Nous ne somment pas les seuls ADB à s'inquiéter de l'après barrage,AGEB Association des Amis du Site de Genêts, de ses Environs et de la Baie du Mont Saint Michel

Publié le 22 Novembre 2013

AGEB
Association des Amis du Site de Genêts, de ses Environs et de la Baie du Mont
Saint Michel
Association placée sous le haut patronage du Ministère des Affaires Culturelles, Siège Social : L’Amirauté, 19 rue de l’Entrepont,
50530 GENETS - Tél : 02 33 70 87 14
Effacement, arasement des barrages sur la Sélune,
celui de la Roche qui boit et celui de Vezins
Historique rapide
Pour favoriser la remontée de saumons et libérer les eaux, l’Etat français a décidé de détruire les
barrages de la Sélune, celui de la Roche qui boit édifié en 1916 et celui de Vezins en 1926. Ces
barrages étaient utilisés pour produire de l’électricité. L’exploitation en a été transféré à EDF, en
1946. Le bon état de ces barrages a été constaté, leur fonctionnement est satisfaisant. Néanmoins,
la décision d’arasement a été confirmée par les ministres successifs.
L’AGEB a plusieurs reprises s’est adressée aux autorités pour demander que soient étudiées les
conséquences de ces arasements dans la baie du Mont-Saint-Michel, tant au niveau des transferts
de sédiments (Mes) que des polluants.
Présentation très schématique des travaux envisagés.
Nous n’avons pas eu accès au aux décisions mais seulement à des études préparatoires grâce au
lien internet :
http://www.manche.gouv.fr/Dossiers/L-effacement-des-barrages-de-la-Selune/Publicatio
ns
L’effacement des barrages est décidé en dépit de l’opposition de certaines associations et du député
G Huet.
Il est prévu de retrouver l’ancien lit de la Sélune, enfoui sous les sédiments et de déposer sur ses
berges recrées une fraction des sédiments.
Plusieurs études ont été lancées, spécialement sur les métaux.


Présence de métaux :
Sur un des affluents de la Sélune, l’Yvrande, une usine de traitement des métaux a envoyé des
déchets qui sont maintenant enfouis dans les sédiments.
Cette étude a été menée par le cabinet Idra, La Haye du Pan 35 170 Bruz
Elle a conseillé le confinement des matériaux dans l’Yvrande, retenus par une digue et la création
d’un chenal d’évacuation parallèle. Sur les affluents Le Lair et l’Isolant, même scénario, stockage
des sédiments, soit un total de 110.000 m3
Dans la zone située en aval de l’Yvrande, les possibilités de confinement sont très difficiles en
raison du relief et très coûteuses. La possibilité de l’évacuation est retenue.

