Et si les barrages produisaient de l'hydrogène
Publié le 7 Février 2018

Pierre Juhel espère reprendre la concession des barrages de Vezins et de la Roche-qui-Boit pour y produire de l'hydrogène. |
Le président de l'association Écologie Normandie, Pierre Juhel, imagine reprendre la concession des barrages du Sud Manche pour fabriquer de l'hydrogène.
Le projet
« Il faut éviter que la vallée de la Sélune devienne déserte. » Pierre Juhel et Écologie Normandie, l'association dont il est président, forte de 70 adhérents, souhaitent porter un projet de grande ampleur. Convaincu qu'il ne faut pas détruire les barrages de Vezins et de la Roche-qui-Boit, Pierre Juhel imagine une utilité audacieuse pour la structure.
« L'objectif de notre association est de participer à la création de conditions favorables à des projets environnementaux majeurs. » Admiratif du combat mené pour sauvegarder les barrages, il estime qu'« il faut derrière, un projet fort, sérieux et qui rapporte de l'argent. » Il souhaite développer le projet Territoire hydrogène Sélune, dit H2 Sélune. « Nous voulons détruire les barrages qui fabriquent une électricité propre. Prenons le train de l'hydrogène. Le problème c'est la fabrication et la distribution. Nous sommes loin d'avoir un réseau comme pour le carburant. »
L'idée est que l'hydrogène fabrique de l'électricité dans une voiture avec un Pac (pile à combustible). Aujourd'hui, cette énergie est fabriquée de façon industrielle et « ça coûte très cher ». Or, Pierre Juhel, ancien élu, imagine : « Il y a 20 millions de m3 d'eau stockés au barrage de Vezins et il y a aussi l'électricité avec les deux unités hydroélectriques en fonction. Pour le processus : j'utilise l'eau, je la filtre, je la passe dans l'électrolyse. »
Toutefois, le plan a une faiblesse : « Les deux barrages réunis produisent 30 MW et le turbinage est très vieux, donc il faut le changer. Avec un neuf, nous pouvons pousser la capacité à 40 voire 45 MW. Une fois que nous aurons ponctionné ce dont nous avons besoin, il restera 30 MW. Dans cette hypothèse, je ne prive pas le réseau. » L'usine se trouverait à proximité de la Roche-qui-Boit.
Selon ses estimations, il pourrait ainsi produire trente tonnes d'hydrogène par jour, ce qui correspondrait à trois millions de kilomètres parcourus par jour. « Et ça créera au minimum 150 emplois, dont 100 à la Roche-qui-Boit. »
Un ascenseur à poissons
Pour que son projet soit écologiquement viable, il a également pensé aux poissons migrants, « avec un ascenseur à poissons à Vezins, par exemple. Nous voulons respecter la continuité écologique sans perturber la vie des citoyens dans la vallée. »
Pierre Juhel est en contact avec des entreprises intéressées par son projet : SA MC phy energy (ingénierie hydrogène), groupe Charier TP (génie civil, construction), EOS Optimal solutions, filiale d'EDF, etc. « Les entreprises vont faire les travaux et financer le projet à travers une structure qui est à créer. Et notre usine va nous permettre de rembourser les frais engagés. Aujourd'hui, les entreprises sont prêtes à mettre 500 000 € pour faire les études. » Et il a déjà imaginé un plan de distribution avec des locaux de stockage à Saint-Brieuc, Rennes, Cherbourg, Caen, Le Havre, Rouen, Évreux, Paris, Chartres et au Mans.
Contact : ecologie.normande16@gmail.com
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