Morieux. Le syndicat d’énergie refuse d’acheter le barrage que l’État veut vendre
Publié le 14 Février 2018

Barrage hydroélectrique de Pont-Rolland sur le Gouessant à Morieux (Côtes d'Armor) | DAVID ADEMAS
L’État a décidé de vendre ses bijoux de famille, dont un barrage hydroélectrique, situé entre Morieux et Hillion dans les Côtes-d’Armor. EDF a arrêté de l’exploiter en 2013. Un temps intéressé, le Syndicat départemental d’énergie (SDE) ne fera finalement pas d’offre. L’ouvrage n’est pas rentable.
Ce lundi, le syndicat départemental d’énergie (SDE) des Côtes-d’Armor a pris la décision de ne pas faire d’offre à l’État pour acquérir le barrage de Pont-Rolland, situé entre Morieux et Hillion (Côtes-d’Armor).
Ce barrage a été mis en vente par appel d’offres par l’État comme de nombreux autres bijoux de famille. Le syndicat d’énergie des Côtes-d’Armor s’est montré intéressé. Il a lui-même lancé un appel d’offres en octobre, pour trouver un cabinet d’étude qui puisse "l’assister et le conseiller pour une éventuelle candidature à l’achat du barrage hydroélectrique".
Moins de débit pour le fonctionnement de l’usine ?
Cette étude a convaincu le SDE que ce n’était pas une bonne idée. « La première question qu’il faut se poser, c’est pourquoi EDF a abandonné ce barrage en 2013 ? explique Jean Gaubert, le président du syndicat. L’usine est obsolète, les turbines sont vieilles, même si elles fonctionnent toujours. »
Les raisons de ce choix sont économiques mais aussi environnementales. « L’équilibre financier est bien en dessous de ce qu’on avait imaginé », poursuit Jean Gaubert. Pendant des années, EDF a pu exploiter au maximum les eaux du Gouessant pour produire de l’électricité. Mais les normes ont changé.
« Il est probable que l’on nous demande un débit réservé plus important. » Le débit réservé, c’est un petit bout de rivière que l’on laisse aux poissons pour assurer la continuité écologique. Moins de débit pour le barrage, cela signifie moins d’électricité produite. Le gouffre financier, selon les études réalisées, se compterait en « centaines de milliers d’euros ».
Le barrage démoli ?
Quid de l’avenir de ce barrage ? Lors d’une réunion publique l’an dernier, un représentant de l’État assurait que "plusieurs sociétés privées se sont fait connaître". Mais il est possible que ces entreprises intéressées fassent le même calcul que le SDE.
Et si personne ne fait d’offre à l’État ? "Il serait obligé de le démolir", explique Jean Gaubert. L’ouvrage serait rasé, et la nature reprendrait ses droits. Restera la belle usine, à laquelle il faudra bien donner une destination.
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