaitaient la disparition de leurs lacs et de leurs barrages au plus vite. Alors qu’il n’en est rien, comme chacun le sait, bien au contraire. Auraient-ils été de mauvaise foi ? Je n’ose le croire…
Nicolas Hulot a pris sa décision plus de quatre mois après leur visite. Qu’il nous soit donc permis de douter de leur capacité à convaincre. Les relations entre l’actuel ministre et la précédente se sont dégradées ces dernières semaines et il avait grand besoin d’envoyer un signal positif à ses amis écologistes. C’est sans doute la cause réelle de cette décision à l’emporte-pièce et parfaitement incohérente. Donc réversible.
La soirée promettait d’être très animée, et elle le fut. Erick Goupil n’était pas le seul « accusé » à être présent. Marie-Hélène Fillâtre avait eu le courage de venir représenter le député, finalement indisponible alors qu’il avait promis d’être des nôtres.
Cette désormais fameuse « démarche de Juillet » a été ressentie comme profondément malhonnête et trompeuse par l’assistance. Certains ont même parlé de haute trahison. Les explications confuses du maire d’Isigny n’ont pas convaincu. Bien loin de là. Et je serais tenté de dire malheureusement. Son projet de « tyrolienne dans les arbres » et sa volonté (sans rire) de « stopper l’immobilisme » (en mouvement ?) n’ont même pas amusé le public. La confirmation de la présence du député au ministère n’a pas arrangé les choses, alors qu’il a affirmé pendant sa campagne qu’il soutiendrait le maintien des barrages. (Sous réserve qu’ils soient en bon état, tout comme nous.) Il a promis de me contacter. J’attends donc son appel avec une impatience que je ne saurais dissimuler
Quelques propos insultants ont même été lancés. Je le déplore vivement.
La décision de Nicolas Hulot ne se justifie pas :
Elle n'est pas justifiée par un défaut de sûreté de la structure puisque l’assec de la retenue de Vezins n’a pas encore été atteint et que les expertises prévues n’ont pas encore été effectuées. Rien ne permet donc au sénateur Bizet et au maire d’Isigny d’affirmer que le barrage est en mauvais état. Ce n’est de leur part qu’un vœu pieux. Elle n'est pas justifiable par les conséquences du changement climatique qui entraîne une multiplication des périodes de sécheresse. L'arasement nous priverait d’une précieuse réserve de 20 Millions de m3 d’eau. (Besoins en eau potable et usages agricoles) L'énergie hydro-électrique est l'énergie renouvelable la plus importante et les éoliennes ne pourront jamais s'y substituer. (Surtout au fond de la vallée) Les barrages sur la Sélune produisent 25 MW et pourraient produire 50 MW avec une STEP. Elle n'est pas motivée par des économies à faire puisque le coût de la destruction et de « renaturation » atteint (provisoirement comme d’habitude) la somme de 58 millions d'euros payable avec l'argent du contribuable. Même s’ils sont financés par l’agence de l’eau.
Rappelons l’estimation du SAGE Sélune en 2004: 290 Millions d’Euros pour l’ensemble des opérations. On serait donc bien loin du compte avec deux ou trois hypothétiques millions par an.
Rappelons aussi que si une nouvelle concession était attribuée à un opérateur privé, les investissements seraient réalisés sur des fonds privés et non avec de l’argent public.
La décision de Nicolas Hulot est d’une parfaite incohérence avec les lois Grenelle de l’environnement et la loi sur la Transition énergétique selon lesquelles la part des énergies renouvelables doit être augmentée. Il semblerait aussi qu’il ait déjà oublié la COP 21 et la COP 23.
La décision de Nicolas Hulot est irresponsable car elle se base sur le principe erroné selon lequel l’arasement des barrages serait « sans effet vis-à-vis du risque d’inondation ». L’instauration d’une cote d’hiver à moins deux mètres permet d’en limiter les effets destructeurs, et tout le monde le sait.
En outre, l’instabilité des digues de gabions en cours de construction (et d’écroulement) entraînera inévitablement leur destruction au gré des crues et des décrues, provoquant ainsi un relargage massif des sédiments vers l’aval jusqu’à la baie du Mont-Saint-Michel. Avec les conséquences catastrophiques que l’on imagine. Bienvenue aux touristes !
La décision de Nicolas Hulot traduit le mépris de certains élus locaux pour leurs administrés. Consultation populaire : 98,89% CONTRE L’arasement ; 1,11% POUR. Dont la voix du sénateur Bizet qui avait aussi signé la pétition pour le maintien et qui serait mieux avisé de s’inspirer de la conduite de son homologue qui travaille avec efficience sans provoquer de polémique inutile.