D’après cette étude, les flux de métaux apportés par le fleuve Sélune dans la baie sont de 1,3 à 3,
4 fois plus important que les apports en métaux d’origine marine.
Les flux de métaux apportés par l’effacement des barrages serait de 1 à 25,5 fois plus important
que que ceux apportés par le fleuve Sélune.
Un plan de gestion des sédiments asséchés est prévu. La phyto extraction est envisagée, mais il
faudrait ensuite mettre à la décharge les végétaux contaminés.
Il n’y aurait pas de valeur de référence de la toxicité aigüe des métaux lourds. De même il n’y
auraitaucune méthodologie pour mesure le risque de contamination des sédiments exondés sur
les milieux terrestres.
Evacuation des sédiments
D’après cette étude, l’érosion progressive du lit de la Sélune se traduira par le départ de
850 000m3. La part importante de matière fine sera la plus difficile à faire décanter surtout en cas
de crue.
Une crue décennale pourrait provoquer l’évacuation de 450 000 m3.
Le lit peut être recreusé dans une période variant entre 2 ans et 20 ans.
L’augmentation moyenne en MES se situerait entre 900 et 90 mg/ m3
Une crue décennale pourrait provoquer l’évacuation de 450 000 m3.
Risques de l’évacuation des sédiments, l’augmentation de la turbidité , diminution de la lumière,
perte d’habitats .
L’augmentation de sédiments présentent des risques nombreux et souvent létaux pour les inverterbrés
aquatiques, difficulté d’assimilation de la nourriture, diminution de la fécondité retard de
croissance perte d’habitats.
Même constatations pour les juvéniles.
(dans la baie, il y avait beaucoup de juvéniles. Nous constatons qu’ils sont beaucoup moins
nombreux qu’auparavant, il y a dix, vingt, trente ans et même absents quand nous relevons nos
filets à crevettes.. De même les poissons, les plies ont déserté le lit des rivières.
Les coques autrefois abondantes à proximité de Tombelaine ou sur les bancs ont disparu ou ne
parviennent pas à grandir. De petites coques transférées dans le baie des Veys s’y sont développées
normalement.)
Par contre pour les poissons si ils parviennent à ce stade, les effets sont différents selon les espèces.
Les branchies peuvent être obstruées, la maturité des gonades affectée. Il faut faire très attention
aux rejets pendant les périodes de reproduction.
Le suivi est préconisé avec la possibilité d’arrêter les travaux pour mesurer
la turbidité
l’oxygène dissous
la température
le ph
la conductivité
Des seuils sont définis : MES 500mg/l, oxygène dissous 4 mg/l
Les risques biologiques associés à l’érosion des sédiments et à leur diffusion dans les eaux de la
Sélune présentent des conséquences plus importantes que la présence de polluants dans les sédiments.
Période de travaux préconisée : 4 ans
Séverine m’a confirmé qu’une étude d’impact n’était pas prévue pour les arasements de barrage,
par contre elle est obligatoire pour la construction de barrages. Encore un vide juridique à combler
I - Sédiments et traitement des éléments pollués en amont du barrage
- A propos des sédiments fins remis sur les berges :
Une partie des sédiments serait remise sur les berges du lit retrouvé de la Sélune. Des
études soulignent la fragilité de ces berges en cas de crue, après l'effacement des barrages
les sédiments risquent d'être emportés en aval et de pénétrer dans la baie. Quelles
sont les mesures préventives prévues ? Certains préconisent d'attendre que plusieurs
crues passent entre l'arrêt de la production électrique et la démolition des ouvrages,
plusieurs années. D'après les derniers renseignements, les travaux devraient s'effectuer
sur une courte période, 4 ans de 2014 à 2018.
- Quelle sera la destination de la masse de sédiments qui ne sera pas remise sur les
berges du lit retrouvé ? La masse estimée serait d'environ 850 000 m3?
_ Quel est le procédé retenu pour dévaser les retenues : dévasement par pelle mécanique,
par pelle suceuse et évacuation en décharge.?
Le coût de l'opération varie en fonction du procédé utilisé. Instruit par diverses expériences,
la dernière en date celle du dragage à l'américaine de l'estuaire du Couesnon
en aval du barrage , option retenue pour des raisons d'économie, mais s'apparentant à
une politique de Gribouille avec la remise en suspension des sédiments qui seront pour
une grande partie repris par la marée suivante et dispersés autour du Mont, nous craignions
que les choix ne soient plus motivés par leurs coûts que par le respect des écosystèmes.
- Un contrôle permanent des matières en suspension est-il prévu avec l'ajustement des
concentrations de matière en suspension envoyées dans la baie sur le cours de la
Sélune ?

