Barrages du Sud-Manche : une convention cadre signée pour aider les scientifiques
Publié le 13 Mai 2018
![]() | Barrages du Sud-Manche : une convention cadre signée pour aider les scientifiques ... |
La production électrique de l’ouvrage de Vezins s’arrêtera définitivement le 14 mai 2018.© Archives Hélène Lompech
Une convention encadrant le suivi scientifique de la renaturation de la vallée de la Sélune a été signée jeudi 3 mai 2018. Elle permettra d’accompagner les scientifiques mobilisés.
Qui a signé la convention cadre de recherche ?
Le préfet de la Manche, Jean-Marc Sabathé ; le directeur de l’exploitation hydraulique Bretagne - Normandie d’EDF, Antoine Malafosse ; le directeur interrégional de l’Agence française pour la biodiversité (AFB), Olivier Fauriel ; le directeur scientifique environnement de l’Institut national de la recherche agronomique (Inra), Thierry Caquet ; la directrice générale de l’Agence de l’eau Seine-Normandie, Patricia Blanc et le vice-président de la Fédération nationale pour la pêche en France, Jean-Paul Doron.

À quoi sert-elle ?
Elle assure aux scientifiques qui suivent la renaturation de la vallée de la Sélune un accompagnent technique, humain et financier dès jeudi 3 mai 2018 et jusqu’en 2027.
Pourquoi les scientifiques étudient-ils l’évolution de ce site ?
Une centaine de scientifiques d’une vingtaine de laboratoires français s’intéressent au fleuve et à la vallée de la Sélune depuis déjà six ans. Le projet de démantèlement des barrages de Vezins et de La Roche-qui-Boit annoncé le 14 novembre 2017 par le ministre de la Transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot, constitue pour eux l’opportunité d’observer la manière dont la nature reprend naturellement ses droits.
Quand seront détruits les barrages ?
La production électrique de l’ouvrage de Vezins s’arrêtera définitivement le 14 mai 2018. Les deux ouvrages seront ensuite simultanément vidangés avant d’être détruits en 2019 et 2020. « Le choix du gouvernement est environnemental, indique Jean-Marc Sabathé, le préfet. Ce projet est très innovant. Il s’agit d’effacer la main de l’homme et de rendre à la nature une continuité écologique. »
Qu’étudient les scientifiques ?
De 2012 à 2016, ils ont étudié l’état initial du site. Depuis 2017, ils observent la gestion des sédiments. En 2020, ils s’intéresseront au démantèlement, puis de 2021 à 2027, à la restauration. Le programme de recherche « pluridisciplinaire » permettra d’évaluer le succès de l’opération de restauration écologique et d’identifier et mesurer la sociogéographie, le paysage, la dynamique fluviale et les biocénoses aquatiques. Les scientifiques étudient l’écologie du paysage, la végétation des berges, les communautés aquatiques, les sciences humaines, l’hydrologie et la géomorphologie.
Quels sont les premiers résultats de ces recherches ?
Les sédiments sont plus nombreux en amont qu’en aval des barrages, l’eau est anormalement plus chaude en été et en automne à leur aval et « contrairement à ce qu’on attendait, il n’y a pas de différence de nitrates entre l’amont et l’aval », poursuit Stéphane Fraisse, de la cellule de coordination du programme.Éléments moins techniques : le saumon et la loutre sont présents à l’aval des barrages. « À l’amont, c’est l’écrevisse américaine. Elle risque de coloniser l’aval. Et comme l’anguille, qui est aussi là, est un prédateur, il risque d’y avoir un clash entre les deux. »
Combien coûte ce programme ?
L’ensemble devrait coûter environ un million d’euros par an. L’Agence de l’eau devrait financer « un peu moins de la moitié » de cette somme mais « l’enveloppe globale n’est pas précisément arrêtée », assure Patricia Blanc.
Flora GELOT. Ouest-France
/image%2F1111852%2F20150212%2Fob_411bfc_15092013307.jpg)



