Dans l'Eure, ce moulin connecté produit de l'électricité pour dix foyers
Publié le 16 Décembre 2020
À Broglie, Denis Chédeville a restauré l'un de ses moulins et ajouté la technologie du XX siècle pour produire de l'électricité et piloter les vannages à distance.

À Broglie, Denis Chédeville a restauré l’un de ses moulins et ajouté la technologie du XXe siècle pour produire de l’électricité et piloter les vannages à distance.
Ils sont un legs du XIXe siècle, les joyaux d’une ancienne tannerie artisanale, démarrée aux environs de 1820 à Broglie. Chez Denis Chédeville, deux moulins à tan sont encore debout, le long de la rivière. Un patrimoine qu’il restaure depuis plusieurs années, alors qu’il a pris sa retraite, il y a deux ans.
Seul le plus récent, élevé sur la berge vers 1870, dispose encore d’une roue qui tourne, entraînée par le courant. Les rouages sont encore en place. Car la famille a transmis ce patrimoine de génération en génération.
« Mon beau-père avait entretenu la roue. Les bras sont de 1988, ça tient le coup. Les aubes et les aubettes (les pièces en bois à l'extrémité de la turbine, N.D.L.R), nous les avons changées il y a deux ans. »
« Vous voyez les Temps modernes de Chaplin, en un peu plus modeste », plaisante Denis. « Il y a beaucoup intelligence dans le XIXe, ce que je découvre. Les hauteurs, la topologie des vannages. Ils concevaient des éléments tout aussi intéressants qu’aujourd’hui. »

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3 kWh en continu
Ce bâtiment connaît une seconde vie. En 2017, Denis a fait installer un alternateur, qui selon le même principe que la dynamo d’un vélo, produit de l’électricité.
« Pour aider à la restauration, je me suis dit, produisons de l'électricité ! C'est 100 % renouvelable, propre et permanent. Ici, ce n'est qu'une très petite installation, une parmi les 49 qui produisent le long de la Charentonne et de la Risle. »
Cette production, modeste, est dimensionnée pour fournir jusqu’à 12 kWh.
« Nous enregistrons 3 kWh en continu. S'il y avait un peu plus d'eau nous passerions à 8 ou 9 kWh en hiver. Lors des fortes précipitations nous montons à 10 kWh. »
Traduisons, cela représente la consommation de dix foyers, mais hors chauffage.
Cette énergie, ainsi revendue génère 6 000 € à l’année. Denis a investi 25 000 € pour la rénovation.
« C'est rentable parce que j'ai tout fait moi-même, autant que possible, que ce soit la conception ou les câblages. J'ai rentabilisé en 4- 5 ans. Avec le toit, 10. »
Il y a aussi toute la partie relation avec l’administration, qu’il faut gérer. Et Dieu sait que la police de l’eau est compliquée.
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« Piloté à distance »
Le Broglion n’a pas fait qu’observer les techniques anciennes, il a voulu compléter en ajoutant le XXIe siècle. « Professionnellement, je voyageais beaucoup, j’étais souvent en Asie », confie-t-il. Denis a donc résolu de contrôler à distance les vannages.
Avec son portable smartphone, en un clic, ce dernier ouvre la vanne de décharge, stoppe l’alternateur très facilement. En un mot, il pilote la bonne marche de la roue grâce à des applications dédiées la « domotique », ces logiciels qui permettent de coordonner les technologies de nos bâtiments, par exemple ouvrir des volets roulants d’une maison ou régler le thermostat d’une chaudière. « Cela permet de maîtriser son intérieur et c’est très bon marché ! »
La petite bâtisse n’est pas qu’un exemple original de combinaisons des savoirs. Elle a avant tout une vocation d’enseignement, ainsi l’a pensé Denis.
Pour l’heure « Les conditions de sécurité pour l’accueil des enfants ne sont pas encore réunies. » Mais chaque chose en son temps.
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