II - La qualité des eaux de la baie et l'effet sur les habitats de la baie, les grands
oubliés
- Il n'y aurait pas eu d'étude spécifique dans la baie sous le prétexte que la masse de
sédiments serait trop faible par rapport à celle apportée par la mer.
C'est ignorer le rôle spécifique des rivières dans la baie et leur dynamique. Ce sont elles
qui emportent la majeure partie des matières telluriques. Comme vous le savez , en
raison de la courantologie, les eaux telluriques sont confinées dans un espace réduit,
estimé à 500 km2. Le renouvellement de ces masses est lent. La baie est une nursery
de poissons.
Le rapport des Ponts et Chaussées effectué après les chasses réalisées en 1993 préconise
une évaluation dans l'ensemble du bassin versant y compris l'estuaire et
le littoral. En page 14 du rapport " Il apparaît que l'enrichissement des eaux en
phosphore et azote est susceptible de modifier le comportement rhéologique des
vases ..
et il souligne les effets à long terme sur l'habitat et les organismes aquatiques avec un
risque de colmatage "
Dans ce rapport des Ponts et chaussée, une étude rhéologique en canal expérimental
est préconisée et non par simple modélisation pour les sédiments , surtout ceux situés
dans les retenues.
Il me semble que la seule modélisation soit envisagée dans les études consultées.
Les renseignements donnés en page 4 et 5 dans la brochure sont trop succincts. Je cite
" l'étude Idra a conclu à l'absence de risques sanitaires sur le site des barrages à l'exception
du secteur de l'Yvrande. Pour la baie, un voeu pieux : Il convient cependant
d'éviter les transferts vers l'aval notamment vers la baie en stabilisant les terrains lors
de la vidange.
Aucune précision sur les méthodes qui seront employées. Pourtant, lʼinfluence de la
turbidité sur les habitats, le développement des invertébrés, les juvéniles de poissons et
la reproduction des poissons a été soulignée dans lʼétude préparatoire.Citons «Les risques
biologiques associés à l’érosion des sédiments et à leur diffusion dans les eaux de la Sélune
présentent des conséquences plus importantes que la présence de polluants dans les sédiments.»
- Quelle seront les périodes envisagées pour les chasses ? Il est important de tenir
compte dans leur détermination des périodes de reproduction.
- Pour protéger la ressource de toute altération, il convient dès à présent de faire des
prélèvements pour analyser la qualité écologique et la qualité chimique des eaux
confinées, notamment la turbidité en fond de baie et de faire des tests en fonction
des apports qui seraient liés à l'effacement des barrages.
Entre l'éprouvette et le milieu naturel, les mésocomes, écosystèmes synthétiques ,
permettent d'étudier l'impact des polluants sur l'environnement. Les tests en mésocosmes
montrent que les effets apparaissent à des doses bien plus faibles que ne laissaient
penser les études en laboratoire.
Cette étude devrait être réalisée pour préserver lʼécosystème de la baie, ses caractéristiques
et notamment celle dʼêtre une nursery de poissonsʼ.
Le suivi qui sera effectué interviendra à postériori. En raison de la durée des travaux , 4
ans, de celle des expérimentations effectués a postériori, les résultats seront fournis
que trop tardivement, ce seront simplement des constatations.
Pour sʼassurer de la qualité des eaux nécessaire à la production des moules et huîtres,
des études ont été entreprises par le PNEC sous la pression des syndicats de mytiliculteurs.
Aujourdʼhui, il sʼagit de la préservation de la ressource qui mérite bien que toutes
les précautions soient prises avant dʼeffacer les barrages.
La protection de l'écosystème de la baie doit être pris en considération avant le lancement
des travaux : confinement et concentration des polluants, effets à long terme
sur l'habitat et les organismes aquatiques «Les risques biologiques associés à l’érosion
des sédiments et à leur diffusion dans les eaux de la Sélune présentent des conséquences plus
importantes que la présence de polluants dans les sédiments. source ,Etude de l’Idra »
- Comité de suivi, participation du Grape à envisager.Selon mon interlocutrice, la DTM
serait peu favorable à cette ouverture. Elle mʼa même demandé si M. Dacheux appartenait
à notre groupe. Ma réponse fut affirmative

Rédigé par jojo

Publié dans #arasement pollution

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