« Envoyé spécial ». Quand le compteur Linky fait disjoncter les abonnés

Publié le 15 Juin 2018

France 2
« Envoyé spécial ». Quand le compteur Linky fait disjoncter les abonnés
À ce jour, plus de 11,5 millions compteurs Linky ont été installés par Enedis
À ce jour, plus de 11,5 millions compteurs Linky ont été installés par Enedis | Crédit photo : Enedis / Pitinome Julien
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Le magazine de France 2, présenté par Élise Lucet et diffusé à 20 h 55, a enquêté auprès des utilisateurs et de Enedis, société gestionnaire du réseau de distribution d’électricité en France.

Dès son lancement, le compteur Linky s’est attiré les foudres des utilisateurs, qui invoquent notamment le droit de refuser son installation.

Depuis le début de son déploiement, en 2015, à raison de 30 000 par jour, plus de 11,5 millions compteurs Linky ont été installés par Enedis, le gestionnaire du réseau de distribution d’électricité en France, qui prévoit un parc de 34 millions de compteurs « intelligents » d’ici la fin 2021. Mais cette révolution n’est pas du goût de tous les abonnés et la grogne monte parmi eux.

Tribunaux et manifestations, la révolte s’organise

Plus de 5 000 d’entre eux se sont lancés dans une action collective contre Enedis : les « anti-Linky » veulent contraindre cette entreprise à respecter le choix de ceux qui refusent le nouveau compteur connecté et ne pas en forcer l’installation au nom du « principe de précaution » et du « respect de la vie privée ». Une vingtaine de tribunaux de grande instance ont été saisis. Pour se faire davantage entendre, le 5 mai dernier, une « journée d’action nationale contre les compteurs Linky » a été organisée avec chaînes humaines et manifestations à Autrans (Isère), Pontivy (Morbihan), Épinal (Vosges), Bordeaux (Gironde), Paris… Bernard Lassus, directeur du programme Linky, reste très attentif mais confiant. « Dans la majorité des cas, il n’y a pas de problème. Nous avons enregistré à peu près 0,63 % de réclamation qu’il ne faut pas négliger, précise-t-il. Ces problèmes sont souvent liés à de l’information, à la coupure de service pendant l’intervention et sur les fonctionnalités du compteur qui sont très nombreuses, notamment l’asservissement heures creuses/heures pleines. Nous avons mis en place une cellule dédiée à toutes ces questions. Au-delà de ça, il existe des opposants très bien organisés qui utilisent des « fake news » et de la désinformation, dont la caméra cachée dans le compteur… »

Pourquoi tant de polémiques ?

Ce compteur connecté permet de mesurer en temps réel la consommation électrique, la transmet directement au fournisseur pour une facturation plus précise, sans relevé chez l’abonné. « Cet objet est indispensable pour notre mission de service public sinon, dans quelques années, nous ne serons plus en mesure d’assurer une desserte au client quel que soit l’endroit du territoire, confie Bernard Lassus. Il permet à l’usager d’avoir une facture liée à sa consommation réelle, de ne plus être dérangé et d’être acteur de la transition énergétique, de réduire sa consommation. » « On n’a pas besoin de Linky pour limiter notre consommation. Nous le faisons déjà avec l’ancien compteur », se plaint un abonné qui affirme que le compteur Linky grèverait son budget. « Avant son installation, nous n’avions aucun problème pour faire fonctionner plusieurs appareils ensemble. Ce n’est plus le cas. Pour toute réponse, Enedis nous propose un abonnement supérieur, plus cher… »

Des rapports conflictuels avec les installateurs

« Nous travaillons avec des entreprises qui ont pignon sur rue. Elles sont sérieuses et représentent notre marque, rétorque Bernard Lassus. Effectivement, nous avons pu rencontrer quelques difficultés au début de l’opération, mais tout est rentré dans l’ordre. D’ailleurs ces entreprises ont pour consigne de partir dès qu’elles détectent une réticence de la part de l’abonné. » Enfin, la CNIL s’inquiète de « la courbe de charge » très intrusive dans la vie privée. « C’est pour cette raison qu’elle a défini une norme selon laquelle nous n’avons pas le droit de mesurer à moins de 10 minutes, répond Bernard Lassus. D’autre part, elle a établi une règle qui nous impose de demander le consentement explicite d’un consommateur pour collecter une mesure toutes les demi-heures. » Bref, Linky a de quoi en faire disjoncter plus d’un !

 
 

Envoyé Spécial, 20 h 55, France 2

Rédigé par jojo

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