Pourquoi cet empressement ? A l’évidence, ça n’est pas seulement pour contenter les quelques technocrates et fonctionnaires qui basent leur carrière sur le seul projet d’arasement des barrages de la Sélune. « A qui profite le crime ? » (Entendu dans l’assistance) Une des conséquences navrantes de cette démarche malheureuse, c’est de raviver les tensions. Les Sud-Manchois attendaient sereinement la vidange et les expertises prévues. Avec inquiétude, mais sans animosité aucune. Les élus concernés devraient peut-être songer à modérer tant leurs ardeurs que leurs propos souvent perçus comme provocateurs et potentiellement générateurs de troubles. D’autant plus que nous n’en sommes qu’à un « simple » communiqué de presse…
Je rappelle, s’il en était besoin, que nous avons bien conscience que nos barrages n’ont pas vocation à être éternels. Mais, sauf avis contraire émanant des experts qui examineront l’état des structures, nous estimons que la raison voudrait qu’ils soient exploités jusqu’à leur fin de vie « matérielle ». Les services techniques ministériels et VALOREM se sont basés sur l’attribution d’une concession de trente ans et à l’issue de laquelle il conviendrait de s’interroger sur l’effacement des ouvrages, leur remise en état ou leur remplacement par une autre technique de production d’une énergie propre, durable, stockable et renouvelable comme l’hydro-électricité. Adopter cette solution présenterait au moins deux avantages majeurs : le premier serait de se laisser du temps pour acquérir les compétences techniques nécessaires pour réaliser d’éventuelles opérations d’effacement dans des conditions optimales. (On constate que ces compétences nous font cruellement défaut aujourd’hui et que ces lacunes peuvent nous conduire à commettre des dégâts irréparables) Le deuxième de ces avantages serait de pouvoir budgétiser raisonnablement des travaux exceptionnels et d’envergure en se donnant les moyens nécessaires et suffisants pour mener une opération exemplaire. (On est très loin de savoir comment on financerait tout ça dans les mois qui viennent compte tenu de la conjoncture et de l’enfumage ambiant)
J’entends bien et je respecte aussi l’argument d’un élu que j’estime et qui m’oppose le fait indéniable que reculer une telle opération de trente ans revient à dire qu’on en laisse la responsabilité à nos enfants. Pour ma part, j’espère qu’ils seront plus compétents que nous et qu’ils disposeront des moyens financiers que nous n’avons pas.
Nous allons donc demander au ministre de faire en sorte que le processus initié par Ségolène Royal soit mené à son terme et que l’arrêté préfectoral du 6 Mars 2016 soit respecté. A savoir : l’expertise des structures à l’automne 2018 et une décision finale basée sur leurs résultats. Et non sur des considérations purement idéologiques ou politico-politiciennes, voire d’intérêt.
Contrairement à nos opposants qui sont contraints de chercher des soutiens Outre-Atlantique et OutreManche, les nôtres sont bien réels et bien de chez nous. Nous allons donc encore les solliciter et nous savons déjà à quel point ils sont mobilisés et déterminés. Notre association n’est pas la seule à contester cette décision et je m’en réjouis.
Le succès de notre réunion du 16 Novembre n’a pas fait que des heureux. J’ai constaté un certain énervement dans la presse locale et j’ai pu lire quelques propos agressifs, fiévreux, y compris à mon égard, très mal maîtrisés et souvent dénués de l’honnêteté la plus basique. Je ne suis pas persuadé que le sénateur Bizet soit le mieux placé pour donner des leçons de morale civique. Et je n’ai pas le souvenir qu’il nous ait fait la moindre proposition. De plus, sa haine viscérale pour l’ancienne ministre de l’Environnement le pousse à qualifier lamentablement la société VALOREM de « château de carte monté par Ségolène Royal ». C’est indigne de la part d’un sénateur de la République de dénigrer de la sorte une entreprise française honorablement connue. La vérité vraie c’est que j’ai moi-même présenté la candidature de VALOREM au député Huet qui l’a soumise à la ministre qui avait elle-même demandé qu’un ou des repreneurs privés potentiels soient trouvés. Le président de la Communauté d'Agglomération Mont-Saint-Michel Normandie Avranches a annulé notre rendez-vous prévu de longue date, « par prudence », m’a-t-il écrit, me mettant au défi de créer la surprise et d’inverser la tendance.
C’est précisément ce que je vais m’efforcer de faire, avec votre aide et celle de toutes les personnes raisonnables et de bonne volonté.
Bien à vous,
John KANIOWSKY
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