Sécheresse : la guerre de l’eau est déjà déclarée en France

Publié le 14 Décembre 2020

Sécheresse : la guerre de l’eau est déjà déclarée en France
Faut-il oui ou non construire de nouvelles retenues d'eau d'irrigation en France pour pallier les épisodes de sécheresse qui sont plus intenses et plus fréquents ? C'est une question sur laquelle les ministères de l'Agriculture et de la Transition écologique peinent à s'accorder, à l'instar de ce qu'il se passe sur le terrain. Des situations de plus en plus conflictuelles éclatent !
Il y a urgence à stocker l'eau
Dans ce contexte, certains syndicats agricoles d'irrigants réclament régulièrement de nouveaux barrages afin de stocker davantage d'eau l'hiver pour l'utiliser l'été. "Nous avons besoin de petites retenues d’eau sur les exploitations individuelles, de quelques dizaines à quelques milliers de mètres cubes, pour être sûrs de sauver nos cultures estivales", témoigne Frank Olivier, céréalier et président de la Coordination rurale de Charente, département actuellement en alerte. "Mais les procédures administratives sont longues, complexes et coûteuses, et une fois qu'il y a un semblant d'accord, on est attaqué au tribunal. Il y a pourtant urgence à stocker l'eau !"
Le cas le plus emblématique de cette guerre de l’eau qui a démarré en France est celui du barrage de Caussade, dans le Lot-et-Garonne, une retenue de 920 000 m3 — l’équivalent de 245 piscines olympiques — dont la construction est en train de s’achever. En octobre dernier, le projet est jugé illégal par le gouvernement qui demande l’annulation de l'autorisation préfectorale et une plainte est déposée. La chambre d’agriculture locale, dirigée par la Coordination rurale, passe en force et poursuit les travaux.
Depuis, le gouvernement a publié une nouvelle instruction qui vise à relancer les projets de territoire pour la gestion de l’eau. Ceux-ci avaient été mis en place après le drame de Sivens et la mort de Rémi Fraisse en 2014. Ils étaient censés instaurer un cadre favorisant le dialogue et la co-construction. Selon un rapport d’étape publié en novembre, moins de cinq avaient été validés et mis en œuvre sur une soixantaine de cas répertoriés (concernant parfois plusieurs constructions).
Faux sentiment de sécurité
En pleine canicule, Didier Guillaume, le ministre de l'Agriculture, interrogé sur RTL le 16 juillet, indiquait qu’"on ne [pouvait] pas regarder l’eau tomber du ciel pendant six mois et en chercher les six autres mois de l’année. Nous devons construire des retenues d’eau". En réaction, Emmanuelle Wargon, la secrétaire d'État à la Transition écologique, rappelait que "le premier objectif est d'économiser l'eau", jugeant que les retenues d'eau ne sont "pas la panacée".
 
 
 
 

Rédigé par jojo

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